Confucius — Wikipédia
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Pour les articles homonymes, voir
Kong
Confucius
Naissance
28 septembre
551 av. J.-C.
Zou,
pays de Lu
Décès
11 avril
479 av. J.-C.
(à 71 ans)
Qufu
, pays de Lu
Sépulture
Cimetière de Confucius
École/tradition
Confucianisme
Principaux intérêts
Éthique
politique
Idées remarquables
Ren
li
junzi
Œuvres principales
Entretiens de Confucius
Entretiens familiers de Confucius
Influencé par
Zi Chan
Lao Tseu
Zhou Gong
A influencé
Mencius
Xun Zi
Zhu Xi
Adjectifs dérivés
Confucéen, confucianiste
Père
Shuliang He
Mère
Yan Zhengzai
en
Fratrie
Meng Pi
Conjoint
Qi Guanshi
Enfants
Kong Li
en
Kong Jiao
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Confucius
(prononcé en
/kɔ̃.fy.sjys/
chinois simplifié
孔子
pinyin
Kǒng Zǐ
Wade
K'ung³-tzŭ³
), né le
28 septembre 551
av. J.-C.
à Zou (陬) et mort le
11 avril 479
av. J.-C.
Qufu
(曲阜) dans l’actuelle province du
Shandong
, est un
philosophe chinois
. Son patronyme est Kong, son prénom Qiu, et son
prénom social
Zhongni. Il est le personnage historique qui a le plus marqué la civilisation chinoise, et est considéré comme le premier « éducateur » de la
Chine
Son enseignement a donné naissance au
confucianisme
, doctrine politique et sociale érigée en
religion d'État
dès la
dynastie Han
et qui ne fut officiellement bannie qu'au début du
XX
siècle, avec une résurgence en 1973 (voir
Critique de Lin Piao et de Confucius
). Ses principaux disciples sont nommés les
Douze Philosophes
et honorés dans les
temples confucéens
Son enseignement s'est répandu au
Japon
, en
Corée
et au
Vietnam
. Son influence en
Asie de l'Est
est telle qu'on peut la comparer à celles de
Jésus
et
Platon
en
Occident
Il est généralement appelé
Kǒngzǐ
(孔子) ou
Kǒng Fūzǐ
(孔夫子) par les Chinois, ce qui signifie « Maître Kong » et a été
latinisé
en
Confucius
par les
Jésuites
. Les
Coréens
l'appellent
Kong-ja
, les
Japonais
Kôshi,
et les
Vietnamiens
Khổng Tử
Sa vie
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Statue de Confucius à
Montevideo
Uruguay
).
Sa figure mi-historique, mi-légendaire est retracée dans sa première
biographie
issue de
Shiji
史記
史记
Shǐjì
), œuvre de l'
historien
chinois
Sima Qian
écrite de
109
91 av. J.-C.
, soit plus de quatre siècles après sa disparition
Noms
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Il avait pour nom personnel Kong Qiu (孔丘), et pour nom social Zhongni (仲尼). Aussi appelé respectueusement Kongfuzi (孔夫子 : « maître Kong »), ou simplement Kongzi (孔子)
Le nom latinisé «
Confucius
», dérivé de Kongfuzi, a été créé au
XVI
siècle
par des
missionnaires
jésuites
en Chine, probablement par
Matteo Ricci
Origines
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La famille Kong était originaire de l'
État de Song
. Kong Fu Jia, son arrière-grand-père, y était le ministre de la Guerre. Après que celui-ci fut assassiné, son fils Fang Shu se réfugia dans l'
État de Lu
, où il mena une carrière militaire. Son fils,
Shu Lianghe
, allait suivre ses traces et faire lui aussi une brillante carrière militaire. La famille Kong était une famille de grands guerriers. Confucius, fils de Shu Lianghe, fut le premier de sa lignée à abandonner la voie des armes.
Naissance
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Confucius est né le 28 septembre 551 avant notre ère à Zou (陬), ville dont son père était le gouverneur, non loin de la ville de
Qufu
(曲阜), pays de Lu, actuelle province de
Shandong
. Sa mère Zheng Zai étant allée prier sur le mont Qiū (丘) le prénomma ainsi.
Une naissance légendaire
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D'après la légende, des événements extraordinaires auraient précédé sa naissance ; un
qilin
aurait en outre prédit sa naissance. Elle vomit une tablette de
jade
qui prédisait la naissance d'un enfant qui soutiendrait la déclinante
dynastie Zhou
. Au cours de la nuit de sa naissance, deux
dragons
se seraient posés sur le toit de sa maison. Cinq vieillards, dont les corps étaient formés des éléments les plus purs des cinq planètes, arrivèrent dans sa cour. Des chants célestes se seraient fait entendre. Puis finalement, des voix prophétisèrent :
Le Ciel favorisera la naissance d'un fils saint
Les historiens chinois, depuis deux mille ans, parlent de ce temps très ancien comme étant celui des «
Printemps et des Automnes
» (春秋), faisant ainsi référence à une chronique racontant ce qui advint entre 771 et 481
av. J.-C.
précisément dans cette région que l'on nommait alors le pays de
Lu
Famille
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Selon la tradition, son père,
Shu Lianghe
叔梁紇
), était un descendant de
Yi Yin
(en)
伊尹
), premier ministre de
Cheng Tang
), le fondateur de la
dynastie Shang
商朝
).
Gouverneur de la principauté de
Lu
鲁国
魯國
lǔguó
), dans le sud-est de l’actuelle province du
Shandong
, il épousa en secondes noces à l'âge de 65 ans la jeune Zheng Zai, alors âgée de 15 ans.
Il mourut alors que Confucius n’avait que trois ans, laissant sa famille dans la pauvreté.
Descendance
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La famille de Confucius, les Kong, possède l'
arbre généalogique
le plus grand du monde. Les filiations de père en fils, qui comptent aujourd'hui 83 générations, ont été enregistrés depuis la mort de Confucius. Selon le Comité de Compilation de la Généalogie de Confucius, il compte 2 millions de descendants connus et enregistrés, sur un total de descendants estimés de 3 millions.
Apparence physique
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Selon le
Shiji
, Confucius mesurait six pieds neuf pouces de haut, ce qui équivaut à 2,06 mètres. Cette haute stature lui venait de son père qui mesurait lui-même plus de 2,20 mètres.
Enfance et jeunesse
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Dès l’âge de dix-sept ans, grâce à un goût précoce pour les livres et les
rites
, Confucius serait devenu
précepteur
. Il se maria à dix-neuf ans et eut son premier fils, Kong Li (
孔鯉
) un an plus tard. Celui-ci fut suivi de deux filles. Pour vivre, il effectuait probablement des tâches administratives pour le chef de province.
Âge adulte
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Relations avec le duc Jing de Qi
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Confucius qui séjournait au
pays de Qi
齐国
齊國
qíguó
) fut reçu à cette occasion par
Jiang Ziya
姜子牙
jiāng zǐyá
), duc Jiang de Qi, qui le fit mander. Les deux hommes dialoguèrent à propos d'affaires d'État, mais aussi sur des sujets comme la
morale
et les us et
coutumes
. Ils se parlèrent régulièrement pendant tout le séjour de Confucius. Le duc Jing, qui aimait les idées de Confucius, était décidé à lui confier des charges dans son gouvernement mais en fut finalement dissuadé par un de ses conseillers, qui craignait probablement pour son poste. Finalement, quand le duc Jiang rencontra une dernière fois Confucius, il lui dit « Je suis trop vieux pour vous employer. » Par la suite, Confucius retourna au pays de Lu
réf.
souhaitée]
Rencontre avec Lao Tseu
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La
légende
veut qu’il ait rencontré
Lao Zi
(老子), père du
taoïsme
. Il serait allé le trouver, à
Luoyang
, pour s'enrichir de connaissances concernant les
rites de deuil
. Ils auraient eu un long échange et, au moment où Confucius allait le quitter,
Lao Dan
lui aurait dit :
« Selon les traditions, les gens fortunés donnent des présents à leur hôte et les gens pauvres donnent des mots. N'étant pas aisé, je puis néanmoins vous donner des mots : un homme intelligent, grand observateur, se trouvera toujours en danger de mort, car il se plaît à parler des autres. Par son vaste savoir et son solide jugement, il en vient à découvrir ce que les autres ont de plus méprisable. Être fils comme être un simple sujet dépossède du soi. »
[réf. nécessaire]
Après, Confucius resta sidéré et renonça à parler pendant trois jours - ou un mois - tellement Lao Zi l'avait troublé.
Peinte de siècle en siècle par les écrits taoïstes, cette célèbre entrevue n'a probablement jamais eu lieu car, selon toute vraisemblance, Lao Zi n'a jamais existé en tant que personnage historique
Carrière
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Comme intendant des Jisun
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Au cours de sa jeunesse, Confucius fit toutes sortes de petits travaux, souvent manuels, où il expérimenta le monde des réalités concrètes
. Les études de cette période ne relevaient pas seulement d'une spécialité intellectuelle, mais avaient aussi une dimension pratique et corporelle liée à la formation du caractère et de la personnalité
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À la cour de Lu
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Après la mort de sa mère en -530, il enseigna sa connaissance des textes anciens au petit groupe de disciples qui le suivait. Après quelques emplois subalternes à la cour du duc de Lu, il devint Grand Ministre de la Justice de Lu à l'âge de 53 ans.
Yuan Xian
était le chef de la maisonnée de Confucius quand celui-ci exerçait la fonction de ministre de la Justice de Lu. Après la mort de son maître, Yuan Xian partit dans l'
État de Wei
, où il a vécu reclus et dans la pauvreté
Cependant, après que ce duc eut préféré prendre du plaisir trois jours durant avec des danseuses au lieu d'assurer sa tâche de gouvernement, Confucius décida de quitter son poste de ministre et, en -497, partit pour treize années d’errance
10
. Il rentra définitivement à Lu pour se consacrer jusqu’à sa mort, le 11 avril -479, à l’enseignement et à la compilation de textes anciens.
L'entrevue de Jiagu
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Les années d'errance
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Séjour au pays de Wei
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Séjour au pays de Chen
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Les dangers du pays de Song
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Confucius et ses disciples s'étaient rassemblés dans un bois pour se reposer et écouter l'enseignement du maître. Quand
Huan Tui
, ministre de la guerre du
pays de Song
, tenta de l'assassiner en faisant tomber un arbre sur lui. Confucius se contenta de l'éviter. Puis, quelque temps plus tard, accompagné de ses disciples, il quitta le pays de Song.
[réf. nécessaire]
Piégé entre Chen et Cai
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Confucius et ses disciples étaient dans le
pays de Chen
quand le roi de
Chu
envoya des cadeaux à Confucius. Le roi Zhao de Chu voulait demander à Confucius d'exercer une charge dans son gouvernement. Cependant, Chen et Cai, qui étaient des ennemis de Chu, voulurent l'empêcher et cernèrent Confucius et ses disciples, les mettant en état de siège. Le roi de Chu l'ayant appris, qui tenait son camp à Chengfu, détacha un corps d'armée pour les dégager de leur position fâcheuse. L'opération fut un succès et Confucius et ses disciples purent s'échapper. Confucius était tout disposé à exercer une charge au sein du pays de Chu et voulut rencontrer son roi. Mais Zixi, grand conseiller de Chu, sentant sa position au sein du gouvernement de Chu menacée, ne ménagea pas ses efforts pour faire changer d'idée au roi de Chu qui, finalement, renonça.
Les dangers du bourg de Kuang
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Étonnamment, Confucius ressemblait physiquement à un homme cruel nommé
Yang Huo
. Or celui-ci avait commis des exactions contre la population du bourg de Kuang. Les gens de Kuang qui prenaient Confucius pour Yang Huo, le cernèrent et voulurent le pendre. Confucius réussit néanmoins à s'échapper.
Le retour au pays de Lu et mort
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Son disciple
Ran Qiu
, avait été sollicité par
Ji Kangzi
pour exercer une charge dans le gouvernement de Lu et il rentra à Lu. Après son arrivée, Ran Qiu demanda à Ji Kangzi,
premier ministre
de l'
État de Lu
, de faire revenir son maître. Ji Kangzi accepta. Confucius revint à Lu, mais n'allait pas exercer de charge dans le gouvernement. Il continua son enseignement jusqu'à sa mort.
Le piège de Yang Huo
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Tombe de Confucius
Yang Huo
— tyran qui vivait en ce temps — était déterminé à rencontrer Confucius ; aussi décida-t-il de lui envoyer un cadeau au moment où Confucius n'était pas chez lui. D'après la tradition, un lettré qui n'est pas chez lui et qui reçoit un cadeau d'un seigneur doit aller chez ledit seigneur à pied le remercier de ses bonnes grâces. Or Confucius s'est résolu à ne pas le voir, estimant qu'il s'agissait d'un piège tendu par cet homme fourbe et cruel. Aussi décide-t-il d'aller le remercier au moment où il n'est pas chez lui, pour ne pas le voir. Cependant Yang Huo prévoit la manœuvre et prend les devants, tant et si bien que les deux se rencontrent sur le chemin. Quand il voit Yang Huo, il réalise qu'il est bel et bien piégé. Sa vivacité d'esprit le sort de cette mauvaise situation. Yang Huo voulait en fait demander à Confucius d'exercer des charges dans son pseudo-gouvernement, dans le but de semer le trouble dans le gouvernement légitime du prince Ting.
Sa pensée
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L'essentiel de la pensée de Confucius nous est parvenu à travers les
Analectes, ou Entretiens
, recueil de propos de Confucius et de ses disciples ainsi que de discussions entre eux, compilés par des disciples de deuxième génération, et à travers leur supplément, les
Entretiens familiers de Confucius
Bien qu’il n’ait jamais développé sa pensée de façon théorique, on peut dessiner à grands traits ce qu’étaient ses principales préoccupations et les solutions qu’il préconisait. Partant du constat qu’il n’est pas possible de
vivre avec les oiseaux et les bêtes sauvages
, et qu’il faut donc vivre en bonne société avec ses semblables, Confucius tisse un réseau de valeurs dont le but est l’harmonie des relations humaines. En son temps, la Chine était divisée en royaumes indépendants et belliqueux, les luttes pour l’
hégémonie
rendaient la situation instable et l’ancienne
dynastie Zhou
avait perdu le rôle unificateur et pacificateur que lui conférait le
mandat du Ciel
. Confucius voulait donc restaurer ce mandat du Ciel qui conférait le pouvoir et l’efficacité à l’empereur vertueux. Cependant, bien qu’il affirme ne rien inventer et se contenter de transmettre la sagesse ancienne, Confucius a interprété les anciennes institutions selon ses aspirations, il a semé les graines de ce que certains auteurs appellent l'« humanisme chinois ».
Mettant l’homme au centre de ses préoccupations et refusant de parler des esprits ou de la mort, Confucius n’a pas fondé de
religion
au sens occidental du terme, même si un culte lui a été dédié par la suite. Cherchant à fonder une
morale positive
, structurée par les « rites » et vivifiée par la « sincérité », mettant l’accent sur l’étude et la rectitude, Confucius représente pour les Chinois d’avant la Révolution l’éducateur par excellence, mais la lecture attentive des
Entretiens
montre qu’il n’a pas voulu s’ériger en maître à penser, et qu’au contraire il voulait développer chez ses disciples l’esprit critique et la réflexion personnelle : « Je lève un coin du voile, si l’étudiant ne peut découvrir les trois autres, tant pis pour lui. ». Dans une tension à perpétuellement s'améliorer, Confucius se présente dans les Entretiens comme "un homme qui, dans son ardeur d'apprendre, en oublie de manger et, dans sa joie d'y arriver, il ne sent pas la vieillesse approcher", il en choisit ainsi l'enthousiasme comme trait dominant de son charactère
Confucius.
Un apport important de Confucius a été la notion de «
Junzi
» (« gentilhomme ») qui, avant lui, traduisait une noblesse de sang et dont il a modifié le sens pour le transformer en noblesse du cœur, un peu comme le mot anglais
gentleman
. Le concept central de la doctrine de Confucius est
Ren
, la bienveillance, dont la pratique a pour norme
Li
, la moralité
11
. Son enseignement, bien que principalement orienté vers la formation de futurs hommes de pouvoir, était ouvert à tous, pas seulement aux fils de princes. On peut faire remonter à cette impulsion de départ la longue tradition des
examens impériaux
, chargés de pourvoir l’État en hommes intègres et cultivés, que le plus humble paysan pouvait (en théorie) tenter. Bien que cette institution «
méritocratique
» ait subi différents avatars et distorsions, elle a certainement joué un rôle prépondérant dans la pérennité de la culture chinoise et dans la relative stabilité du
Céleste Empire
pendant deux millénaires.
Selon Confucius, la soumission au père et au prince va de soi et garantit la cohésion des familles et du pays, mais elle s’accompagne d’un devoir de (respectueuses) remontrances si le père ou le prince vont dans la mauvaise direction. De très nombreux lettrés chinois, se réclamant à juste titre de l’enseignement de leur maître, ont péri ou été bannis, pour avoir osé critiquer l’empereur quand celui-ci, sous l’influence de courtisans ou de prêtres taoïstes, ne prenait plus soin de son peuple et laissait le pays sombrer dans la famine ou la guerre civile.
Sa postérité
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La postérité de Confucius, en Chine et en Extrême-Orient, ne saurait être sous-évaluée. Ses commentateurs et ses continuateurs proches comme
Mencius
et
Xun Zi
ont formé un corps de doctrine, appelé
confucianisme
Les
Jésuites en Chine
réalisent un transfert culturel de la pensée confucéenne aux élites européennes du
XVII
et
XVIII
siècles, favorisant la sinophilie, voire la sinomanie des intellectuels. Ils font de Confucius un saint, ce qui est un des éléments déclencheurs de la
Querelle des rites
12
Jusqu’à la fin de l’Empire, en
1911
, le système des examens, basé sur le corpus confucéen, est resté en vigueur. Certains analystes, chinois ou occidentaux, pensent que l’influence du confucianisme est toujours prépondérante à l’époque actuelle. La
Corée du Sud
(cf. article
Yi I
) et
Singapour
se réclament toujours de cette doctrine politique (2007). Le Japon se revendique également de cette doctrine pour les bases de sa société, depuis la transformation de la société par
Hayashi Razan
, sous l'ère Edo, et aujourd'hui encore, on considère que les racines de la société nippone sont shinto-confucianistes. Une seconde mondialisation après celle des jésuites est véhiculée après la Seconde Guerre mondiale par le
sinologue
James Legge
ou le philosophe
pragmatiste
Herbert Fingarette
(en)
(auteur de
Confucius, The Secular as Sacred
, « Confucius, le séculier en tant que sacré », paru en 1972)
13
, voire, en France, par René Etiemble (Confucius, Club français du livre, 1956).
Cette continuité apparente du confucianisme en Chine ne doit cependant pas cacher les constants renouvellements, suivis de retours aux sources ou d’éclipses temporaires, qui ont animé l’histoire de la pensée chinoise. Ainsi le renouveau du confucianisme, instauré par
Zhu Xi
pendant la
dynastie Song
, après une relative mise en retrait durant la dynastie des Tang, a intégré les apports anciens de la pensée
taoïste
et les apports plus récents du
bouddhisme
en une orthodoxie restée relativement incontestée depuis lors. C'est depuis la fondation de la
République de Chine
que l’enseignement des
Quatre Livres
et des
Cinq Classiques
confucéens n'est plus obligatoire :
Les
Quatre Livres
四书
四書
sì shū
) sont :
la
Grande Étude
大学
大學
dà xué
),
l’
Invariable Milieu
中庸
zhōng yóng
),
les
Entretiens de Confucius
论语
論語
lùn yǔ
),
le
Mencius
(Livre)
孟子
mèng zǐ
).
Le
Livre des Rites
Les
Cinq Classiques
五經 Wǔ jīng
) sont :
le
Canon des Poèmes
诗经
詩經
shī jīng
),
le
Canon de l'Histoire
书经
書經
shū jīng
),
le
Livre des mutations
ou
Yi Jing
易经
易經
yì jīng
),
le
Livre des Rites
礼记
禮記
lǐ jì
),
les
Annales des Printemps et Automnes
春秋
chūn qiū
, alias
麟經
lín jīng
).
Un sixième classique a été perdu : le
Canon de la musique
乐经
樂經
yuèjīng
).
L’instrumentalisation de la pensée de Confucius, érigée en religion d’état, a fait parfois un usage sélectif des préceptes susceptibles à renforcer le respect des autorités, au détriment des notions potentiellement subversives comme le devoir moral de critiquer les erreurs du souverain
Deux mouvements inverses s'observent actuellement
14
: développement en Chine continentale d’écoles confucéennes privées qui inculquent aux élèves l'apprentissage par cœur des classiques de Confucius dont la figure est reconstruite et réinventée ; à l'opposé, surtout chez les sinologues occidentaux, un mouvement de déconstruction de la figure de Confucius et du texte des
Entretiens
15
Ses élèves
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Confucius a eu plus de trois mille élèves ; parmi
lesquels soixante-douze
soixante-dix-sept selon
certaines sources) maîtrisent les six arts enseignés
réf.
souhaitée]
Et parmi les disciples,
dix sont
considérés comme des sages ou philosophes dans la tradition confucéenne. Ils sont appelés les
dix sages de l'école confucéenne
D'après le
verset 3
ou 2
selon version) du
chapitre 11
du
Lun Yu
Yan Hui
Min Ziqian
Ran Boniu
et
Ran Yong
étaient remarquables par leurs vertus ;
Zai Yu
et
Zigong
, par leur habileté à parler ;
Ran Qiu
et
Zilu
, par leur habileté à gouverner ;
Ziyou
et
Zixia
, par leur habileté dans l'étude.
Bibliographie
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Publications anciennes
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En 1783, imprimé par
Jacques-François Valade
et
Hubert Cazin
, gravure de
Rémi Delvaux
exemplaire de la
bibliothèque Carnegie (Reims)
Tous ses livres moraux ont été traduits en latin et paraphrasés par
Prospero Intorcetta
Christian Herdtrich
François de Rougemont
et
Philippe Couplet
, sous le titre de
Confucius, Sinarum philosophus
Paris
1687
, in-folio.
Le
Shū Jīng
a été traduit en français, par le Père
Antoine Gaubil
1770
; le
Zhōng Yóng
a été publié en chinois, avec traduction latine et française, par
Abel-Rémusat
1817
, in-4° ; le
Ta hio
, par
Guillaume Pauthier
(chinois, latin et français),
1837
in-8
On trouve aussi plusieurs des ouvrages de Confucius dans les
Sinensis imperii libri classici sex
du Père
François Noël
Prague
1711
, collection traduite en français par l'abbé
François-André-Adrien Pluquet
1784
, 7 volumes in-18.
La
Vie
de Confucius a été écrite par le Père
Joseph-Marie Amiot
dans les
Mémoires sur les Chinois
. On a publié la
Morale de Confucius
Amsterdam
1688
1 volume
in-8
Traductions
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Philosophes confucianistes
, Gallimard, coll. La Pléiade, 1536 p.
Les Entretiens
Lun Yu
) de Confucius, Meng Zi,
La Grande Étude
Da Xue
),
La pratique équilibrée
Zhong Yong
),
Le
classique de la piété filiale
Xiao-jing
), Xun Zi.
Anne Cheng
Entretiens de Confucius
, Paris, 2004 (
re
éd. 1981)
Pierre Ryckmans
Les Entretiens de Confucius
, Paris, 2005 (
re
éd. 1987)
André Lévy,
Confucius, Entretiens avec ses disciples
, Paris, 1993
Confucio, Il Libro delle Odi, edizione integrale, traduzione e cura di Vincenzo Cannata, Luni Editrice, 2021 ;
ISBN
978-88-79-846318
Source ancienne
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Sima Qian
Kong zi
, chapitre 47 du
Shiji
, traduction
Édouard Chavannes
1905 :
Mémoires historiques
volume 5, réédition Adrien-Maisonneuve, Paris, 1967; en ligne :
université du Québec
et
Wikisource
Études
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Ouvrages généraux
Anne Cheng,
Histoire de la pensée chinoise
, Paris, 2002,
p.
61-93
Jeffrey Riegel,
Confucius
, The Stanford Encyclopedia of Philosophy, 2013.
Ouvrages sur Confucius
Pierre Do-Dinh
Confucius et l'humanisme chinois
Éditions du Seuil,
coll.
« Maîtres spirituels », 1958.
Karl Jaspers
Confucius
. Éditions Noé 2006.
ISBN
2916312013
René Étiemble
Confucius
, Gallimard 1966. Édition augmentée 1985 (
coll.
« Folio-Essais »)
ISBN
2070323587
Yasushi Inoue
Confucius
, Éditions Stock pour la traduction française
ISBN
9782234054240
Lin Yutang
La sagesse de Confucius
, éd. Picquier poche, 2008
ISBN
2809700559
Yu Dan :
Le bonheur selon Confucius
Éditions Belfond 2009
Michèle Moioli :
Apprendre à philosopher avec Confucius
, Éditions Ellipses, 2011
ISBN
978-2-7298-6385-2
Danielle Elisseeff,
Confucius, Les Mots en Action
, Paris, 2003
Jean Lévi,
Confucius
, Paris, 2003
Jean-Paul Desroches
et al.
Confucius, à l'aube de l'humanisme chinois
, Paris, 2003
José Frèches
Moi, Confucius
, XO édition, 2013
Defu Guo
Biographie illustrée de Confucius
, Pages chinoises, 2 tomes, 2016
ISBN
109539102X
Jean Levi
Les Assassins de Confucius
, Hermits United 2025
ISBN
978-1-916658-26-4
Livres-audio
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Dialogue avec ses disciples
de Confucius, Éditions Thélème, Paris, 2007.
Livres pour enfants
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Chun-Liang Yeh,
Confucius. Toute une vie
, illustré par Clémence Pollet, éditions
HongFei Cultures
, 2018
ISBN
978-2-35558-132-8
Filmographie
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Films sur la vie de Confucius :
Confucius
, 1940, de
Fei Mu
Confucius
, 2010, de Hu Mei.
Film dont le titre porte son nom :
Confusion chez Confucius
, 1994, de
Edward Yang
Épisode de la série
Points de Repères
Confucius et la Pensée chinoise
" diffusé sur
Arte
Hommage
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L'astéroïde
(7853) Confucius
a été nommé en son honneur.
Institut Confucius, Lycée Jeanne d'Arc, Clermont-Ferrand, Auvergne-Rhône-Alpes
16
Institut Confucius, université d'Orléans.
A Montpellier, un rond-point porte son nom depuis 1989
17
Notes et références
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Gerhard J. Bellinger
Encyclopédie des religions
ISBN
978-2-253-13111-3
Hervé Beaumont,
Chine
, Éditions Marcus,
2008
p.
116
Yang Huanyin, «
CONFUCIUS (K’UNG TZU) : –551 / –479
»,
Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée
, Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation,
vol.
XXIII
os
1-2,
mars-juin 1993
p.
215-223
lire en ligne
[PDF]
(en)
Phan, Peter C.,
Catholicism and Confucianism : An intercultural and interreligious dialogue
, New York, Oxford University Press,
2012
, 222
p.
ISBN
978-0-19-982787-9
lire en ligne
, page 170
Histoire comparative des idées politiques
, Maurice Robin, 1988
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(consulté le
17 mai 2025
Voir aussi
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Articles connexes
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Temple de Confucius
Cimetière de Confucius
Les
instituts Confucius
sont des centres d'enseignement du
chinois mandarin
et de diffusion de la culture chinoise, créés par le gouvernement de la
Chine
Confucianisme
: l'une des plus grandes écoles philosophiques, morales, politiques et dans une moindre mesure religieuses de Chine.
Période des Printemps et Automnes
et
Période des Royaumes combattants
: périodes de développement de la pensée de Confucius et de ses disciples
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215-223
Université du Québec, Chine ancienne
Les Entretiens de Confucius
, traduction
S.Couvreur
Les quatre livres de philosophie morale et politique de la Chine par Confucius et Mencius, traduit par G. Pauthier
Quelques extraits en lien avec Confucius sur Confucius.org
Un débat pédagogique dans le confucianisme antique
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