BOOKS by Jean-Jacques Glassner

Le devin historien en Mésopotamie propose une approche simultanée de la divination et de l'histoi... more Le devin historien en Mésopotamie propose une approche simultanée de la divination et de l'histoire, deux domaines dont les devins furent les bâtisseurs. Ils s'y révélèrent de grands herméneutes, usant de la sémiologie pour identifier les signes, qu'ils perçurent comme des signes d'écriture, et de l'herméneutique (ils étaient formés à la pensée hypothético-déductive) pour en découvrir les multiples sens. À distance du réel, ils firent pénétrer leurs interlocuteurs dans l'univers du possible. La divination investiguant le passé, le présent et l'avenir, elle était préoccupée par l'histoire, qu'elle mettait en rapport avec la nature et le cosmos. En 1946, Jean Nougayrol comptait 106 présages historiques, duplicatas compris. À ce jour, la liste s'en élève à 385, duplicatas exclus. À elle seule, cette liste fait de l'ouvrage un livre de référence.

Research paper thumbnail of Marhashi
L'onomastique de Marha¡i. Les découvertes de Jiroft remettent à l'ordre du jour les études sur Ma... more L'onomastique de Marha¡i. Les découvertes de Jiroft remettent à l'ordre du jour les études sur Marha¡i dont le nom servit à désigner, en akkadien, une pierre marha¡u ou marhu¡u (CAD M/1 pp.280-281). P. Steinkeller (ZA 72, 1982, pp.237-265) situait ce pays en Iran du Sud-Est, possiblement au Kerman. P. Amiet observait pour sa part, dès 1986, que les vases en chlorite sur lesquels R•mu¡ avait fait graver une inscription relatant sa victoire sur l'Élam et Marha¡i (D.R. Frayne, Sargonic and Gutian Periods, RIM Early Periods 2, Toronto, 1993, pp.60ss) étaient des produits de la « culture de Marhashi » et non les représentants d'un vague « style interculturel » (P. Amiet, L'âge des échanges inter-iraniens, Paris, 1986, pp.138 et 147). Il apparaît maintenant que la « culture de Marha¡i », pour reprendre l'expression de P. Amiet, est nettement distincte de celle de l'Élam. Or, cette différence était déjà perçue par les anciens Mésopotamiens qui reconnaissaient dans Marha¡i un État ne faisant pas partie intégrante de l'entité élamite et de la pluralité des royaumes qui la composaient. Sargon et R•mu¡, dans leurs proclamations, établirent bien cette différence lorsqu'ils se dirent les vainqueurs de l'Élam et de Marha¡i, prenant garde de séparer soigneusement les deux toponymes. Certes, des alliances pouvaient se nouer, notamment lors de coalitions, ou des conquêtes se produire, Marha¡i entrant alors dans la mouvance élamite. C'est à un tel état de fait que R•mu¡ mit un terme : suhu¡ Pá-ra-ah-∞um ki in kalam Elam ki i-∞ú-uh, « il extirpa les fondements de Marha¡i du pays d'Élam » (D.R. Frayne, op.cit., p.56 : 26-29), signifiant par ces mots qu'il mettait fin à l'emprise de Marha¡i sur son voisin élamite. Plus tard, Ilum-muttabbil de DŸr mit l'accent à son tour sur cette distinction (CT 21, pl.1, 91084 : 9-16) lorsqu'il se proclama ma-hi-iß qá-qá-ad um-ma-an An-¡a-an ki Elam-tim Si-ma¡-ki-im ù ri-iß Ba-ra-ah-¡i-im ki , « le pourfendeur de l'armée d'An¡an, d'Élam (et) de Sima¡ki, et l'allié de Marha¡i ». Quant à Hammurabi de Babylone, il évoquait encore, dans une formule laconique de nom d'année, le pays d'Élam qui s'étendait « depuis la frontière de Marha¡i » (zag Mar-ha-¡i ki-ta ; A. Ungnad, RlA 2, p.180a, n o 132). Les inscriptions royales paléo-akkadiennes et les textes administratifs d'Ur III nous font connaître un certain nombre d'anthroponymes provenant de Marha¡i. Les inscriptions de Sargon et de R•mu¡ mentionnent, parmi les vaincus, les noms de A-ba-alga -ma¡, roi de Marha¡i, Da-gu, un frère du roi, Si-id-ga-ú, et Ul-u[l], deux généraux, enfin Kùn-du-pum, un juge (D.R. Frayne, op.cit., pp.23-26, 52-53, 56-57 ; le nom est lu Kum-du-pum par I.J. Gelb et B. Kienast, FAOS 7, 1990, p.188 et passim). En l'état des connaissances, aucun de ces anthroponymes ne peut être rapproché d'une onomastique élamite. Par contre, le dernier a toute l'apparence d'un nom sémitique. Les documents d'Ur III mentionnent également plusieurs anthroponymes et, en premier lieu, celui d'un nouveau roi, Li-pá-nu-uk-¡a-pá-a¡, ensí de Marha¡i, associé à ceux de deux de ses messagers (kin.gi 4 .a), Li-pá-an/na-a¡-ku 8-pí et A-mur-dingir (pour ces trois noms, on trouvera toutes les références utiles dans D.I. Owen, Syrians in Sumerian Sources from the Ur III Period, dans M.W.

Research paper thumbnail of La peur des images Séminaires organisés par
Tel est donc tout ce que nous plaçons sous le titre de « la peur des images ». Au-delà du simple ... more Tel est donc tout ce que nous plaçons sous le titre de « la peur des images ». Au-delà du simple inventaire des manifestations, plus ou moins violentes et plus ou moins conscientes, de l'hostilité manifestée à l'égard des images, c'est à la recherche des raisons qui pouvaient les motiver que nous avons voulu nous atteler. Cette tentative ne pouvait avoir quelque chance de succès qu'en ouvrant le plus largement possible l'éventail des contextes d'apparition des images et celui des modalités de leur approche. C'est la raison pour laquelle nous avons souhaité, autant que faire se peut, faire intervenir à chacune des séances des spécialistes de cultures différentes, en l'occurrence ceux du Moyen-Orient ancien et celui du monde gréco-romain qui nous étaient le plus familiers. La différence de ces deux univers mais aussi, d'une certaine façon, leur filiation, (l'un, gréco-romain, ayant été très marqué par celui qui l'a précédé et fortement influencé par contact direct dans l'Est méditerranéen) permettait l'observation de cas multiples et complémentaires. Quant à l'intervention régulière dans ce séminaire des spécialistes autres qu'historiens ou historiens de l'art, les anthropologues, sociologues, psychanalystes, philosophes, etc., elle était déterminante car elle donnait accès au renouvellement de la réflexion et des problématique suscité par les pratique contemporaines de l'images. La philosophe Catherine malabou dans son intervention intitulée La substitution de la forme à la trace comme dans l'imagerie numérique cérébrale, s'est interrogée sur le statut de l'image à partir de l'examen des nouvelles techniques d'imagerie numérique médicale. « Leur apparition, celle de l'IRM en particulier, a changé l'image, au double sens physique et symbolique, que nous avions de notre cerveau. Dans quelle mesure ces nouvelles images sont-elles, au-delà de simples clichés, des documents sur notre psychisme ? De l'écriture-trace inconsciente chez Freud aux assemblées de neurones contemporaines, quelle lisibilité ? Quelle visibilité ? ». Cette contribution dont l'ampleur ne pouvait raisonnablement être restreinte aux limites qu'imposaient la publication des seuls résumés ici présentés, sera peut-être publiée ailleurs. Trois communications ont concerné le Poche-Orient ancien. Michaël jasmin en traitant de Images et aniconisme en terres monothéistes. Sur les images et la non-représentation depuis l'âge du Bronze jusqu'au XXIe s. av. J.-C. a brossé un panorama de la production des images au Levant sud (Israël, Palestine, Jordanie) depuis l'âge du Bronze (III e-II e millénaire av. J.-C.) jusqu'à la production photographique contemporaine. L'interrogation a porté sur ce qui a pu déterminer le choix de l'aniconisme ou de la représentation dans le contexte géographique du Levant désertique, avec le Néguev et le Sinaï, marqué par les monothéistes. Cette réflexion s'est prolongée et enrichie avec l'intervention de Irène Winter, The power of images as a precondition of the fear of images ? Le passage, au demeurant si facile, de l'aniconisme à l'iconoclasme a été interrogé. Dans le contexte moyen-oriental, les images peuvent être dotées d'une puissance divine ; pour cette raison peut-être, on a pu passer de leur vénération à l'iconoclasme, suite à des changements politiques ou des évolutions idéologiques. A titre de comparaison a été évoquée, la peur des images dans la tradition judéo-chrétienne et musulmane. La communication de Jean-Jacques Glassner, Le double efficace : meurtre en Mésopotamie, entreprend le décryptage de la conception que les Introduction : De tout temps, « la peur des images »… ~ Luc Bachelot Julie Patrois (Les Graffitis mayas préhistoriques, un moyen d'expression populaire) apporte ici l'éclairage de l'Amérique précolombienne. Elle montre qu'une forme d'art, souvent considérée comme mineure, les graffiti, en n'étant jamais que le fait de classes sociales privées de tout moyen d'expression publique, révèle une vitalité étonnante, que l'art officiel malgré ses choix exclusifs en faveur de la grandeur royale, ne parvint jamais à étouffer. L'exclusion de la place publique, signe d'une volonté de domination finalement apeurée, ne put guère contraindre au silence ceux qui pourtant n'avaient pas voix au chapitre. Sont représentées scènes festives avec musique et danse, érotiques, portraits de vieillards et femmes enceintes, etc. Lançant un pont entre l'Antiquité et la période moderne, Itzhak GoldberG (La représentation de la divinité dans la tradition juive et dans l'art contemporain israélite) met en évidence la puissance concurrentielle de l'image face au dieu unique et les stratégies adoptées pour s'en prémunir. Inaccessible, même au regard, tel est, selon la religion juive, le visage de Dieu. En témoigne la terrible parole qu'adresse l'Éternel à Moïse : « Tu ne pourras pas voir ma face car l'homme ne peut pas me voir et vivre ».Voir la face de Dieu sur terre, c'est entrer avec lui dans un rapport immédiat, être l'objet d'une faveur surnaturelle. C'est cette rencontre impossible avec la Face divine qui reste la véritable interdiction biblique, mais à laquelle s'oppose de différentes façons une part importante de la production artistique contemporaine israélienne. Fabrice Flahutez (La fabrique de l'inconscient chez Hans Bellmer selon l'Unheimliche freudien) enfin, fait porter la réflexion sur l'application du concept freudien de l'Unheimliche (le sentiment d' « inquiétante étrangeté ») sur toute une série d'images qui produisent un malaise et un sentiment d'inquiétante étrangeté. Les artistes surréalistes et notamment Hans Bellmer ont utilisé la série photographique pour produire des images qui exploitent ce concept d'une façon inégalée. Ces oeuvres fascinent tout autant qu'elles font peur parce qu'elles misent sur un rapprochement entre la vie et la mort. On ne peut qu'être frappé de la proximité dans leur fonctionnement des « regards aphanes » de la céramique grecques et de ces oeuvres contemporaines, malgré l'usage de codes iconographiques absolument différents. C'est là sans doute que nous trouvons toute la légitimité des stratégies de rapprochement entre époque et champs disciplinaires différents que nous poursuivons dans ce séminaire sur la peur des images depuis des années.

ḫubullum, ṣibtum und melqētum. Zu Bezeichnungen konsumptiver Kredite in den altbabylonischen Edik... more ḫubullum, ṣibtum und melqētum. Zu Bezeichnungen konsumptiver Kredite in den altbabylonischen Edikten .

Dans le courant du IV e millénaire, entre différents centres urbains de Mésopotamie, s'échangent ... more Dans le courant du IV e millénaire, entre différents centres urbains de Mésopotamie, s'échangent des enveloppes d'argile marquées d'un système de notation qui enregistre des transactions commerciales. Progressivement, de nouveaux signes vont être créés pour consigner l'infinité des énoncés de la langue orale. Comment vint à l'homme l'idée d'inventer l'écriture

ḫubullum, ṣibtum und melqētum. Zu Bezeichnungen konsumptiver Kredite in den altbabylonischen Edik... more ḫubullum, ṣibtum und melqētum. Zu Bezeichnungen konsumptiver Kredite in den altbabylonischen Edikten .

Dans le courant du IV e millénaire, entre différents centres urbains de Mésopotamie, s'échangent ... more Dans le courant du IV e millénaire, entre différents centres urbains de Mésopotamie, s'échangent des enveloppes d'argile marquées d'un système de notation qui enregistre des transactions commerciales. Progressivement, de nouveaux signes vont être créés pour consigner l'infinité des énoncés de la langue orale. Comment vint à l'homme l'idée d'inventer l'écriture

Research paper thumbnail of cptrdu Manfred Krebernik
Le petit ouvrage de Manfred Krebernik a pour objet de présenter les divinités et les principaux m... more Le petit ouvrage de Manfred Krebernik a pour objet de présenter les divinités et les principaux mythes de l'Orient ancien à un public cultivé. Après la rapide et indispensable introduction sur les temps et les lieux, l'auteur procède à une exposition des sources. Tout en insistant sur le caractère essentiellement polythéiste de l'univers divin, il attire l'attention du lecteur sur la tentation monothéiste qui se révèle, selon lui, dans les cultes consacrés à Aton, Yahvé, Assur et Marduk, voire Sîn sous le règne de Nabonide, évoquant au passage le vieille thèse, aujourd'hui sujette à réévaluation, de l'évolution des croyances depuis le polythéisme vers le monothéisme, en passant par l'hénothéisme et la monolâtrie. Au sein du polythéisme, les divinités se distinguent par leurs noms, leurs fonctions cosmiques, leurs attributs, leur organisation en panthéons. Il expose succinctement des concepts clefs de la culture sumérienne, comme « me », les « forces vitales », et « nam », le « destin ». Il achève son parcours parmi les dieux avec les portraits des principales divinités vénérées dans l'ancien Orient, avant de se livrer à un exposé des principaux mythes et de la vie religieuse qui vise à la préservation de la relation verticale entre les dieux et les hommes, sans laquelle l'univers serait menacé de destruction.

Cet article propose l'édition d'un texte de Sultantepe qui classe divers exorcismes en fonction d... more Cet article propose l'édition d'un texte de Sultantepe qui classe divers exorcismes en fonction de la date à laquelle il convient de les accomplir.

Un recueil d'extispicine d'époque paléo-babylonienne : MAH 15994, J. Nougayrol, RA 63, 1969, pp. ... more Un recueil d'extispicine d'époque paléo-babylonienne : MAH 15994, J. Nougayrol, RA 63, 1969, pp. 153-157. Collationné.

Les Mésopotamiens créèrent des objets, des images et des signes qui avaient une fonction précise.... more Les Mésopotamiens créèrent des objets, des images et des signes qui avaient une fonction précise. À la suite d'une cristallisation de concepts produite par l'archéologie, on a pris l'habitude de parler à leur propos de « représentations ». Il est préférable d'y voir davantage des « présentification ». Tel fut le sens de šlm dans la Genèse, à propos du premier homme qui fut « à l'image de Dieu », entendons qu'il fut la manifestation de la puissance divine.