Comédie — Wikipédia
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Pour les articles homonymes, voir
Comédie (homonymie)
Sculpture représentant
Thalie
, muse de la comédie, dans le
parc de Pavlovsk
, à
Saint-Pétersbourg
La
comédie
(du
grec
κωμωδία) est un
genre littéraire
théâtral
cinématographique
et
télévisuel
fonctionnant sur le registre de l'
humour
. Née dans l'Antiquité grecque, elle est devenue un genre littéraire qui s'est épanoui de manière diversifiée en fonction des époques. Avant
Molière
, elle était dévalorisée comparée à la
tragédie
Prise au sens large du terme, la comédie n'est pas systématiquement axée sur le
registre comique
(divertissement, légèreté, rire, etc.), même si la plupart des comédies le sont. La
comédie larmoyante
, par exemple, fait rêver et n'a rien d'humoristique mais fonctionne comme une comédie, notamment par la présence de la caractéristique classique de la fin heureuse. Au
XIX
siècle apparaît la
comédie dramatique
, notamment avec
Alfred de Musset
On ne badine pas avec l'amour
Les Caprices de Marianne
). C'est un genre hybride dans lequel la tonalité légère et humoristique, dominante dans la comédie antique et classique, est gommée par une fin malheureuse et une morale solennelle inhérente au
drame romantique
. Le sens du terme « comédie » particulièrement large à l'époque classique du
XVII
siècle s'est progressivement restreint, surtout à la suite de l'apparition du drame à la fin du
XVIII
siècle, un genre « sérieux » marqué par l'émotion et un ton pathétique. Au
XIX
siècle, l'appellation « comédie » s'applique à des pièces dont le dénominateur commun est le rire, avant de disparaître presque complètement dans le théâtre contemporain, qui répugne à cataloguer les œuvres par genres.
Au-delà de l'amusement et du divertissement que procurent beaucoup de comédies, une œuvre de ce genre peut également véhiculer un discours critique.
Étymologie
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La comédie trouve son origine dans la
littérature grecque
. Le mot
κωμῳδία
kômôidía
est formé de
κῶμος
kỗmos
(« fête en l’honneur de
Dionysos
»), et
ᾠδή
ôidế
(« chant »).
Jacques Grévin
, dans son
Brief discours
1561
), en donne quant à lui l'
étymologie
suivante : « Et quant à moi je suis de cette opinion que la Comédie a pris son nom
ἀπὸ τῶν κωμῶν
, c’est-à-dire des rues par lesquelles de ce premier temps elles estoyent jouées ».
Plus récemment, Marcello Durante a rapproché le
κῶμος
kỗmos
du nom
indo-iranien
de la « proclamation qualifiante »
*ċámsa-
auquel se rattache aussi le latin
censēre
Le terme de
comédie
désigne également l'art de l'
acteur
(dit également
comédien
).
Jouer la comédie
signifie interpréter un rôle.
Au sens figuré,
faire la comédie
signifie
faire du cinéma
ou faire des manières pour peu de choses.
Historique
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Débuts de la comédie dans l'antiquité gréco-romaine
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Articles détaillés :
Comédie grecque antique
et
Théâtre latin
La comédie, ainsi que la
tragédie
, dont la représentation remonte aux
VI
et
siècles
av. J.-C.
, ont une origine
religieuse
, liée au culte de
Dionysos
« Comme ce culte ramenait tour à tour des sacrifices funèbres ou de joyeuses solennités pour célébrer le deuil de l'hiver ou le brillant réveil du printemps. On y voyait tour à tour la cérémonie sacrée tourner au drame des pleurs ou au drame d'allégresse. Au renouveau, de joyeuses processions de rustres avinés et travestis en Pans et en Satyres menaient leur carnaval religieux à travers le village, et usaient de la licence consacrée de la fête, pour interrompre leurs cantiques d'apostrophes satiriques adressées à la foule. Peu à peu ces intermèdes de lazzis prennent une forme plus dramatique; les farceurs rendent la satire plus piquante, en jouant les personnages qu'ils attaquaient : ce divertissement tourne en scènes de caricature. Ce fut donc là le berceau de la Comédie. »
Ces représentations ont lieu lors de fêtes organisées par l'État. Deux fois par an, elles réunissent les
citoyens
autour d'un concours entre trois auteurs sélectionnés à l'avance. Pendant les trois jours de cérémonies, ceux-ci font représenter plusieurs pièces chacun. Ainsi le public assiste-t-il à une quinzaine de représentations, depuis le matin jusqu'au crépuscule. Cette manière de voir du théâtre est assez éloignée de celle qui est la nôtre aujourd'hui, à part à l'occasion de certains festivals.
Le lieu de ces représentations est un édifice à ciel ouvert, pouvant accueillir un
public
très nombreux, occupant les gradins. Face à lui se trouve la scène, au-dessus de laquelle un balcon peut voir apparaître les
dieux
. Il y a également une
fosse d'orchestre
, un espace circulaire dans lequel se trouve un
autel
dédié à
Dionysos
et réservé au chœur (par conséquent situé à la fois « avec » les acteurs, et séparé d'eux).
Le chœur est composé d'un certain nombre de choreutes, qui prennent en charge la partie lyrique du spectacle (le chant). Il était accompagné au départ d'un acteur (le protagoniste) puis on en ajouta deux autres : le
deutéragoniste
et le
tritagoniste
. Avec l'évolution du
théâtre
, la part
lyrique
a diminué, au profit du
dialogue
À l'époque, tous les rôles sont tenus par des
hommes
, portant des
masques
: le visage de l'acteur n'exprime donc pas une psychologie nuancée et les nuances de l'émotion passent par le ton et les gestes. Les acteurs portent des
tuniques
colorées, la couleur permettant d'aider les spectateurs à distinguer les différents rôles. Les pièces grecques se composent d'un certain nombre de « moments » définis : un prologue, puis l'entrée du chœur (« parodos »), puis des épisodes coupés par des chants du chœur, enfin la sortie du chœur (« exodos »).
Débuts de la comédie en littérature
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Par
fables d'Ésope
on désigne un ensemble de
fables
en
prose
attribuées à
Ésope
, écrivain
grec
qui a vécu vers la fin du
VII
et le début du
VI
siècle
av. J.-C.
Il était originaire de la
Thrace
, près de la
mer Noire
Les
fables d'Ésope
étaient en prose et concises, La Fontaine en mit certaines en vers ainsi que Phèdre, Avianus et Charles Perrault, pour ne citer que les plus célèbres fabulistes.
« Tout le récit de la vie d'Ésope est parcouru par la thématique du rire, de la bonne blague au moyen de laquelle le faible, l'exploité, prend le dessus sur les maîtres, les puissants. En ce sens, Ésope est un précurseur de l'
anti-héros
, laid, méprisé, sans pouvoir initial, mais qui parvient à se tirer d'affaire par son habileté à déchiffrer les énigmes »
Comédie athénienne sous le siècle de Périclès
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Dionysos
et les
Satyres
. Intérieur d'une coupe attique à figures rouges par le
peintre de Brygos
. Vers 480 av. J.-C.
Au
siècle
av. J.-C.
sous le
siècle de Périclès
, en pleine démocratie athénienne, le poète
Cratinos
crée la
Vieille Comédie
en tant qu'institution d'opposition politique. Ainsi, avec la
Vieille Comédie
, le théâtre est transformé en
tribune
« Orateurs influents, démagogues, généraux, gens à la mode, [la
Vieille Comédie
] traduit tous ces maîtres de l'opinion sur la scène, expose en les parodiant leurs actes et leurs projets, démasque leur ambition ; et, de peur qu'on ne s'y trompe, elle les nomme par leurs noms, satisfaisant ainsi à cette jalousie éternelle qui est l'aiguillon et la plaie de la démocratie. »
Si l'on n'a rien conservé de
Cratinos
, de
Phrynichos le Comique
, d'
Eupolis
, de
Phérécrate
, de
Platon le Comique
, de Cratès, de Phormis et de tant d'autres, en revanche nous avons onze pièces d'
Aristophane
qui peuvent nous donner une idée suffisante de ce drame fantastique et plein d'imagination et de poésie.
« Les Acharniens et la Paix sont un manifeste contre la guerre du Péloponnèse ; les Chevaliers, une ardente invective contre Cléon, le politique alors en faveur; les Guêpes, une satire de l'organisation judiciaire ; les Nuées, un pamphlet contre l'éducation ; les Oiseaux, les Harangueuses, la Lysistrata, le Plutus, une critique des utopies politiques et sociales ; les Fêtes de Déméter et les Grenouilles, une parodie du théâtre d'Euripide. Ces pièces embrassent une telle variété d'objets et se mêlent si vivement aux événements d'alors, que, mieux peut-être encore que l'histoire de Thucydide, elles nous font connaître la situation d'Athènes à cette époque. »
Mais alors que s’achève le siècle de Périclès, la liberté athénienne et la
Vieille Comédie
tendent à disparaître. Exclue de la politique, condamnée à s'abstenir de personnalités, elle cherche dans la vie privée une matière nouvelle, et s'attache à la satire générale des passions, des travers et des humeurs des humains. Toutefois, cette métamorphose ne se fait pas en un jour. Entre la
Vieille Comédie
et la
Comédie Nouvelle
il y eut une époque indécise de transition, celle d'
Antiphane
, d'Eubulos, d'
Alexis
, qu'on a nommée la
Moyenne Comédie
, où, à l'instar de la scène sicilienne, on s'amuse à travestir les épisodes de la
mythologie
. Les
masques
sont restés dans la comédie populaire de l'
Italie
(que l'on retrouvera plus tard dans la
Commedia dell'arte
Nouvelle comédie sous la monarchie macédonienne
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Masque de théâtre appartenant au type du Premier esclave de la
Nouvelle Comédie
II
siècle
av. J.-C.
Musée national archéologique d'Athènes
La comédie nouvelle (également désignée sous le terme de
Néa
) commence dans la seconde moitié du
IV
siècle
av. J.-C.
Ce n'est guère que sous la monarchie macédonienne qu'un grand poète,
Ménandre
, fit sortir enfin de ces ébauches la véritable
comédie de mœurs
et
de caractère
, telle que nous la concevons encore aujourd'hui.
« Il prend pour cadre de ses pièces les aventures ordinaires de la vie il en combine les situations et les contrastes de façon à faire éclater dans leur vérité naïve et profonde les sentiments, les faiblesses et les travers du cœur humain... Sa comédie devient un vrai tableau de mœurs, qui nous rend en vif l'image de la société athénienne d'alors. »
Diphile
et Philémon furent, avec
Ménandre
, les principaux auteurs de la
Comédie Nouvelle
La comédie dorienne
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Cet autre genre de comédie grecque se développa dans diverses villes doriennes, telles que
Mégare
Sparte
... La comédie dorienne fut représentée par trois poètes,
Épicharme
, Phormis et Dinoloque. Elle n'était pas démocratique, comme la comédie athénienne : protégée par deux rois,
Gélon
et Hiéron, elle resta étrangère à cet esprit de satire politique qui distingue l'Ancienne comédie d'Athènes. Elle conserva, avec un caractère de gravité philosophique, le respect des puissants ; et les discussions
philosophiques
y tenaient une grande place.
La comédie romaine
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Pulcinella
descendant de
Maccus
ou de
Kikirrus
Articles détaillés :
Théâtre latin
et
Mime
Comme à
Athènes
, le
théâtre romain
a une dimension
religieuse
: les représentations sont liées au culte de
Bacchus
. Comme à Athènes également, la dimension
politique
est présente, puisque le théâtre se joue lors des Jeux, ou lors de cérémonies importantes réunissant le peuple. Le chant, la danse, la musique accompagnent encore le texte – le théâtre est un « spectacle total ».
Les accessoires sont plus nombreux que dans le
théâtre grec
: le rideau de scène apparaît, les costumes sont parfois somptueux, la machinerie se développe. Les masques sont toujours présents.
Sur la scène, pas de « décor » au sens moderne : quelques portes, signifiant une demeure ou un palais, et parfois une machinerie permettant de faire apparaître un dieu récitant une tirade – d'où l'expression «
deus ex machina
».
Dans l'
empire romain
, la farce, l'
Atellane
, interprétée par des acteurs masqués, qui connurent la faveur populaire et furent à la source de la
Commedia dell'arte
(ce qui fait que les masques ressemblent fort aux masques actuels de la
Commedia dell'arte
), existait avant que la
Nouvelle Comédie athénienne
fût traduite à son usage. Et de plus, la comédie consacrée à la peinture de mœurs romaines (
comoedia togata
, jouée en toge) n'atteignit jamais le succès de l'
atellane
La comédie grecque (
Nouvelle Comédie athénienne
) fut apportée par
Livius Andronicus
(280 av. J.-C - 204). La population éclairée ne voulut plus dès lors que des pièces grecques. La comédie nouvelle s'exporte à
Rome
, où elle sera adaptée au
III
siècle
sous le nom de
comedia palliata
(dans lequel les acteurs portent le vêtement grec, le
pallium
) et abondamment reprise par
Plaute
et
Térence
. En effet, toutes les pièces que nous avons conservées de
Plaute
et de
Térence
(dont
Molière
a parfois pu s'inspirer) ne sont que des traductions de comédies grecques.
Depuis la dictature de
Sylla
(qui commença en décembre 82 av. J.-C), l'
Atellane
fut remplacée par le
Mime
. Les comédies de
Plaute
ne cessèrent pas d'être jouées dans tout l'Empire jusqu'à l'invasion des
Germains
Ainsi, la comédie comme genre théâtral s'est développée en Europe dans l’
antiquité
gréco-romaine, où elle partageait avec la
tragédie
les théâtres construits dans l'
Empire romain
La comédie romaine, en littérature
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Article détaillé :
Fabliau
De la Grèce, la fable passe à
Rome
Horace
propose une remarquable adaptation du
Rat de ville et du Rat des champs
Satires
, II, 6)
que certains critiques estiment supérieure à la version de
Jean de La Fontaine
. Il sera suivi par
Phèdre
qui, comme Ésope, est né en
Thrace
et était esclave avant d'être affranchi par
Auguste
. On lui doit six livres de fables, dont le premier s'ouvre avec
Le Loup et l'Agneau
. Avec ce recueil entièrement écrit en vers, Phèdre va véritablement faire de la fable un genre poétique à part entière. Il ne se contente pas d'adapter Ésope en latin, mais fait aussi preuve d'originalité : sur les 126 fables que compte son recueil, moins de la moitié sont directement empruntées à Ésope
. Même si ces fables ne lui attirent pas la gloire de son vivant, Phèdre fera des émules.
Le poète
Babrius
, un Romain hellénisé contemporain de Phèdre, récrit en grec les fables ésopiques et les met en vers. On connaît de lui deux recueils, qui totalisent 123 fables.
La vogue de la fable grandit dans le monde gréco-romain. On trouve diverses références à des fables chez l'auteur grec
Lucien de Samosate
(120-180), notamment celle des singes dansants, qui joue sur l'opposition entre l'inné et l'acquis, thème commun à de nombreuses fables, notamment chez La Fontaine et Florian
. Au
IV
siècle, le poète romain
Avianus
en laisse 42, pour la plupart des adaptations de Phèdre, mais dont plusieurs, qui ne sont attestées nulle part ailleurs, sont fort bien construites. Son contemporain, le Grec
Aphthonios
a laissé un recueil de 40 fables en prose.
Par la filière latine, les fables d'Ésope passeront au Moyen Âge et inspireront d'innombrables successeurs.
La comédie durant le Moyen Âge en Europe
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Bouffon
avec sa
marotte
N 1
, son costume traditionnel bicolore (rouge et vert) garni de grelots, son bonnet surmonté d'oreilles d'âne, sa grande collerette dentelée et ses chaussures pointues
Articles détaillés :
mystère (théâtre)
fabliau
farce
mime
théâtre de rue
et
bouffon
Après l'effondrement de la culture antique, le
Moyen Âge
, qui ignore le mot « comédie », réinvente de nombreuses formes de théâtre comique. Le théâtre se joue dans la rue (
théâtre de rue
), sous la forme de
mystères
fabliaux
farces
soties
ou encore
mime
. Certains de ces genres sont plus ou moins inspirés de survivances de genres antiques comme l'
atellane
En effet, la tradition des jongleurs et le goût du divertissement parodique chez les clercs s'expriment au Moyen Âge dans une grande diversité de pièces de caractère satirique et didactique :
les diableries, qui sont incluses dans les
mystères
religieux
les
farces
, qui sont des pièces courtes mettant en scène des types populaires de la vie quotidienne (le paysan, la femme, le curé, le noble, etc.) et une situation simple sur fond de morale traditionnelle
les
soties
(qui apparaissent aux
XV
et
XVI
siècles), axées sur le « sot » (une sorte de clown avant la lettre) et qui usent de toutes les libertés de la satire.
Dès le
XII
siècle, la bourgeoisie (habitants du bourg), a sa propre
littérature
, véritable
satire
sociale avant la lettre. Elle est par essence malicieuse,
pittoresque
, mais le plus souvent
réaliste
. Il nous en reste essentiellement des
fabliaux
Estula
Le Lévrier et le Serpent
Les Trois Aveugles de Compiègne
), le
Roman de Renart
, et, plus tard, des
farces
La Farce de Maître Pathelin
XV
siècle).
Au
XIII
siècle, le théâtre se joue sur la place du village ou de la ville. Les spectateurs sont des « bourgeois » (habitants du bourg), tandis que les cours des seigneurs préfèrent les spectacles de
tournois
, de
ballets
, etc.
Au cours des
XIV
et
XV
siècles, les spectacles deviennent payants. De ce fait, le
théâtre
se joue de plus en plus souvent dans des lieux clos et non plus sur la
grand-place
. Peu de décors sont utilisés au
Moyen Âge
: on se contente parfois d'écriteaux signalant les lieux. Mais les machineries se développent, afin de créer des « effets spéciaux ».
Toujours au
Moyen Âge
, les
bouffons
ont pour rôle de faire rire les gens : ils divertissent, utilisent l'insolence et sont parfois conseillers ; les plus connus sont les fous de
rois
et des
seigneurs
. D'ailleurs, au
XV
siècle,
François
er
, crée une école de fous.
La comédie en France sous l'Humanisme
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Articles détaillés :
burlesque
Moralité
satire
parodie
sotie
et
comédie humaniste
Rabelais
Au
XVI
siècle,
François Rabelais
, écrit
Gargantua
devenant le premier auteur à avoir utilisé le
burlesque
dans ses œuvres. Ses œuvres majeures, comme
Pantagruel
1532
) et
Gargantua
1534
), qui tiennent à la fois de la chronique, du
conte
avec leurs personnages de géants, de la
parodie
héroï-comique, de l'
épopée
et du
roman de chevalerie
, mais qui préfigurent aussi le roman
réaliste
satirique
et philosophique, sont considérées comme une des premières formes du
roman
moderne.
Dans les années 1456-1460
10
sort l'une des rares pièces de comédie de l’époque
La Farce de Maître Pathelin
. Toujours au
XV
siècle apparaît la
Moralité
, mettant en scène des personnages allégoriques, représentant les vices et vertus des hommes ainsi que les défauts de la société
Au
XVI
siècle, des lettrés créent la
comédie humaniste
, afin de s'opposer à la tradition médiévale de la
farce
et de retourner aux sources de la
comédie latine
. Les comédies humanistes constituent les premières « comédies régulières » de l'histoire du théâtre français. Il faut entendre par cette appellation les comédies composées à l’imitation de la comédie romaine et qui en respectent les règles formelles, par opposition aux
farces
sotties
moralités
et autres jeux théâtraux de l’époque désignés par le même terme de « comédie », qui regroupait dans le vocabulaire courant tous les spectacles à dénouement heureux (et qui seront tous interdits sous cette appellation par édit du Parlement de Paris de
1588
1594
).
De plus, du mélange de la
Farce
avec la
Moralité
naît la
Sotie
, qui, sous le règne de
Louis
XII
notamment, rappelle la
Vieille Comédie athénienne
, au moins pour la malice et l'audace à tout dire.
La comédie sombre dans le déclin en France à partir du milieu du
XVI
siècle
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Au milieu du
XVI
siècle, les
mystères
(c'est-à-dire le genre théâtral le plus prestigieux) sont interdits. En effet, l'Église estime désormais que la foi doit être l'affaire des doctes, et non des acteurs (le théâtre est mis à l'index par l'
Église
qui l'accuse de mentir sur la réalité). Ainsi, malgré quelques résistances, le théâtre sombre dans le déclin. Il faudra attendre une redéfinition de cet art pour qu'il reprenne consistance.
La comédie en Europe sous la Renaissance
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Sous la
Renaissance
, les auteurs de toute l'Europe veulent retourner aux sources du théâtre et s'approprier la comédie latine. On appelle comédie « régulière » la comédie qui s'inspire de la comédie latine, et qui en respecte les règles formelles, tout en s'opposant aux diverses formes de comédies médiévales.
Au
XV
siècle (en Italie), apparaissent les premiers modèles de la comédie « régulière », suivis au
XVI
siècle par l'
Arétin
Machiavel
la Mandragore
) et
Trissino
. Très vite, la comédie italienne s'en détache, avec
Giordano Bruno
(le Chandelier)
et
Ruzzante
, qui compose en dialecte padouan des scènes populaires et trouve son style dans l'improvisation de la
commedia dell'arte
« Ces essais grossiers d'une comédie indigène s'éclipsèrent rapidement à la Renaissance devant l'éclat des œuvres antiques. Toutes les nations lettrées sont jalouses de s'approprier la comédie latine. Nul pays cependant n'y réussit mieux et plus naturellement que l'Italie... Ainsi dans ce genre de comédie que l'on appelle la Commedia dell'arte Il y a des types à défaut de caractères, des poses, à défaut de gestes naturels, des masques à défaut de traits de mœurs. C'est Arlequin, Pulcinella, Brighella, Pantalon, etc., tous les personnages accoutumés des farces populaires, qui, se mêlant aux rôles traditionnels de la comédie antique, composent de tout cela un drame étrange, plein d'imagination et de gaieté plutôt que de vérité, une caricature jubilatoire plutôt qu'un portrait de la vie. »
La comédie italienne
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La comédie italienne, au
XVI
siècle, voit apparaître la
commedia dell'arte
qui supplante la comédie régulière ; son influence sera considérable sur l'évolution des techniques théâtrales.
La comédie shakespearienne et élisabéthaine
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Articles détaillés :
théâtre élisabéthain
comédie shakespearienne
et
comédie élisabéthaine
En Angleterre à la fin du
XVI
siècle, la comédie
élisabéthaine
, nourrie d'observations, est dominée par
William Shakespeare
, mais elle vaut aussi des succès à
Ben Jonson
Francis Beaumont
et
John Fletcher
Thomas Middleton
Thomas Dekker
La comédie élisabéthaine avait un sens très différent de la comédie moderne. Une comédie de
Shakespeare
est celle qui a une fin heureuse, impliquant généralement les mariages entre les personnages non mariés, et un ton et un style qui est plus léger que les autres pièces de
Shakespeare
11
La comédie espagnole
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Lope de Vega
Articles détaillés :
comédie de caractère
comédie héroïque
et
comédie de cape et d'épée
Le
Siècle d'or espagnol
Siglo de Oro
en
espagnol
) est la période de rayonnement culturel de l'
Espagne
en Europe du
XVI
au
XVII
siècle. C'est une période de grande vitalité littéraire et artistique en Espagne et dans les
pays hispanophones
d'
Amérique latine
La comédie espagnole de la fin du
XVI
siècle (et principalement la comedia), met en œuvre tous les types d'intrigue avec
Cervantès
Lope de Vega
Calderón de la Barca
Moreto y Cabaña
Fernando de Rojas
, et inaugure, avec
Ruiz de Alarcón
, la « comédie de caractère », qui inspirera directement
Pierre Corneille
(avec
Le Menteur
en 1652).
La comédie en Espagne s'attache à captiver l'imagination par l'intérêt romanesque de l'intrigue, plutôt que par la vérité du cœur humain. Le caractère disparaît et s'absorbe dans la passion dominante. L'imagination prévaut et, aussi, la passion.
Le théâtre s'inquiète peu de la vraisemblance du roman et de la vérité du caractère. On y met en scène un jeune cavalier amoureux et la jeune doña dont il est épris; on les sépare par toutes sortes d'obstacles, des parents inflexibles, un tuteur jaloux, des rivaux acharnés, la distance des rangs ; à travers les incidents d'une intrigue compliquée, nous suivons avec un intérêt curieux les ruses et les efforts par lesquels les deux amants s'efforcent de se rejoindre.
« Jetez à travers ce canevas un valet rusé, une soubrette intrigante, un niais, pour amener quelques scènes de bouffonnerie, un matamore exagérant encore l'emphase castillane, des déguisements infinis, des paravents, des échelles de corde, et maints coups d'épée; et vous aurez toute la comédie de Lope de Véga et de Caldéron. L'intrigue y est tout ; les caractères y comptent pour rien : il n'y a de place à travers les incidents que pour les passions. »
Don Quichotte
par Gustave Doré.
Considéré par beaucoup comme la plus grande œuvre rédigée en langue espagnole,
Don Quichotte
est l'un des premiers romans publiés en Europe. Ce roman, tout comme le monde dans lequel vit son auteur,
Miguel de Cervantes
, est à la frontière du
Moyen Âge
et de l'époque moderne. Le second tome est publié en
1615
, un an avant la mort de l'auteur.
Don Quichotte
est à la fois un roman médiéval - un roman de chevalerie - et un roman de l'époque moderne alors naissante. Le livre est une parodie des mœurs médiévales et de l'idéal chevaleresque et une critique des structures sociales d'une société espagnole rigide et vécue comme absurde.
Don Quichotte
est un jalon important de l'histoire littéraire, et les interprétations qu'on en donne sont multiples, pur comique, satire sociale, analyse politique.
Contemporain de Cervantes, l'auteur de théâtre
Lope de Vega
est célèbre pour ses drames, notamment ceux basés sur l'histoire du pays. Dans les centaines de pièces qu'il écrit, Lope de Vega adopte, comme Cervantes, une approche comique, transformant par exemple une pièce morale conventionnelle en une œuvre humoristique et cynique. Son objectif principal est de distraire son public. Le mélange qu'il fait des éléments moraux, de la comédie, du drame et du génie populaire en fait un cousin de Shakespeare, auquel il est souvent comparé, et dont il est le contemporain. En tant que critique de la société, Lope de Vega attaque, également comme Cervantes, nombre des anciennes institutions du pays, dont l'aristocratie, la chevalerie, la rigidité des mœurs… Ces deux écrivains constituent une alternative artistique à l'ascétisme d'un Francisco Zurbarán. Plus avant dans le
XVII
siècle, les pièces de «
cape et d'épée
» de
Lope de Vega
mêlant aventures, intrigues amoureuses et comédie influencent son héritier littéraire,
Pedro Calderón de la Barca
La comédie en Angleterre au
XVII
siècle
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Article détaillé :
Comédie de la Restauration anglaise
Le renouveau de la comédie en France au
XVII
siècle
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Articles détaillés :
Comédie de caractère
Comédie de mœurs
et
Comédie-ballet
Mise en place du théâtre classique au début du
XVII
siècle
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En
France
, au début du
XVII
siècle apparaissent plusieurs nouveautés. En effet, le métier de
comédien
, même s'il est méprisé par l'
Église
et une part de l'
opinion
, fascine de plus en plus. Et les
femmes
peuvent quant à elles enfin monter sur
scène
En
1629
apparaît
Mélite
de
Pierre Corneille
, qu'il qualifia dans la première édition de « Pièce comique » et non pas de comédie, forme nouvelle de « comédie sentimentale » fondée sur les déchirements du cœur et une conception nouvelle du dialogue de théâtre
12
qu'il qualifie lui-même trente ans plus tard de « conversation des honnêtes gens »
13
, loin des formes comiques alors connues qu'étaient la
farce
et la comédie bouffonne à l'italienne.
En
1630
, le
théâtre
est reconnu comme un
art officiel
par
Richelieu
. Et la règle des trois unités est préconisée en
1630
dans la
Lettre sur l’art dramatique
de
Jean Chapelain
, conseiller du
cardinal Richelieu
14
. Régentant une bonne part du langage théâtral de l'époque, elles sont caractéristiques de ce qu'on appela plus tard le
théâtre classique
. Elles sont introduites en
1634
dans le chef-d’œuvre de
Jean de Mairet
Sophonisbe
15
De
1640
environ à
1656
, la
comédie de cape et d’épée
est en vogue en
France
. Elle va être remplacée par la
tragi-comédie
galante.
L'
abbé d'Aubignac
joue un rôle important, car dans
La Pratique du théâtre
16
en 1657 il analyse le théâtre antique et le théâtre contemporain et en tire des principes qui constituent les bases du
théâtre classique
avec la
règle des trois unités
: la règle de bienséance, qui oblige à ne représenter sur scène que ce qui ne choque pas le public.
Dans ce siècle dominé par le
classicisme
, la distinction entre les genres théâtraux est nette : la
tragédie
et la comédie ont des caractéristiques propres, qu'un auteur se doit de respecter (il existe cependant quelques formes « mêlées » :
Le Cid
, de
Pierre Corneille
, est ainsi une
tragi-comédie
). Comme pour la
tragédie
, la comédie classique française doit obéir à la règle des trois unités.
Comédie
Tragédie
Personnages de bourgeois
Personnages nobles
Famille, vie sociale, argent, amour (sphère privée)
Pouvoir, politique, amour (sphère publique)
Forme assez libre ; vers ou prose
Cinq actes ; vers
Registre comique et fin heureuse
Registre et dénouement tragiques
Unité de lieu, de temps, d'action :
règle dite des
« trois unités »
La comédie, sous Louis XIV
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Gravure de l’édition de
1719
de
L'École des femmes
Au
XVII
siècle, dans la Cour du Roi
Louis
XIV
qui agit comme
mécène
Molière
invente avec
Jean-Baptiste Lully
la
Comédie-ballet
en
1661
, et il recourt fréquemment au
burlesque
dans le théâtre à partir de
1662
dans
L'École des femmes
Même si le
clergé
est dans sa majorité hostile au
théâtre
, et considère que les
comédiens
doivent être
excommuniés
Corneille
et
Molière
réussissent à s'imposer.
Corneille
s'oriente vers l’écriture de
tragédie
, tandis que
Molière
(malgré sa préférence pour la
tragédie
) s'oriente vers l’écriture de comédie ; à moins que ce ne soit
Corneille
qui ait tout écrit à la place de
Molière
(voir la
paternité des œuvres de Molière
).
La
France
, devancée par l'
Italie
et l'
Espagne
dans sa renaissance littéraire, commence par les prendre pour modèles. C'est ce que fait
Molière
dans un premier temps, avant de se différencier (
« Molière lui-même emprunte longtemps aux scènes italienne et espagnole le canevas et les personnages de ses premières comédies ; il commence par copier des modèles étrangers, avant de devenir lui-même original »
).
Après s’être inspiré de la
farce
et de la
Commedia dell'arte
17
N 2
(que l'on retrouvera dans
le Médecin volant
),
Molière
réinvente la
Comédie de caractère
17
N 3
dans
L'École des femmes
en
1662
(on retrouvera la
Comédie de caractère
dans
George Dandin ou le Mari confondu
Le Misanthrope
l'Avare
...), et réinvente la
Comédie de mœurs
17
dans
Médecin malgré lui
, en
1666
. Ainsi,
Molière
fait reconnaître le théâtre de comédie comme un art à part entière et non plus comme un sous-genre comparé à la
Tragédie
« Tout se passe comme si, désespéré de ne pouvoir faire de tragédies, Molière s’était donné comme but de créer des comédies aussi belles et graves que les tragédies. »
— P.-A. Touchard,
revue littéraire Europe
Molière
invente aussi trois nouveaux genres de théâtre
[réf. nécessaire]
la basse comédie basée sur le comique de geste (
Les Fourberies de Scapin
la comédie basée sur les comiques de geste, de situation et de caractère (
L'Avare
la haute comédie basée sur les comiques de geste, de situation, de caractère, de mot et de mœurs (
Le Misanthrope
).
Pierre Corneille
introduit la
comédie héroïque
(héritage de la comédie espagnole) en
France
, par exemple par le
Tite et Bérénice
de
1669
. Enfin, la
Comédie-Française
, issue notamment de la troupe de
Molière
, est formée en
1680
18
La comédie romanesque
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Les
Fables de La Fontaine
continuent une tradition médiévale française, d'historiettes comiques et de satire des mœurs sociale, dont les acteurs sont des personnifications d'animaux, comme le
Roman de Renart
où on trouve l'anecdote du «
Corbeau et du renard
» avec des morales mises en adages, ou comme
Marie de France
chez laquelle on trouve la première version du «
Loup et de l'agneau
».
La Fontaine
a aussi fait un travail de traduction et d'adaptation de textes antiques, comme les
Fables d’
Ésope
(par exemple «
La Cigale et la Fourmi
»), de
Phèdre
, d'
Abstémius
, mais aussi de textes d'
Horace
, de
Tite-Live
(« les Membres et l’estomac »), de lettres apocryphes d’
Hippocrate
(« Démocrite et les Abdéritains »), et de bien d'autres encore, elles constituent une somme de la culture classique latine et grecque, et s’ouvrent même dans le second recueil à la tradition indienne
19
Influence sur toute l'Europe pour le
XVIII
siècle
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Les
comédies de mœurs
et
de caractère
, imposée par
Molière
, servirent de modèle sur toute l'
Europe
, même aux auteurs anglais, qui abandonnèrent la truculence et la bouffonnerie du théâtre élisabéthain pour les comédies de
William Congreve
et exercèrent également une influence sur tout le théâtre comique européen pendant une partie du
XVIII
siècle (
Moratín
, en
Espagne
Carlo Goldoni
, en
Italie
).
La comédie en France au
XVIII
siècle
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Beaumarchais
Articles détaillés :
satire
et
comédie larmoyante
Au
XVIII
siècle en France apparaît le théâtre d'auteur, comme celui de
Marivaux
et de
Beaumarchais
. En ce
siècle des Lumières
, les «
unités
», reconnues comme essentielles au
XVII
siècle car elles permettaient (selon
Boileau
, entre autres) de donner plus de vraisemblance aux pièces, apparaissent peu à peu comme des carcans dont les auteurs cherchent à se défaire. De plus, les
philosophes des Lumières
prennent violemment parti contre le
clergé
et son attitude autoritaire envers le
théâtre
. Les « esprits libres » estiment que le théâtre est non seulement un divertissement innocent, mais aussi un moyen pédagogique :
Voltaire
et
Diderot
soutiennent l'idée selon laquelle la représentation des vices et des vertus peut « éclairer » les hommes. Ce
siècle des Lumières
voit apparaître
la satire
Alain-René Lesage
en France,
Sheridan
en Angleterre) et l'analyse des sentiments (
Marivaux
).
Chez
Marivaux
, les personnages ne sont plus des types comiques ou des héros tragiques, mais des individus aux prises avec un questionnement sur leur identité. Ainsi, dans plusieurs comédies (par exemple
La Double Inconstance
), les personnages cachent leur identité à leur promis(e), en prenant le costume de leur valet (ou de leur suivante). Chacun veut en effet connaître son promis de façon masquée – mais c'est lui-même aussi qu'il découvre dans ce jeu de masques. Le langage de
Marivaux
retranscrit les moments de séduction entre les héros, et les interrogations des personnages sur leurs propres sentiments : c'est le «
marivaudage
».
Ce
siècle des Lumières
, qui joue volontiers de l'émotion et du pathétique, crée, avec
Nivelle de La Chaussée
, la
comédie « larmoyante »
, ou la comédie
sentimentale et romanesque
avec
Gotthold Ephraim Lessing
, tandis que
Denis Diderot
salue dans
la comédie « sérieuse »
, incarnée par
Michel-Jean Sedaine
, un pendant au drame bourgeois.
Beaumarchais
, avec
Le Barbier de Séville
ou
Le Mariage de Figaro
, donne au personnage du valet une importance cruciale. Le valet était déjà un personnage important auparavant (chez Molière par exemple, avec Scapin, Sganarelle, etc.), mais il est chez Beaumarchais porteur de revendications de justice et d'égalité sociale.
Beaumarchais
est ainsi un précurseur de la
Révolution française
et de la
liberté d'opinion
ainsi résumée dans sa pièce
Le Mariage de Figaro
« Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur »
. Il aura un hommage dans le film
Beaumarchais, l'insolent
(avec
Fabrice Luchini
).
Le
théâtre de la foire
(regroupant la
comédie improvisée
, et la
farce
), héritée du théâtre italien et de la
Commedia dell'arte
, se transforme en
opéra-comique
(qui elle-même hérite aussi de la
Comédie-ballet
).
La comédie en France au
XIX
siècle
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Articles détaillés :
mime
et
marionnette
Alfred de Musset
Au
XIX
siècle, les règles du
XVII
siècle (les unités, la bienséance) sont définitivement abandonnées. Les auteurs du
romantisme
veulent un autre
théâtre
. Ils souhaitent un type de pièces capable de mettre en scène l'Histoire et le pouvoir, dans un style qui ne soit plus soumis aux bienséances.
Victor Hugo
parle des unités comme d'une « cage » et déclare, de façon provocatrice :
« J'ai disloqué ce grand niais d'alexandrin »
Alfred de Musset
, autre auteur
romantique
, se distingue en ce qu'il renonce assez vite à faire représenter ses pièces. Après l'échec de
La Nuit vénitienne
, il écrit des
drames
et comédies, en prose, mêlant des jeunes gens amoureux et des personnages vieillissants, grotesques et autoritaires, dans des décors multiples, difficiles à mettre en scène. Le
théâtre
, avec
Musset
, est fait pour être lu (et imaginé) plus que pour être vu.
Au début du
XIX
siècle, le
mime et pantomime
, et la
marionnette
Guignol
), venant du
théâtre de la foire
, sont recréés et ont acquis leur forme actuelle. Sous le
Second Empire
, le
théâtre de la foire
fait une dernière transformation en
vaudeville
dans le
théâtre de boulevard
(dans lequel il y aura un hommage dans le film
Les Enfants du paradis
). Face à ces répertoires non littéraires du théâtre comique, la
Comédie-Française
, encore toute jeune, parvient à imposer le respect des normes de la
dramaturgie
, ce qui fait qu'elle devient symboliquement une importante institution, garante des traditions.
La comédie russe de la Belle Époque
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Tchekhov
Nice
. Un portrait (1898) d'
Osip Braz
Galerie Tretiakov
, Moscou
Article détaillé :
Farce (canular)
Le
théâtre russe
de la
Belle Époque
(de la fin du
XIX
siècle au début du
XX
siècle) recourt aux scènes comiques dans un cadre « sérieux ». Ainsi, dans les pièces de
Tchekhov
, la peinture d'une société en décomposition, avec sa galerie de personnages pitoyables, oscille constamment entre le grotesque et le tragique.
1888 :
L'Ours
; farce en un acte (
russe
Медведь
1888-1889 :
Une demande en mariage
; farce en un acte (
russe
Предложение
1889 :
Le Sauvage
ou
L'Homme des bois
ou
Le Génie des forêts
ou
Le Sylvain
; comédie en quatre actes (
russe
Леший
1889-1890 :
Le Tragédien malgré lui
; farce en un acte (
russe
Трагик поневоле
1889-1890 :
La Noce
; farce en un acte (
russe
Свадьба
1891 :
Le Jubilé
; farce en un acte (
russe
Юбилей
1895-1896 :
La Mouette
; comédie en quatre actes (
russe
Чайка
1897 :
Oncle Vania
; scènes de la vie de campagne en quatre actes (
russe
Дядя Ваня
1904 :
La Cerisaie
; comédie en quatre actes (
russe
Вишнёвый сад
La comédie à partir du
XX
siècle
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The Black Crook
(1866) est parfois considéré comme la première comédie musicale.
Articles détaillés :
comédie (cinéma)
et
comédie musicale
À la suite du choc de la
Première Guerre mondiale
et à la montée des
fascismes
, dans la première moitié du
XX
siècle, apparaît plus de
tragédie
Jean Cocteau
Jean Anouilh
Jean Giraudoux
) que de comédie, et la
tragédie
apparaît sous forme de
mythes
antiques.
Diversification de genres dans le théâtre
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Au
XX
siècle, le
théâtre
emprunte diverses voies – que les auteurs d'aujourd'hui creusent et diversifient encore.
Certaines pièces poursuivent dans la veine de la
comédie de mœurs
, déjà présente au
XVII
siècle, et qui avait connu un regain de succès à la fin du
XIX
siècle, avec
Georges Feydeau
et
Eugène Labiche
(auteurs de
vaudevilles
).
Apparaît simultanément un théâtre de la « subversion » :
Alfred Jarry
, avec
Ubu roi
, présente une pièce faite pour choquer (la première réplique est un « Merdre ! » retentissant). Dans une certaine proximité avec le mouvement
Dada
ou le
surréalisme
, ce
théâtre
rejette toute psychologie des personnages pour préférer une représentation brute, presque abstraite, de l'homme.
En pleine
Seconde Guerre mondiale
, apparaît le
théâtre de l'absurde
Eugène Ionesco
Samuel Beckett
) : par la réécriture antique, le but est de démolir les mythes en prenant les mêmes héros, les mêmes thèmes et de les dégrader, pouvant passer du registre tragique au registre comique. Ils mettent en question dans leurs œuvres le personnage théâtral, le genre des pièces (
Ionesco
affirme ainsi que « le comique est l'autre face du tragique »), et le langage même. Des cris, des répliques apparemment dénuées de sens se succèdent pour donner une image à la fois drôle et effrayante de l'humanité. La scène se déroule souvent dans un climat de catastrophe mais le comique s’y mêle pour dépasser l’absurde. Les personnages ont souvent des réactions exagérées.
Le
théâtre de boulevard
après que le
Boulevard du crime
ait été détruit en 1862 (et que
« par la suite, le théâtre s’enferme dans des bâtiments et ne s’adresse qu’à une petite élite »
), redevient le
théâtre de rue
après la
Seconde Guerre mondiale
20
Comédie en littérature
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Marcel Proust
, dans
À la recherche du temps perdu
, qui n'est pas un roman comique en soi, utilise différentes formes de comédie :
Comique de caractère et de gestes :
me
Verdurin incarne la caricature de la fausse amabilité, une parodie de la culture et de la distinction, de même Madame de Cambremer…
Comique de situation : le grand-père du Narrateur souhaite pour son petit-fils une recommandation lorsqu’il ira en cure à Balbec… sans succès… Monsieur Legrandin utilise diverses stratégies pour détourner la conversation du grand père.
Comique de mots : Zeugma : Madame Verdurin s’adressant aux familiers du petit clan sur le ton du Christ…
Nouvelles formes de comédie
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Au
XX
siècle, la comédie se diversifie dans la musique (
comédie musicale
), dans le cinéma (
cinéma comique
), dans la télévision, et dans de nouvelles formes théâtrales (
sketch
stand-up
et nouvelles formes d'
improvisation
).
Exemples notables
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En 1960,
Boeing Boeing
écrite par
Marc Camoletti
a un succès considérable, avec plus de 10 000 représentations.
En 1994,
« Art »
écrite par
Yasmina Reza
a un succès considérable, et a été traduit dans trente-cinq langues.
Arts de la scène
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Formes historiques
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Commedia dell'arte
, telle que pratiquée au
XX
siècle par
Dario Fo
Vsevolod Meyerhold
, et
Jacques Copeau
Théâtre italien du
XVII
siècle avec un léger scénario, une grosse improvisation des comédiens et un jeu de masques.
Comédie élisabéthaine
shakespearienne
, telle que pratiquée par
William Shakespeare
Comédie grecque antique
, telle que pratiquée par
Aristophane
et
Ménandre
Genre littéraire et théâtral majeur de la Grèce antique, plus récent que la tragédie.
Comédie romaine antique
, telle que pratiquée par
Plaute
et
Térence
Burlesque
, venant de
music-hall
, de
vaudeville
et de
performance
Scène de comédie
, 1860
Les Fourberies de Scapin
Honoré Daumier
Musée d'Orsay
Paris
Comédie de caractère
17
, telle que pratiquée par
Molière
pièce de théâtre où sont décrits de manière plaisante les mœurs, les défauts et les ridicules des êtres humains.
Comédie héroïque
, telle que pratiquée par
Corneille
Comédie de cape et d'épée
, telle que pratiquée par d'Ouville,
Scarron
Thomas Corneille
, Boisrobert.
Genre dramatique fidèlement adapté de la
comedia de capa y espada
espagnole qui a connu, de 1640 environ à 1656, une grande vogue en France.
Comédie des humeurs
, telle que pratiquée par
Ben Jonson
et
George Chapman
Comédie de menace
, telle que pratiquée par
David Campton
et
Harold Pinter
Comédie de mœurs
17
N 4
, telle que pratiquée par
Molière
William Wycherley
et
William Congreve
Elle fonde le comique sur la satire des mœurs contemporaines, des traits de la société.
Comédie de la Restauration anglaise
telle que pratiquée par
George Etherege
Aphra Behn
et
John Vanbrugh
Comédie d'intrigue
, telle que pratiquée par
Nicolas Machiavel
et
Lope de Vega
Elle présente un enchaînement d'aventures plaisantes, de situations embarrassantes et bizarres, qui tiennent le spectateur en suspens jusqu'au dénouement.
Comédie larmoyante
, telle que pratiquée par
Pierre-Claude Nivelle de La Chaussée
et
Louis-Sébastien Mercier
Comédie sentimentale, telle que pratiquée par
Colley Cibber
et
Richard Steele
Farce
, de
Georges Feydeau
Joe Orton
et
Alan Ayckbourn
Petite pièce de théâtre du
XVI
siècle qui est jouée à l'entracte d'une tragédie biblique. Elle est jouée uniquement en improvisation des comédiens et le thème principal en est le mari trompé ou l'arroseur arrosé.
Marionnette
Mime
et pantomime, telle que pratiquée par
Baptiste Deburau
(et qui aura un hommage dans le film
Les Enfants du paradis
).
Proverbe
genre dramatique mondain et mineur basé sur une intrigue sentimentale légère.
Sketch
et
stand-up
Théâtre de boulevard
, telle que pratiquée par
Frédérick Lemaître
(et qui aura un hommage dans le film
Les Enfants du paradis
).
Théâtre de pur divertissement. Le boulevard possède aussi un versant sérieux, dont l’ambition est d’agir avec force sur le public, en lui proposant des intrigues cruelles et poignantes.
Théâtre de rue
Théâtre de l'absurde
, utilisé par des critiques pour décrire
Samuel Beckett
Harold Pinter
Jean Genet
et
Eugène Ionesco
Théâtre d'ombres
Tragi-comédie
, telle que pratiquée par
Corneille
Forme théâtrale caractérisée par une action romanesque, des personnages de haute extraction, un dénouement heureux et un refus des règles de la
tragédie
21
Vaudeville
, telle que pratiquée par
Georges Feydeau
Ce genre de comédie légère du
XIX
siècle qui revient à la mode sous la
Restauration
et triomphe sous la
III
République
, met en scène des situations inextricables dans des intrigues à multiples rebondissements avec imbroglios et quiproquos en série, s'enchaînant dans un rythme effréné qui fait la part belle au
burlesque
et à l'excentricité.
Aucune de ces rubriques ne permet de classer les œuvres de Shakespeare, qui dans
Hamlet
montre les limites de ces catégories :
« Tragédie, comédie, histoire, pastorale, comédie pastorale, pastorale historique, tragédie historique, tragédie historico-comico-pastorale, scène indivise ou poème sans limites »
22
Frise chronologique
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Article détaillé :
Comédie/Frise chronologique
Anciennes formes de classifications
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Au
XIX
siècle, selon M. Lemercier dans son Cours de littérature
23
, il y a six espèces de comédies :
la satire allégorique dialoguée, nom spécial sous lequel il désigne le théâtre d
Aristophane
la
comédie de mœurs
et
de caractère
la comédie d'intrigue ;
la comédie mixte (mêlée d'intrigue,
de mœurs
, et
de caractère
) ;
la comédie épisodique ou
comédie à tiroirs
la farce.
Ainsi, de la combinaison des trois genres de comédie (d'intrigue,
de mœurs
, et
de caractère
) résulte ce que Lemercier nomme la comédie mixte, laquelle admet à la fois tous les moyens, tous les ressorts qui peuvent contribuer au développement d'une action comique.
Formes musicales, et dansantes
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Ballad opera
Comédie-ballet
: mêle la
musique
et la
danse
dans une action unique (contrairement à l'
opéra-ballet
, plus composite).
Comédie musicale
: théâtre musical chanté.
Comédie rock
: genre de musique
rock
, se caractérisant par son recours à l'
humour
, parfois
satirique
ou
parodique
24
Musique légère
: style de musique essentiellement orchestrale et instrumentale, effectuant la transition entre la musique purement classique ou viennoise et la chanson de variétés ainsi que les musiques de films, folkloriques, « de genre et de divertissement ».
Opéra-bouffe
opéra
traitant d'un sujet comique ou léger.
Opera buffa
: genre d'
opéra
italien traitant d'un sujet comique.
Opéra-comique
: Genre lyrique du
XVIII
siècle, qui dérive de la
comédie-ballet
, avec de nombreux emprunts au répertoire des airs sérieux et à boire.
Opérette
: genre musical, mêlant comédie,
chant
et généralement
danse
Vaudeville
: genre de spectacle de variétés américain mêlant chant, danse, théâtre, numéros de cirques,
etc.
Établissements :
Cabaret
Café-concert
Café-théâtre
Music-hall
Revue
Métiers
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Duo comique
Improvisation théâtrale
pour la comédie d'improvisation
Bouffon
Clown
Acteur
(comédien)
Chansonnier
Imitateur
Institutions
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La
Comédie-Française
et la
Comédie-Italienne
de
Paris
Le
Corral de comedias
en
Espagne
Quelques comédies théâtrales notables
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Antiquité
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423 :
Les Nuées
, comédie d'
Aristophane
422 :
Les Guêpes
, comédie d'
Aristophane
, imitée plus tard par
Jean Racine
Les Plaideurs
, 1668).
414 :
Les Oiseaux
, comédie d'
Aristophane
411 :
Aristophane
écrit
Lysistrata
, pièce dénonçant les dangers d'une guerre fratricide entre Athènes et Sparte.
405 :
Les Grenouilles
, comédie d'
Aristophane
, satire de l'art et des idées d'
Euripide
191 : Représentation de
L'Imposteur
Pseudolus
), comédie de
Plaute
166 : Première comédie de
Térence
, l’
Andrienne
161 :
Térence
écrit l’
Eunuque
, l'une de ses plus célèbres comédies.
Moyen Âge
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milieu du
XV
siècle,
Le Franc Archer de Bagnolet
, monologue comique.
entre 1461 et 1469,
La Farce de Maître Pathelin
, dialogue comique médiéval.
XVII
siècle
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1606 :
Volpone
(ou
Le Renard
), comédie de
Ben Jonson
1618 :
Le Chien du jardinier
, comédie dramatique de
Félix Lope de Vega Carpio
1636:
L'Illusion comique
, comédie dramatique de
Pierre Corneille
1668 :
Les Plaideurs
, comédie de
Jean Racine
1668 :
L'Avare
, comédie de
Molière
1669 : Première représentation de
Tartuffe
, comédie de
Molière
dont les deux premières versions (1664 et 1667) avaient été interdites.
1670 :
Le Bourgeois gentilhomme
, comédie-ballet de
Molière
et
Jean-Baptiste Lully
1671 : Première représentation des
Fourberies de Scapin
, comédie de
Molière
1696 :
Le Joueur
, comédie de
Jean-François Regnard
XVIII
siècle
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1723 :
La Double Inconstance
, comédie de
Marivaux
1730 :
Le Jeu de l'amour et du hasard
, comédie de
Marivaux
1753 :
La locandiera
, comédie de
Carlo Goldoni
1775 :
Le Barbier de Séville
, comédie de
Beaumarchais
1777 :
L'École de la médisance
, œuvre théâtrale de
Richard Brinsley Sheridan
XIX
siècle
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1833 : Publication des
Caprices de Marianne
, comédie d'
Alfred de Musset
1834 :
On ne badine pas avec l'amour
, proverbe d'
Alfred de Musset
(représenté en 1861).
1836 :
Le Revizor ou l'Inspecteur général
, comédie de
Nicolas Gogol
1860 :
Le Voyage de monsieur Perrichon
, comédie d'
Eugène Labiche
1896 :
La Mouette
, pièce de théâtre d'
Anton Tchekhov
1896 :
Ubu roi
, comédie burlesque d'
Alfred Jarry
, caricature bouffonne de la stupidité bourgeoise et de la sauvagerie humaine.
1897 :
Cyrano de Bergerac
, comédie héroïque d'
Edmond Rostand
XX
siècle
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1904 :
La Cerisaie
, pièce de théâtre d'
Anton Tchekhov
1910 :
On purge bébé
, vaudeville de
Georges Feydeau
1913 :
Pygmalion
, pièce de théâtre de
George Bernard Shaw
1917 :
À chacun sa vérité
, pièce de
Luigi Pirandello
1917 :
La Volupté de l'honneur
, comédie de
Luigi Pirandello
1923 :
Knock ou le Triomphe de la médecine
, comédie de
Jules Romains
1928 :
Topaze
, comédie de
Marcel Pagnol
1955 :
La Visite de la vieille dame
, pièce de
Friedrich Dürrenmatt
1960 :
Boeing Boeing
de
Marc Camoletti
1994 :
« Art »
de
Yasmina Reza
Comédie dans les romans
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Roman comique
Le Roman comique
de
Paul Scarron
Histoire comique
Roman picaresque
Genres
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La
Fable
Court
récit
en
vers
ou occasionnellement en
prose
qui vise à donner de façon plaisante une leçon de vie. Elle se caractérise souvent par la mise en scène d'animaux qui parlent mais peut également mettre en scène d’autres entités ou des êtres humains. Une morale est généralement exprimée à la fin ou au début de la fable quand elle n’est pas implicite, le lecteur devant la dégager lui-même.
Pour
Phèdre
, le
fabuliste
latin, « Le mérite de la fable est double : elle suscite le rire et donne une leçon de prudence »
25
Le
Fabliau
Du
picard
, lui-même issu du latin
fabula
qui donna en français « fable », il signifie littéralement « petit récit » ; c'est le nom qu'on donne dans la littérature française du
Moyen Âge
à de petites histoires simples et amusantes, et qui ne se proposent guère que de distraire ou faire rire les auditeurs et les lecteurs ainsi que de donner des leçons de morale.
Comédie dans les films
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Article détaillé :
comédie (cinéma)
Notes et références
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Notes
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Sceptre de bois surmonté d'une tête grotesque
« Molière s’inspire tout d’abord de la commedia dell’arte, de la farce traditionnelle, avec tout ce qu’elle comporte d’effets, de plaisanteries, de bouffonneries. Car la farce est avant tout basée sur le comique de gestes, sur la répétition et la déformation de nos petites manies ou de nos tics, comme dans Le médecin volant. On retrouve ainsi tout au long de l’œuvre de Molière des personnages typiques empruntés à la comédie italienne : le vieux barbon, la jeune fille naïve, le cocu, la femme rouée, le valet rusé, etc. »
« Ce genre de comédie, le plus difficile de tous, exige une étude approfondie de l'humain, un discernement juste, et une puissance d'imagination qui réunisse sur un seul personnage ou un seul objet les traits qu'on a pu recueillir épars et en détail dans plusieurs autres. »
« La comédie de mœurs, elle, fonctionne surtout sur le comique de situation, fondée sur la vie réelle et sur les drames qu’elle abrite en son sein. Il s’agit de peindre l’homme dans sa vérité, avec ses défauts, mais aussi ses qualités, avec ce qu’il a d’humain. Car la comédie de mœurs est proche de l’homme, comme la farce était proche du pantin. »
Références
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(it)
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Studi linguistici in onore di Tristano Bolelli
, Pacini, 1974, p.119-135
Jean Haudry
La Triade pensée, parole, action, dans la tradition indo-européenne
, Archè, Milan, 2009, p.296-297
Karl Canvat et
Christian Vandendorpe
La Fable. Vade-mecum du professeur de français
, Didier-Hatier, 1993,
p.
Ménandre,
Le Dyscolos
, éd. trad. Jean-Marie Jacques, Paris, Les Belles Lettres, 1989, p. IX.
Horace sur Wikisource
Phèdre sur Wikisource
Texte latin et traduction française
en ligne
Holzberg 2002
p.
28
Jean-Claude Guillebaud, Philippe Baudorre, Caroline Casseville, Jean-Claude Ragot, Jean Touzot,
Le rire
, Confluences,
2008
p.
15
Pour Halina Lewicka (
Études sur l’ancienne farce française
, Klincksieck, 1974,
p.
100),
Pathelin
est postérieur à 1456, et
Guillaume Alécis
l’avait en mémoire lorsqu’il rima les
Faintes du monde
, peu après 1460. Pour André Tissier (
Recueil de farces
, tome VII, Droz, 1993), « on penchera sans crainte de trop s'égarer pour une date approximative entre 1456 et 1460 ». Thierry Martin <
Triboulet : La Farce de Pathelin...
p.
7> propose la date de 1457, déduite des mentions de
Pathelin
contenues dans les
Sotties
de
Triboulet
(en)
Shakespearean comedy
», sur
faculty.fairfield.edu
Voir Gabriel Conesa,
Pierre Corneille et la naissance du genre comique
, Paris, SEDES, 1969
Examen de
Mélite
, au tome I de son
Théâtre
en 1660
Dominique Bertrand,
Le théâtre
, Éditions Bréal,
1996
lire en ligne
p.
235
Jean-Marie Pradier,
La scène et la fabrique des corps : ethnoscénologie du spectacle vivant en Occident (
siècle
av. J.-C.
XVIII
siècle)
, Presses Univ. de Bordeaux, 2000,
p.
221.
disponible en version texte sous
Gallica
et
Molière/De la farce à la comédie de caractère
», sur
theatre-et-compagnie.com
Comédie-Française, la
», sur
universalis.fr
(consulté le
19 décembre 2014
La Fontaine
, Erwana Brin,
Fables
(tome 2), Nouvelle librairie de France, Collection nationale des grands auteurs de la Nouvelle librairie de France, 1999.

Dans l'avertissement de son
recueil, La Fontaine écrit «
Seulement je dirai par reconnaissance que j'en
["en" désigne les « enrichissements » (comprendre : les inspirations) recherchés par La Fontaine pour la rédaction de son
recueil des fables. N.D.R]
dois la plus grande partie
[Il faut entendre que, parmi les fables orientales, « la plus grande partie » vient de Pilpay. N.D.E.]
à Pilpay, sage Indien
[La Fontaine a dû connaître le Livre des lumières, ou la Conduite des roys, composé par le sage Pilpay Indien, traduit en français par David Sahid d'Ispahan... (Paris, 1644). N.D.E.]. »
Jacques Livchine, «
Histoire express et subjective du théâtre de rue
», sur
Hors Champs (issue de la revue Cassandre n68)
L'Histoire de la littérature française
de Brunel chez Bordas la définit comme un "drame romanesque et mouvementé insoucieux des règles et qui finit bien".
Hamlet
, II. 2. 363-66
Dictionnaire de la conversation et de la lecture (tome XV)
, Belin-Mandar,
1834
(en)
V. Bogdanov, C. Woodstra et S. T. Erlewine,
All music guide to rock: the definitive guide to rock, pop, and soul
(Backbeat Books,
édition, 2002), page 126.
Fables, Livre 1, Prologue :
Duplex libelli dos est: quod risum movet, Et quod prudenti vitam consilio monet
Voir aussi
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Bibliographie
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Histoire sommaire illustrée de la littérature grecque
trad.
H. Petitmangin), Paris, J. de Gigord,
1934
, 176
p.
(en)
Niklas
Holzberg
The Ancient Fable : An Introduction
, Bloomington, Indiana University Press,
2002
, 128
p.
Articles connexes
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Comédie+
, une chaîne de télévision francophone (un temps
Comédie !
Place de la Comédie
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Le théâtre : comique et tragique
, article sur le site de l'
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