Madagascar — Wikipédia
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Pour les articles homonymes, voir
Madagascar (homonymie)
République de Madagascar
(mg)
Repoblikan'i Madagasikara
Drapeau de Madagascar
Emblème de Madagascar
Devise
en
malgache
Fitiavana, Tanindrazana, Fandrosoana
(« Amour, Patrie, Progrès »)
Hymne
en
malgache
Ry Tanindrazanay malala ô
(« Ô, notre chère patrie »)
Fête nationale
26 juin
· Événement commémoré
Indépendance
vis-à-vis de la
France
1960
Administration
Forme de l'État
République
unitaire
régime semi-présidentiel
Chef de l'État
Michaël Randrianirina
Premier ministre
Mamitiana Rajaonarison
Président du Sénat
Vacant
Président de l'Assemblée nationale
Siteny Randrianasoloniaiko
Parlement
Parlement malgache
Chambre haute
Chambre basse
Sénat
Assemblée nationale
Langues officielles
Malgache
Capitale
Antananarivo
18° 54′ 44″ S, 47° 31′ 18″ E
Géographie
Plus grande ville
Antananarivo
Superficie totale
587 041
km
classé
48
Superficie en eau
0,95 %
Fuseau horaire
UTC
+3
Histoire
Entités précédentes
Colonie de Madagascar et dépendances
Royaume de Madagascar
Indépendance
France
26 juin 1960
(65 ans)
Royaume de Madagascar
1817-1897
Colonie de Madagascar et dépendances
1897-1958
République malgache
re
République)
1958-1975
République démocratique malgache
II
République)
1975-1992
République de Madagascar
III
République)
1992-2010
République de Madagascar
IV
République)
2010-
Démographie
Gentilé
Malgache
Population totale
(2023
30 325 732
hab.
classé
53
Densité
52
hab.
/km
Économie
PIB nominal
2025
19,38 milliards de
dollars
PIB
(PPA)
2025
64,14 milliards de
dollars
PIB
(PPA)
par hab.
2013
1 414
dollars
Monnaie
Ariary
MGA
Développement
IDH
2021
0,501
(faible ;
173
IDHI
2021
0,367
133
Coefficient de Gini
2012
42,6 %
Indice d'inégalité de genre
2021
0,556
143
Indice de performance
environnementale
2022
28,0
167
Divers
Code ISO 3166-1
MDG, MG
Domaine Internet
.mg
Indicatif téléphonique
+261
Code sur plaque minéralogique
RM
M (sur certaines plaques)
Organisations internationales
Nations unies
20 septembre 1960
Union africaine
(adhésion le
25 mai 1963
, mais suspendue depuis le 15 octobre 2025
FMI
25 septembre 1963
OIF
20 mars 1970
SADC
5 aout 2005
COMESA
BAD
INBAR
CIR
G33
CAMES
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Madagascar
(en
malgache
Madagasikara
), en forme longue
république de Madagascar
(en
malgache
Repoblikan'i Madagasikara
), est un
État insulaire
situé dans l'
océan Indien
et géographiquement rattaché au
continent africain
, dont il est séparé par le
canal du Mozambique
. Longue de 1 580
km
et large de 580
km
, Madagascar couvre une superficie de 587 000
km
qui la classe
quatrième île du monde
, après le
Groenland
, la
Nouvelle-Guinée
et
Bornéo
. Sa capitale est
Antananarivo
et le pays a pour monnaie l'
ariary
. Ses habitants, les
Malgaches
, sont un peuple issu d'un mélange de populations d'origines
austronésiennes
et
est-africaines
(bantoues)
avec des influences arabes, indiennes et européennes, à degrés variables selon les régions mais parlant une
langue malayo-polynésienne
: le
malgache
. Le pays est entouré par d'autres îles et archipels : les
Comores
(dont
Mayotte
), les
Mascareignes
(dont
La Réunion
et
Maurice
), les
îles Éparses
et les
Seychelles
10
. Une revendication sur les îlots des éparses, autrefois rattachés au
protectorat français de Madagascar
, a été émise par Madagascar en 1973
11
[réf. à confirmer]
Durant la majeure partie du
XIX
siècle, l'île est administrée par le
royaume de Madagascar
, cette administration s'exerce dans le cadre du
protectorat français de Madagascar
dès 1885, à la suite de la
première expédition militaire
qui dura deux ans. Considérant que le protectorat est peu appliqué par le gouvernement malgache, la
France
organise une
deuxième expédition militaire
à partir de 1895. Les établissements français de
Diego-Suarez
, de
Nosy Be
et de l'
île Sainte-Marie
sont rattachés au protectorat le
28 janvier 1896
. Les troubles consécutifs à l'intervention militaire française conduiront, en 1897, à la fin de l'autonomie malgache, à l'annexion de l'île par la France et à la réunion de l'ancien protectorat et d'autres territoires français au sein de la
colonie de Madagascar et dépendances
Le premier gouvernement autonome malgache renaît le
14 octobre 1958
lorsque la république de Madagascar est proclamée sur le territoire de l'ancien protectorat (territoire de l'ancien royaume mérina et des anciens établissements français de Diego-Suarez, de Nosy Be et de l'île Sainte-Marie) tout en restant membre de la
Communauté française
. En 1960, comme d'autres pays africains francophones, la République malgache accède à l'indépendance, ce qui fait du pays l'un des premiers à devenir souverain dans cette zone de l'
océan Indien
Le pays est divisé en six anciennes
provinces
faritany
) historiques, de même nom que celui de leurs capitales :
Antananarivo
(ou Tananarive),
Antsiranana
(ou Diego-Suarez),
Fianarantsoa
Majunga
(ou Mahajanga),
Tamatave
(ou Toamasina) et
Toliara
(ou Tuléar).
Durant vingt siècles, Madagascar a été façonnée par des peuples venant d'horizons divers (Afrique, Sud-Est asiatique (
Indonésie
), Proche-Orient,
Europe
etc.
) pour créer la société pluriculturelle malgache actuelle. Ce pays de plus de
30 millions
d'habitants est très diversifié sur le plan culturel et compte
18 ethnies
distinctes (
foko
= « groupe », « tribu », « caste »), ou nations autochtones, parlant chacune un dialecte malgache, ainsi que trois minorités arrivées au cours des trois derniers siècles, les
Karanes
, les
Sinoas
et les
Vazahas
Madagascar appartient au groupe des
pays les moins avancés
selon l'
ONU
12
. En effet, Madagascar fait face à une croissance insuffisante et une pauvreté persistante, en grande partie à cause de faiblesses de la gouvernance
13
En 2026, la population de Madagascar est de 33 321 353 habitants
14
Géographie
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Articles détaillés :
Géographie de Madagascar
et
Environnement à Madagascar
Toponymie
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L'île de Madagascar est nommée de bien des façons au cours des siècles par les différents peuples qui l'ont visitée : on lit chez les navigateurs les noms de
Ménouthias
(dans la
Géographie
de
Ptolémée
, mais il n'est pas sûr qu'il désigne bien cette île),
Phébol
Qanbalû
(par les Arabes),
Bukini
(en swahili),
Wakwak
(pour certains peuples malgaches),
Cerné
Malichu
ou
Madeigester
, sans qu'il soit toujours certain que tous ces témoignages se rapportent bien à la même île
15
Le nom arabe de Madagascar est «
Ķ(u)mr’
» (homonyme d'une montagne africaine, peut-être le
Kilimandjaro
et non de la lune -
qamar
- comme souvent affirmé), qui a peut-être désigné toutes les îles situées sous le
nuage de Magellan
avant d'être finalement réservé aux îles
Comores
(«
Jouzour al qomr
»)
16
. Quant aux Portugais, ils la baptisent brièvement
São Lourenço,
découverte par
Diogo Dias
, le
10 août 1500
, jour de la
Saint Laurent
17
16
Le terme
« Madagascar »
est d'origine européenne et semble être une translittération de l'
arabe
ملاي جزيرة
soit
malay-jazayra
« île
malaise
(les Arabes ayant remarqué la
parenté linguistique
entre Malgaches et Malais, avec qui ils commerçaient). Ce mot a d'ailleurs également eu des traductions latines en
malai insula
, abrégé en
malains[h]u
puis
Malichu
, forme que l'on retrouve sur certaines cartes de la
Renaissance
15
Pour d'autres, le nom de « Madagascar » serait issu d'une faute de scribe écrivant le nom
persan
de l'île
Madagasbar
, puisque
Madgâshî-bar
signifierait dans cette langue le « pays des malgaches »
18
Certaines sources suggèrent que ce serait également l'étymologie de
Ķ(u)mr’
, qui pourrait être apparenté à
khmer
(même si
Khmers
et Malais sont des peuples bien distincts)
16
Situation, délimitation
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Situé dans la partie sud-ouest de l'
océan Indien
, au sud de l'
équateur
et traversé par le
tropique du Capricorne
, Madagascar est la quatrième plus grande
île du monde en superficie
(591 896
km
19
après le
Groenland
, la
Nouvelle-Guinée
et
Bornéo
. Elle fait partie de l'
Afrique
, le
canal du Mozambique
, d'une largeur d'environ 400
km
, la séparant de l'
Afrique de l'Est
continentale.
La Grande Île, parfois appelée « l'île Rouge » en référence à la
latérite
qui colore ses plateaux, s'étire sur 1 580
km
du nord au sud, pour 500
km
d'est en ouest avec un maximum à 575
km
, et comporte 4 828
km
de côtes. Elle est entourée de l'
archipel des Comores
(300
km
au nord-ouest), des
Seychelles
(1 000
km
au nord), de
La Réunion
(800
km
à l'est), de l'
île Maurice
(868
km
à l'est), du
Mozambique
(400
km
à l'ouest) et est ceinturé par les
îles Éparses de l'océan Indien
Tromelin
Glorieuses
Juan de Nova
Bassas da India
et
Europa
).
Relief
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Le relief divise le pays en trois bandes : à l'est, une étroite bande de falaises s'aplanit brusquement en une mince plaine côtière bordée par l'océan Indien ; des
hauts plateaux
au centre, enfin à l'ouest, une zone plus large et plus étalée, occupée par des plaines alluvionnaires à faible déclivité jusqu'au
canal du Mozambique
Les
hauts plateaux
centraux dans le sens nord-sud ont une altitude oscillant entre 800 et 1 500
et couvrent 60 % de l'île ; ils s'élèvent brusquement lorsqu'on approche le pays par la côte est et descendent beaucoup plus doucement vers les vastes plaines de l'Ouest. Les hauts plateaux comptent trois principaux massifs : au nord, le
Tsaratanana
, qui possède le plus haut sommet de l'île (un pic volcanique de 2 876
d'altitude, le
Maromokotro
), au centre le massif volcanique de l'
Ankaratra
avec 2 642
d'altitude au
Tsiafajavona
et au sud l'
Andringitra
, qui culmine au
pic Boby
à 2 658
Un
caméléon panthère
dans le
Parc national de la Montagne d'Ambre
Outre ces ensembles montagneux majeurs, on distingue aussi au nord, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest du Maromokotro, dans la
région Diana
, la chaîne Tsiafapandroaka, dont l'altitude moyenne est de 508
. Toujours dans la même région, on trouve la chaîne de l'Andrafiamena, qui culmine à une altitude de 760
. Elle fait partie de l'
aire protégée Andrafiamena-Andavakoera
. Au sud-ouest, répartie sur les régions
Menabe
et
Atsimo-Andrefana
, se situe la chaîne de Makay, d'une longueur de 120
km
sur 50
km
de large et culminant à environ 750
d'altitude. Très sauvage, sillonné de nombreux canyons, cet ensemble montagneux est encore peu connu du grand tourisme. Plus au sud, dans la région d'
Ihorombe
, se dresse le massif de l'Isalo, très original par son
relief ruiniforme
et ses canyons, et qui, pour ces raisons, a fait l'objet d'un
parc national
20
. Son altitude atteint 1 304
au Mitsinjoroy
21
. Au sud et sud-est, en se dirigeant vers la côte orientale, on rencontre les monts de l'Ivakoany, qui s'élèvent à 1 644
. De là partent vers le nord les
monts Kalambatritra
(1 842
) qui séparent la vallée de l'
Onilahy
(qui coule vers le
canal du Mozambique
) de celle de l'
Ionaivo
(qui coule vers le nord pour se jeter dans la
Mananara
22
La côte orientale est bordée de lagons abrités par une barrière de corail. La côte nord-ouest (sur le canal du Mozambique) comporte de nombreuses îles dont celles de
Nosy Be
et
Nosy Mitsio
Hydrographie
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Articles détaillés :
Liste des cours d'eau de Madagascar
et
Liste de lacs à Madagascar
Le fleuve
Fiherenana
, sur le versant ouest.
L'hydrographie de Madagascar est caractérisée par une distribution asymétrique de ses
cours d'eau
, influencée par la topographie et les précipitations. À l'est de l'île, les cours d'eau sont abondants et longs, coulant à travers des régions forestières et montrant une forte pente, alimentés par les précipitations régulières. Ces cours d'eau, tels que le fleuve
Mananjary
, maintiennent un débit constant tout au long de l'année, bien que leur eau puisse prendre une teinte brunâtre due à l'érosion accrue des terres forestières. En revanche, les fleuves de l'ouest, prenant source sur les
hautes terres
, sont généralement plus longs mais moins abrupts, avec des variations saisonnières marquées de débit, influencées par les saisons de pluie et de sécheresse. Ces cours d'eau, comme le
Mangoky
, présentent des crues impressionnantes pendant la saison des pluies, teintées en rouge par l'érosion des sols occidentaux. Les plaines de l'ouest peuvent être sujettes à des inondations dévastatrices après le passage de cyclones, affectant les habitants et leurs cultures
23
24
Le
lac Tritriva
, d'origine volcanique
Les étendues d'eau de Madagascar, couvrant environ 0,94
de la superficie totale, forment un ensemble diversifié
23
, entre autres:
des
lacs
naturels tels que le
lac Alaotra
(le plus grand du pays), le
lac Kinkony
, le
lac de cratère
d'
Itasy
et le
lac salé
de
Tsimanampetsotsa
des
lacs de barrage
, utilisés pour l'irrigation ou pour la production d'électricité, tels que le
lac Mantasoa
et le
lac Tsiazompaniry
Île éparses
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En 1896, l'empire colonial français déclare que « Madagascar et les îles qui en dépendent » deviennent colonie française. Les
îles Éparses de l'océan Indien
deviennent alors un territoire administré depuis le protectorat de Madagascar. Mais, à la veille de l'
indépendance
de Madagascar (
26 juin 1960
), l'État français promulgue un décret détachant « nommément le récif de Tromelin, l'archipel des Glorieuses et les îlots Juan de Nova, Europa et Bassas da India du territoire de la République autonome de Madagascar » (qui fut créé le
14 octobre 1958
) pour les placer sous l'autorité directe du ministre responsable de la France d'outre-mer.
Au moment de l'indépendance malgache, l'intérêt
géopolitique
des îles Éparses de l'océan Indien est central, ces îles étant situées sur une importante route maritime permettant de relier l'
Asie
et le
Moyen-Orient
à l'
Europe
et l'
Amérique
, comportant une importante
zone économique exclusive
(ZEE) et pouvant servir de site d'
essai nucléaire
. C'est dans ce contexte que le
général de Gaulle
réaffirme l'importance de l'absence de prétentions de souveraineté de Madagascar sur ces îles :
« Je mets en garde le
Quai d'Orsay
pour n'importe quelle emprise de Madagascar sur les îles et îlots français avoisinants. Cela ne se justifie d'aucune manière et risque d'entraîner des inconvénients. Les îles et îlots peuvent revêtir pour nous une importance réelle, notamment en ce qui concerne nos expériences atomiques. Je n'approuve donc pas qu'on introduise Madagascar en quoi que ce soit qui se passe dans ces îles, notamment en ce qui concerne la météo
25
26
. »
Géologie
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Article détaillé :
Géologie de Madagascar
Carte des terres émergées au
Trias
, montrant deux supercontinents, la
Laurasie
et le
Gondwana
Mouvements continentaux dans le cadre de la
tectonique des plaques
Parc national de l'Isalo
La
tectonique des plaques
montre qu'au
Permo-Trias
(250-
200
Ma
), Madagascar, l'
Inde
, l'
Afrique
, l'
Australie
, l'
Antarctique
et l'
Amérique du Sud
étaient réunis en un
supercontinent
appelé
Gondwana
, qui commençait à se démanteler. Il y a
250 millions
d'années, le Gondwana se disloque pour former les cinq
continents
: à une première phase de formation de
rift
qui débute au Permo-Trias, succède une phase d'
ouverture océanique
du
Jurassique moyen
au
Crétacé supérieur
(180-70
Ma
) : ceci donne naissance aux
bassins
de
Somalie
au nord et du
Mozambique
au sud, reliés par la
ride de Davie
. La
plaque indo-malgache
est alors entraînée vers le sud
27
. L'extension de la
dorsale centrale indienne
, il y a 150
Ma
, sépare l'Inde de Madagascar avec un épisode de compression le long de la ride de Davie alors exhumée. Au cours de cette ouverture océanique se forme un
épaulement
de rift (à l'origine des actuels
Ghats occidentaux
, chaîne de montagnes de l'Ouest indien). L'Inde opère ensuite une remontée du sud au nord vers l'Asie, il y a entre 150 et 50 millions d'années, à une vitesse estimée à environ 15
cm
par an : ce processus aboutit à une
collision avec la plaque eurasiatique
(au niveau de l'ancien
Tibet
), provoquant la surrection de l'Himalaya et l'expulsion du bloc indochinois vers le sud-est
28
L'amincissement lithosphérique et la remontée asthénosphérique à la hauteur de Madagascar suggèrent que l'île est soumise à une extension Est-Ouest depuis le
Miocène
, contemporaine et de direction parallèle à l'ouverture du
rift Est-Africain
. Ainsi, le rifting afromalgache qui se développe actuellement témoigne de la reprise, depuis le
Néogène
, du démantèlement du Gondwana
29
Cette origine permet d'expliquer l'existence d'une
faune
et d'une
flore
communes à Madagascar et au sud des continents africain, asiatique et américain, ainsi que des profils géologiques très proches.
Néanmoins, l'isolement de Madagascar au cours des temps géologiques a fait évoluer la faune et la flore de façon unique. On trouve donc sur la Grande Île des espèces particulières qui n'existent nulle part ailleurs (
endémiques
), dont les
lémuriens
sont un exemple célèbre (bien qu'on puisse en trouver sur l'
archipel des Comores
). D'un point de vue géologique, on retrouve dans la structure de la Grande Île toutes les périodes de l'histoire de la planète.
Le point culminant de Madagascar est le
Maromokotro
dans le massif du Tsaratanana dans le massif volcanique nord, qui culmine à 2 876
d'altitude.
Du fait de son relief, Madagascar réunit une véritable mosaïque de paysages. L'île est faite de contrastes entre le
bush
du grand Sud, les forêts humides de l'est, les hauts plateaux granitiques du centre, parfois surmontés de
massifs volcaniques
et les savanes des collines sédimentaires de l'ouest.
L'île de Madagascar bien que faisant partie de l'
Afrique
, est parfois surnommée
« le huitième
continent
30
Climat
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Madagascar est découpé en cinq zones climatiques :
au nord et nord-ouest, la région reçoit des pluies annuelles abondantes pendant la
mousson
, période qui dure de décembre à avril. Le climat est de
type tropical
et les températures varient de
15
37
°C
sur la côte est, du nord-est au sud-est, règne un
climat tropical humide
et la côte rectiligne est exposée annuellement aux
alizés
et aux
cyclones tropicaux
dévastateurs, entre les mois de janvier et mars ;
la grande région de l'ouest de Madagascar est moins pluvieuse que la précédente et se caractérise par un
climat tropical de savane
. Les températures y varient de
37
°C
au centre de l'île, les Hautes Terres se trouvent à une altitude qui varie de 1 200 à 1 500
. Le climat peut être assimilé à un climat de type
subtropical
à pluies estivales dominantes, avec des températures annuelles moyennes de l'ordre de
20
°C
l'extrême sud de la Grande Île est très sec et les pluies sont rares. L'amplitude thermique est très élevée allant de
−6
40
°C
. Le climat est de type
subdésertique
L'île subit l'influence des alizés et de la mousson. Il existe deux saisons : la saison des pluies (saison chaude), de novembre à avril, et la saison sèche (saison fraîche), de mai à octobre.
Dans le passé, d'importantes variations climatiques et environnementales (
« hypervariations »
) semblent avoir touché certaines parties de la grande île
31
, qui pourraient expliquer le
« nanisme »
de certaines espèces de lémuriens (
microcèbes
32
Madagascar est particulièrement exposée au
changement climatique
33
. L'île a en effet été classée septième pays le plus affecté par le changement climatique en 2017 par le
Global Climate Risk Index
. Dans une étude publiée par le
WWF
en
mars 2019
, l'
ONG
écrivait que
« les résultats des projections des scientifiques sur la Grande Ile sont alarmants. Même si nous limitons l'augmentation de la température de la Terre à
°C
— objectif des pays signataires de l'
accord de Paris
—, la situation climatique sera insoutenable pour 25 % des espèces de Madagascar. Ce qui provoquera leur extinction dans les
années 2080
34
Fin janvier 2022, la
tempête Ana
provoque la mort de
48 personnes
et le déplacement de 72 000 Malgaches ayant perdu leur maison
35
Milieu naturel
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La
déforestation
et la dégradation environnementale causent l'
érosion des sols
, elle-même facteur de
disettes
Madagascar abrite une des faunes
endémiques
les plus riches au monde, en voie rapide de régression.
Très étirée entre l'
équateur
et le
tropique du Capricorne
, l'originalité de Madagascar réside dans son extrême diversité : la variété du relief et du climat a favorisé la
biodiversité
d'une flore et d'une faune caractérisées par un important taux d'
endémisme
, bien que l'île n'abrite plus qu'une partie de sa
forêt primaire
Récifs de
corail
plages
de sable fin,
arbres du voyageur
ravinala
), allées de
baobabs
jungle
aquatique,
savanes
. La côte nord-ouest est protégée par une barrière corallienne comme un atoll. Le littoral oriental est une chaîne de falaises couronnées d'arbres géants. À l'intérieur, au nord, des cuvettes fertiles ; au sud, une brousse d'épineux ; au centre, des montagnes.
Rizière Nosimbary à
Mahavanona
Province d'Antsiranana
En 2003, le président
Marc Ravalomanana
a annoncé qu'il triplerait la superficie des aires protégées de l'île pour atteindre six millions d'
hectares
. En
décembre 2005
, le pays a créé un million d'hectares d'aires protégées nouvelles. En 2007, plus d'un million d'hectares supplémentaires (soit un total de
3,7 millions
d'hectares) incluant :
le
corridor biologique / corridor forestier
« Fandriana-Vondrozo » ;
le complexe de lacs, rivières et forêts des zones humides de
Mahavavy-Kinkony
(côte nord-ouest) dans le District de
Mitsinjo
(Sud-est) et incluant le second lac le plus grand du pays, à environ 80
km
de
Mahajanga
. Bien qu'abritant l'industrie sucrière Sirama, ce complexe reste d'une extrême richesse en
biodiversité
et associe la rivière de Mahavavy, le lac Kinkony, la forêt de Tsiombikibo, la baie de Boeny Aranta et les
mangroves
littorales. Sur
30 espèces
de poissons, cinq sont endémiques ; sur
18 espèces
de reptiles, 12 sont endémiques ; sur
133 espèces
d'oiseaux, 57 sont terrestres dont
45 endémiques
et 76 sont aquatiques dont 23 sont endémiques ; quatre lémuriens, un rongeur et un carnivore bénéficient aussi de protection ;
la forêt sèche centrale du
Menabe
(sud-ouest de l'île).
Faune, flore et biodiversité
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Articles détaillés :
Flore de Madagascar
et
Faune de Madagascar
Lémur catta
parc national de l'Isalo
Carte (modélisation) de la répartition de la biodiversité sur l'île.
Le
Ravinala
, endémique de Madagascar.
Madagascar est isolée de l'Afrique continentale et de l'Asie depuis plus de
80 millions
d'années et a développé une flore et une faune distinctives, avec plus de 90 % de ses espèces
endémiques
à la nation insulaire
36
. La biodiversité de l'île est fortement menacée
37
L'isolement biogéographique de Madagascar, la variété des climats et des reliefs ont favorisé le développement d'une faune et d'une flore uniques au monde, en partie endémiques (dont l'
Hapalémur gris
du
lac Alaotra
Hapalemur alaotrensis
), unique
primate
au monde à vivre dans des roseaux). On découvre encore de nouvelles espèces dans le pays ; en
11 ans
, au début du
XXI
siècle, ce sont ainsi
41 mammifères
61 reptiles
69 amphibiens
17 poissons
42 invertébrés
et
385 plantes
qui ont été découvertes sur l'île, soit plus de
600 nouvelles
espèces animales et végétales au total. Parmi elles figurent le plus petit primate du monde, un lémurien de dix centimètre (
Microcebus berthae
) ou encore un caméléon au museau inhabituellement long (
Calumma crypticum
38
. Dans les espèces végétales remarquables, on peut citer le
Baobab amoureux
. Un grand nombre de ces espèces, animales ou végétales, ont été
nommées
avec l'
épithète spécifique
madagascariensis
ou
madagascariense
. Un
genre
d'
araignées
et un genre de
serpents
ont également été nommés en référence à Madagascar :
Madagascarchaea
et
Madagascarophis
Cette biodiversité est cependant très fragilisée par le développement de l'
agriculture
et par la
déforestation
en partie illégale. Les Malgaches pratiquent de façon intense la
culture sur brûlis
Article détaillé :
Déforestation à Madagascar
Madagascar a perdu 44 % de sa couverture forestière depuis les
années 1950
. Entre
50 000
et
100 000
hectares de forêts sont détruits chaque année
39
La faune marine est également très riche, bien qu'encore mal connue.
L'avifaune de Madagascar comprend
294 espèces
dont
107 endémiques
: voir la
liste des espèces d'oiseaux de Madagascar
. Les amphibiens de Madagascar comportent
247 espèces
dont
245 endémiques
: voir la liste des
amphibiens de Madagascar
L'île abrite les deux tiers des caméléons présents dans le monde et 50 espèces de lémuriens que l'on ne trouve que sur place
40
; parmi ces derniers qui représentent 15 % des espèces et sous-espèces de primates connus au monde
41
, 96 % des espèces de
lémuriens
sont considérées comme étant menacées d'extinction. D'ici à 2070, 95 % de l'habitat des lémuriens pourraient être détruits du fait de la déforestation et du réchauffement climatique
42
Histoire
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Articles détaillés :
Histoire de Madagascar
et
Migrations juives à Madagascar
Origines de la population malgache actuelle
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Les découvertes
archéologiques
permettent d'envisager une première présence de l'
espèce humaine
à Madagascar il y a au moins 10 000 ans
43
44
. Ce sont des traces d'actes de boucherie sur un oiseau géant, l'
æpyornis
, espèce aujourd'hui disparue.
L'origine de la population malgache actuelle est diverse et discutée. Les Malgaches sont tantôt considérés comme majoritairement d'ascendance
austronésienne
(comme leurs
langues
) tantôt, compte tenu de la proximité de l'Afrique (400
km
des côtes de Madagascar), comme majoritairement Africains. Des origines indiennes, mélanésiennes ou même phéniciennes ont été aussi proposées
45
Une grande étude pan-génomique (le projet MAGE, Madagascar Génétique et Ethnolinguistique
46
) a été lancé sur tout le territoire malgache. Cette étude a montré en 2018 que chaque Malgache est le fruit d'un ancien métissage entre des populations de langue austronésienne et de populations de langue bantoue
47
. Les proportions de
chromosomes Y
des études génétiques récentes sur les Malgaches ont montré que leurs ancêtres étaient
africains
et
asiatiques
48
Trois ethnies malgaches, les
Antemoros
, les
Vézos
et les
Mikeas
, ont environ 70 % d'ascendance africaine et 30 % d'ascendance asiatique
48
. Dans une étude récente menée à l'échelle de l'île, les proportions de
chromosomes Y
selon l'étude montrer pourcentages de Africain et Asiatique (70,7 contre 20,7 ou 51 % contre 34 %). Cependant, les lignées d'ADNmt, transmises de la mère à l'enfant, sont à l'opposé (42,4 % d'origine africaine contre 50,1 % d'origine est-asiatique)
49
50
51
. Le chromosome Y exclusivement masculin des fréquences paternelles d'Asie de l'Est/Sud-Est telles que l'haplogroupe O-M175 varie de 45 % chez les Antalaotra, 16 % chez les Ampanabaka, 5 % chez les Anteony. En revanche, l'haplogroupe masculin africain tel que E1b1a1 constituait 76 % de la diversité génétique des Ampanabaka, mais seulement 7 % chez les Antalaotra et 12 % chez les Anteony
52
Carte des langues apparentées a la famille des langues bantoues
Carte de l'expansion des austronésiens.
Waka
, « canoë à balancier » austronésien qui a donné au malgache le mot
vahoaka
(le « peuple », du proto-austronésien
*va-waka
, « ceux des canoës », « peuple de la mer ».
Bas-relief du
temple de Borobudur
VIII
siècle) dans le
centre de Java
en
Indonésie
, montrant un bateau à
balancier
typique de la technologie navale
austronésienne
Vaγimba
, « ceux de la forêt » en proto-barito du Sud-Est (ancienne langue austronésienne dont la branche moderne dite «
barito oriental
» regroupe le
malgache
et des langues parlées par des peuples
Dayaks
du bord du fleuve
Barito
Bornéo (Kalimantan du Sud)
ma'anyan
dusun deyah
dusun malang
dusun witu
et
paku
).
Les nombreuses recherches pluridisciplinaires récentes —
archéologiques
53
linguistiques
54
55
56
et
historiques
57
— confirment ce mélange
58
génétiquement, un vieux
« motif polynésien » (ADN mitochondrial/haplogroupe B/sous-groupe B4a1a1a2)
(en)
commun et unique au monde a été décelé au sein de différentes ethnies malgaches distantes géographiquement et endogames historiquement tels que les
Vézos
et les
Mérinas
59
(cette altération du « motif polynésien » d'origine, commune et propre aux Malgaches, a été baptisé « motif malgache » par les chercheurs en génétique) ;
linguistiquement, le lexique du
malgache
est composé de 90 % de vocabulaire
austronésien
. La langue malgache est une langue issue du
proto-austronésien
, appartenant à la branche
proto-malayo-polynésienne (proto-MP
) et à la sous-branche
proto-Sud-Est Barito (proto-SEB)
qui partage ces mêmes bases anciennes communes avec les langues
dayak
actuelles du groupe
barito
de
Bornéo du Sud
telles que le
ma'anyan
dusun deyah
dusun malang
dusun witu
et
paku
actuels
54
55
56
il existe néanmoins de nombreux
superstrats
bantous
swahili
dans la langue proto-austronésienne des Vazimbas, notamment le vocabulaire domestique et agraire (exemples : le bœuf -
omby
- du swahili
ngumbe
, l'oignon -
tongolo
- du swahili
kitungu
, la marmite malgache -
nongo
- vient du swahili
nungu
) ;
sur le plan
morphologique
, enfin, l'origine Sud-Est asiatique des Malgaches explique des caractéristiques décelées en 1940 par le professeur
Albert Ratsimamanga
60
, notamment le
pli épicanthal
de la paupière supérieur présent chez certains Malgaches ;
la culture malgache porte des éléments communs aux Austronésiens, des îles du Pacifique à l'Indonésie, et jusqu'à la Nouvelle-Zélande et les Philippines : coutumes anciennes (comme celle d'ensevelir les défunts dans une pirogue au fond de la mer ou d'un lac), agriculture ancienne (la culture du
taro
saonjo
, de la
banane
akondro
, de la
noix de coco
voanio
et de la
canne à sucre
fary
qui est originaire de
Nouvelle-Guinée
), l'architecture traditionnelle (maison
levu
végétale à base carrée sur pilotis), la musique (les instruments comme la
conque
marine
antsiva
, le
tambour
de cérémonie
hazolahy
, le
xylophone
atranatrana
, la flûte
sodina
ou encore la cithare
valiha
) et la danse (notamment la « danse des oiseaux » que l'on retrouve à la fois au centre et dans le Sud)
Note 1
L'arrivée des populations
austronésiennes
a suscité de nombreuses études. Des simulations sur ordinateur de la navigation entre l'
Indonésie
et Madagascar permettent de comprendre les itinéraires possibles qui ont amené à la colonisation de Madagascar par des Austronésiens à partir du début de notre ère. Les
Maldives
, et dans une moindre mesure les
Chagos
voisines, étaient une escale probable sur la route de Madagascar, aussi bien depuis Sumatra que depuis le sud de l'Inde et Sri Lanka, où des marins et marchands javanais et malais se rendaient pour le commerce
61
. Quant à la cause de la venue de ces Austronésiens, l'histoire de l'océan Indien du début du premier millénaire de notre ère est encore très mal connue. On peut seulement supposer que l'île de Madagascar joua un rôle important dans le commerce, notamment celui des épices
62
, entre l'
Asie du Sud-Est
et le
Moyen-Orient
, directement ou via les côtes africaines. Il se peut notamment que ces
vahoaka ntaolo
aient en particulier recherché du bois solide pour construire leurs
pirogues
, tel le
lakana
ou le
vintana
(un nom que l'on trouve encore aujourd'hui dans le
vinta
, homonyme contemporains des Vezo).
Les Vazimbas et les Vezos
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Articles détaillés :
Vazimbas
et
Vézos
Au début du peuplement humain, appelé « période paléomalgache », les
Ntaolo
semblent s'être divisés en deux grands ensembles selon leurs choix de subsistance : les
Vazimbas
(de
*ba/va-yimba
-« ceux de la forêt », de
*yimba
-« forêt » en proto Sud-Est Barito (SEB), aujourd'hui
barimba
ou
orang rimba
en malais
63
) qui s'installèrent — comme leur nom l'indique — dans les forêts de l'intérieur, et les
Vézos
(de *ba/va/be/ve-jau, « ceux de la côte » en proto-Malayo-Javanais, qui a aussi donné
veju
en bugis,
bejau
en malais et
bajo
en javanais
64
) qui restèrent sur la côte Ouest. Le qualificatif
Vazimba
désignait donc à l'origine les Ntaolo chasseurs et/ou cueilleurs qui décidèrent de s'établir « dans la forêt », notamment dans les forêts des hauts plateaux centraux de la Grande Île et celles de la côte Est et Sud-Est
Note 2
, tandis que les
Vezo
étaient les Ntaolo pêcheurs qui restèrent sur les côtes de l'Ouest et du Sud (probablement les côtes du premier débarquement)
56
Le mot
vazimba
est un qualificatif austronésien désignant les « habitants de la forêt » d'une manière générale (y compris les Austronésiens eux-mêmes qui s'installèrent dans les forêts), il n'est pas exclu que d'autres hominidés
vazimba
aborigènes, de type
homme de Florès
par exemple, aient habité dans les forêts de Madagascar des dizaines — voire des centaines — de milliers d'années avant l'arrivée des
vazimba
austronésiens. Quelques-uns ont peut-être encore existé à l'arrivée des
vahoaka ntaolo
austronésiens au premier millénaire avant notre ère. Ceci pourrait expliquer le mythe des « petits hommes/nains primaires de la forêt » que les
vahoaka ntaolo
austronésiens — ancêtres de la majorité des malgaches actuels — auraient rencontrés et assimilés (ou peut-être anéantis) à leur arrivée. Seules l'archéologie et la génétique pourraient apporter des preuves à l'appui de ce mythe. Il n'est pas à exclure non plus que le mythe des «
vazimba
-petits hommes/nains » ait été emmené par les Austronésiens à partir des îles où ils habitaient auparavant, auquel cas ce mythe pourrait effectivement concerner les hominidés de type « Florès » ou
Négrito
orang asli
en malais). Ces derniers, de petite taille, ont en effet habité les forêts des
îles de la Sonde
bien avant l'arrivée sur place des Austronésiens, et y sont considérés comme étant les peuples aborigènes. On sait par exemple que le mythe de l'ogre «
Trimo
be - mangeur d'enfant » est un conte emmené par les Austronésiens et parle en fait du tigre (de * (t)rimu, « tigre » en proto-MP) qui habite les forêts des îles de la Sonde. Le mythe des « petits nains
vazimba
» pourrait avoir subi un voyage similaire.
Immigrations néo-austronésiennes, bantoues, perses et arabes (700-1600)
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Dès le milieu du premier millénaire jusqu'à 1600 environ, l'ile accueillit des immigrants moyen-orientaux (
Perses shirazi
Arabes omanites
Juifs arabisés
), africains (
Bantous
) et orientaux (
Indiens gujaratis
Malais
Javanais
Bugis
et
Orang Laut
), voire européens (
Portugais
), qui s'intégrèrent et s'acculturèrent à la société Vezo et Vazimba, souvent par alliance matrimoniale.
Les apports culturels, politiques et technologiques seront à l'origine des grands bouleversements du
XVI
siècle qui conduiront à l'époque féodale malgache.
Les clans néo-austronésiens
55
(Malais, Javanais, Bugis,
Toraja
et Orang Laut), quant à eux, historiquement et globalement — sans distinction de leur île d'origine — dénommés les
Hova
(de
uwa
-« homme du peuple », « roturier » en
vieux bugis
65
), ont, selon les traditions orales
66
, débarqué au Nord et à l'Est de l'île. Selon l'observation des linguistes au sujet des emprunts aux
vieux malais
(sanskritisé),
vieux javanais
(sanskritisé) et vieux bugi du Moyen Âge dans le fonds de vocabulaire proto-austronésien (proto-SEB) originel, les premières vagues
hova
sont arrivées au
VIII
siècle au plus tôt
54
55
Diplomates, officiers, savants, commerçants ou simples soldats, certains alliés aux
marins
Orang Laut
ou Talaut (
Antalaotra
en malgache), ces
hova
étaient probablement issus des
thalassocraties indonésiennes
. Leurs chefs, connus sous le nom des
diana
ou
andriana
ou
raondriana
(de
(ra)hadyan
-« seigneur » en vieux javanais
67
, aujourd'hui
raden
et qu'on retrouve également encore dans le titre de noblesse
andi(an)
chez les Bugis
), se sont, pour la plupart, alliés aux clans vazimba :
au nord-ouest dans la région de l'actuel Ankoala (du malais/de l'indonésien
kuala
-« estuaire ») où les
hova Orang Laut
Antalaotra
en malgache) avaient probablement établi leur base pour les actions dans l'océan Indien ;
sur la côte Est (Betsimisaraka) où les chefs
hova
étaient également appelés
Filo be
au sud-est où les dynaties
hova
Zafiraminia et Zafikazimambo notamment qui fondèrent les royaumes
Antaisaka
Antaimoro
Antambahoaka
etc.
à l'ouest : la dynastie Maroserana(na) qui fonda le royaume
sakalava
est elle-même issue des Zafiraminia de la côte Est ;
au centre où les alliances répétées des chefs (
andriana
) des
hova
(tels qu'Andrianerinerina et Andriantomara et leurs descendants) avec les chefs des clans vazimba (tels que Rafandrana et, plus tard, Rabiby et leurs descendants) durant tout le début du second millénaire fut à l'origine du
royaume Merina
(fondé à Ambohidrabiby par la dynastie de Ralambo) ainsi que du royaume
Betsileo
Le
10 août 1500
, le portugais
Diogo Dias
fut le premier Européen à apercevoir Madagascar, qu'il appela l'île São Lourenço.
Époque ancienne : naissance des ethnies et royaumes (1600-1895)
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Articles détaillés :
Mérinas
Betsileos
Bezanozanos
Sihanaka
Tsimihety
Bara (peuple)
Antakarana (peuple)
Sakalaves
Vézos
Mahafaly
Antandroy (peuple)
Antaisaka (peuple)
Antambahoaka
Antaimoro (peuple)
Tanala
et
Betsimisarakas
Village austronesien avec
levu
sur piloti (
*levu
-« maisons » en proto-austronésien qui a donné en malgache
an-devu
–« à la maison ») : tous les villages des
ntaolo vazimba
et
vezo
de Madagascar étaient probablement similaires au premier millénaire. On retrouve d'ailleurs encore ce modèle aujourd'hui sur toutes les côtes de la Grande Île et dans les zones intérieures reculées (forêts,
etc.
).
À l'intérieur des terres, les luttes pour l'hégémonie des différents clans néo-
Vazimba
des hauts plateaux centraux (que les autres clans néo-Vezo des côtes appelaient sans distinction les
Hova
) aboutirent à la naissance des royaumes et/ou ethnies
Merina
Betsileo
Bezanozano
Sihanaka
Tsimihety
et
Bara
Sur les côtes, l'intégration des nouveaux immigrés orientaux, moyen-orientaux et africains donnèrent naissance aux royaumes et/ou ethnies néo-Vezo :
Antakarana
Boina
Menabe
(réunis plus tard en
Sakalaves
) et
Vézos
(côte Ouest),
Mahafaly
et
Antandroy
(Sud),
Antesaka
Antambahoaka
Antemoro
Antaifasy
Antanala
Betsimisaraka
(côte Est).
La naissance de ces grands royaumes « post-Vazimba »/ « post-Vezo » modifièrent essentiellement la structure politique de l'ancien monde des clans néo-Vazimba et néo-Vezo, mais la grande majorité des anciennes catégories demeurèrent intactes au sein de ces nouveaux royaumes : la langue commune, les coutumes, les traditions, le sacré, l'économie, l'art des anciens demeurèrent préservés dans leur grande majorité, avec des variations de forme selon les régions.
Aujourd'hui, la population de Madagascar peut être considérée comme le produit d'un brassage entre les premiers occupants
vahoaka ntaolo
austronésiens
Vazimba
et
Vezo
) et, ceux arrivés plus tardivement (
Hova
néo-Austronésiens, Perses, Arabes, Africains et Européens).
Génétiquement
, le patrimoine austronésien originel est plus ou moins bien réparti dans toute l'île. Les chercheurs ont notamment remarqué la présence, partout, du « motif polynésien »
68
59
69
, un vieux marqueur caractéristique des populations austronésiennes datant d'avant les grandes immigrations vers les îles polynésiennes et mélanésiennes, (
c.
500
av. J.-C.
au plus tard). Ceci supposerait un foyer de départ commun entre les ancêtres des Polynésiens actuels (partis vers les îles Pacifiques à l'est) et des
vahoaka ntaolo
(partis vers l'ouest jusqu'à Madagascar) vers (ou avant) 500
av. J.-C.
Phénotypiquement
, c'est parmi les populations des hautes terres (Merina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka), plus
endogames
, que le phénotype austronésien
mongoloïde
est le plus prégnant. On remarque également parfois le phénotype austronésien
australoïde
et austronésien
négrito
partout à Madagascar (y compris sur les hauts plateaux). Contrairement au phénotype bantou, le phénotype austronésien « négrito » se caractérise notamment par sa petite taille.
Esclavage à Madagascar
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La traite des esclaves à Madagascar est un sujet complexe qui implique différents acteurs et a pris des formes variées au fil des siècles. On peut la diviser en trois catégories.
Traite d'exportation
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Madagascar a été une source d'esclaves pour d'autres régions du monde, notamment :
la traite orientale (ou arabe) : dès le
siècle, des marchands arabes et swahilis fréquentaient les côtes malgaches. Ils y achetaient des esclaves pour les vendre sur les marchés de la
péninsule Arabique
, du
golfe Persique
, de l'
Inde
et des
Mascareignes
. Ces esclaves, souvent capturés lors de guerres tribales ou d'expéditions de razzia, étaient désignés sous les noms de Makoa ou Masombika ;
la traite européenne : à partir du
XVII
siècle, les puissances européennes, notamment la France et l'Angleterre, se sont approvisionnées à Madagascar pour leurs colonies. Les Mascareignes (
La Réunion
Maurice
) ont été les principales destinations de cette traite pour alimenter en main-d'œuvre les plantations de café et de canne à sucre.
Traite d'importation
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Paradoxalement, Madagascar n'a pas été qu'une source d'esclaves. À partir du
XIX
siècle, l'île elle-même est devenue une destination pour des esclaves, principalement originaires de la côte orientale de l'Afrique :
un grand nombre d'esclaves Makoa ou Masombika ont été importés d'Afrique de l'Est pour travailler sur les grandes propriétés foncières, notamment sur la côte Ouest. Le terme
Masombika
est une déformation de
Mozambique
et trace leur origine ;
les royaumes malgaches en expansion, comme le royaume Merina au
XIX
siècle, ont eux-mêmes participé à ce commerce, en utilisant une main-d'œuvre servile importée pour développer leur économie et leurs infrastructures.
Traite interne
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L'esclavage était une institution bien ancrée dans la société malgache avant l'arrivée des Européens. La traite interne, au sein de l'île, a été une réalité majeure.
Prisonniers de guerre : La principale source d'esclaves était les prisonniers de guerre (appelés
babò
). Les conflits entre les différents royaumes et les razzias sur les populations voisines généraient un flux constant de captifs qui étaient réduits en esclavage.
Le statut social : Les esclaves (
andevo
) constituaient une classe sociale distincte, sans droits et soumis à leurs maîtres. Ils étaient utilisés pour les travaux domestiques, agricoles ou artisanaux. Le statut d'esclave était souvent héréditaire.
Abolition
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Le général
péruvien
Luis Miguel Sánchez Cerro
, président du Pérou à deux reprises entre 1930 et 1933, descendait en partie d'esclaves malgaches amenés au
XVI
siècle.
L'abolition de l'esclavage à Madagascar s'est faite en plusieurs étapes :
en 1817, l'Angleterre et le royaume Merina signent un traité interdisant l'exportation d'esclaves ;
en 1877, la reine Ranavalona II est contrainte d'affranchir les Masombika, sous la pression britannique. Les Andavo sont toutefois exclus de cette mesure ;
en 1896, l'administration coloniale française abolit définitivement l'esclavage sur l'ensemble de l'île sous le régime du protectorat (règne de Ranavalona III), libérant environ 500 000 esclaves.
Ainsi, des esclaves malgaches ont été amenés par les Européens dans la
vice-royauté du Pérou
, en Amérique du Sud, et se sont installés principalement sur la côte nord du pays, dans la région de
Piura
70
. Il existe ainsi au Pérou un lieu nommé « ferme Malakasy », qui date de l'époque à laquelle les Malgaches ont été exploités dans la culture des champs et qui évoque le nom de leur pays d'origine, tel qu'il est prononcé dans leur propre langue. Actuellement au Pérou, les descendants de ces esclaves sont connus comme Mangaches, une corruption de la langue au fil du temps. Ces descendants des Malgaches ont conservé, dans de nombreux cas, des caractéristiques d'origine afro-indonésienne. Leur intégration au
Pérou
a été si forte qu'ils ont contribué à la culture de ce pays par la création de formes musicales, telles que le
tondero
71
. Ils ont même eu une influence dans le domaine politique puisque l'ancien président péruvien
Luis Miguel Sánchez Cerro
, qui a gouverné ce pays dans la troisième décennie du
XX
siècle, était un Mangache
72
Époque coloniale (1895-1960)
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Article détaillé :
Colonie de Madagascar et dépendances
Jean Laborde
est nommé premier consul de France à Madagascar le 12 avril 1862, sous le Second Empire, c'est-à-dire avant la colonisation à proprement parler. Il est le précepteur du futur roi
Radama
II
, mais aussi le confident des missionnaires, l'initiateur de l'industrie malgache.
La fin du
XIX
siècle, avec le partage de l'
Afrique
entre les
empires coloniaux
européens à la
conférence de Berlin
(1884-1885), sonne le glas de l'expansion et de l'indépendance du royaume de Madagascar. Les politiciens malgaches jouaient jusqu'alors sur les rivalités des puissances coloniales pour conserver leur souveraineté. La conférence de Berlin laisse la France comme favori pour s'approprier l'île (position stratégique face aux Anglais, dans l'
océan Indien
). La France signe alors un traité avec le royaume de Madagascar qui repose sur l'ambiguïté de la langue malgache et qui ne donne théoriquement aucun droit à la République française sur le royaume de Madagascar. Mais, au fil des incidents diplomatiques, la France mène une politique de plus en plus intrusive
73
, puis entreprend la conquête de l'île.
Le
taro
(saonjo) qui est, selon un très vieux proverbe malgache « l'ainé du riz » (
Ny saonjo zokin'ny vary
) constitue la base alimentaire de tous les Austronésiens, notamment des anciens Ntaolo Vazimba et Vezo.
Conquête française
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La résistance est massive, l'armée malgache parvient à repousser les premières vagues d'invasion en 1883, mais les combats décisifs suivront. Ils sont connus sous le nom de « deuxième guerre franco-malgache »
74
Lorsque le gouvernement français envoie une armée de
conscrits
mal préparés qui progresse très lentement, les maladies font des ravages dans leurs rangs. Finalement, au premier coup de canon sur la capitale
Antananarivo
, la
reine
Ranavalona
III
fait hisser le
drapeau blanc
[réf. nécessaire]
. Contrairement à un récit forgé par les autorités, puis diffusé dans l'enseignement, les Malgaches sont vaincus facilement. Les ennemis principaux ne sont ni les monarques ou chefs indigènes, ni les sultans marchands d'esclaves, mais le climat et les maladies
75
Quand la campagne de Madagascar se termine en 1895, l'armée française recense
13 tués
et
88 blessés
au cours des combats, et 4 498 morts de maladies (paludisme, dysenterie...), soit près de 30 % de pertes sur un effectif total de 14 850 hommes
75
Pirogue-sarcophage de l'ethnie
Dayak
de
Bornéo
en
Indonésie
: une sépulture qui rappelle les traditions orales témoignant que les anciens Vazimba ensevelissaient leurs morts dans des pirogues-sarcophages, sous la mer ou sous un lac.
Administration française
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La conquête est suivie de dix ans de
guerre civile
larvée, due à l'insurrection des
Menalamba
. L'insurrection qui est née parmi le peuple
Sakalaves
, s'est rapidement étendue à la capitale Tananarive et ailleurs. Cette insurrection est en opposition à la colonisation française et à la classe politique merina convertie au protestantisme. Les rebelles n'avaient pas pour objectif de restaurer la reine , mais étaient opposés au christianisme et au système de travail forcé qui existait dans le royaume Merina. Ils étaient en grande partie constitués de paysans et d'esclaves en fuite
76
. La « pacification » conduite par l'administration française dure plus de quinze ans, en réponse aux guérillas rurales dispersées dans le pays. Au total, cette guerre civile et la répression de cette résistance à la conquête coloniale fait entre 50 000 et 700 000 victimes malgaches, selon les sources
77
74
Madagascar sera sous administration française du
6 août 1896
au
14 octobre 1958
La flûte
suling
indonésienne, cousine de la
sodina
Le général
Joseph Gallieni
, nommé gouverneur général de Madagascar (1896-1905), contribue à
pacifier
l'île, non sans mesures répressives. Selon ce dernier, l'action militaire devait être accompagnée d'une aide aux peuples colonisés dans différents domaines, comme l'administration, l'économie et l'enseignement. Elle nécessitait un contact permanent avec les habitants ainsi qu'une parfaite connaissance du pays et de ses langues. Le
27 septembre 1896
, l'administration française abolit l'esclavage (il s'agissait d'un esclavage inter-malgache).
Trentinian
Joffre
et
Lyautey
servirent à Madagascar sous les ordres de Gallieni.
Article détaillé :
Expédition de Madagascar
Durant l'été 1897 a lieu le massacre d'
Ambiky
78
79
cité par
Aimé Césaire
dans son
Discours sur le colonialisme
, comme un des exemples de la violence de la conquête coloniale.
Sous l'impulsion de Galliéni, de nombreuses infrastructures sont mises en place : premier chemin de fer Tananarive-Tamatave (achevé en 1903), achèvement du chemin de fer de Madagascar
80
, développement rapide du réseau routier (1905 à 1935), Institut Pasteur, écoles. Toutes les écoles établies avant l'ère coloniale sont fermées et l'obligation pour les indigènes de parler le français est instaurée.
En 1907, pour la première fois depuis un siècle, les exportations malgaches sont supérieures aux importations : les planteurs et l'administration coloniale s'enrichissent, d'immenses concessions minières et forestières sont accordées à de grosses sociétés. Les chefs indigènes loyaux envers l'administration française se voient également accorder une partie des terres et certains jeunes Malgaches vont étudier en France, contribuant à faire connaître Madagascar. Le
travail forcé
est instauré en faveur des compagnies françaises et les paysans se voient incités, à travers l'impôt, à se salarier (notamment dans les concessions coloniales) au détriment des petites exploitations individuelles
74
Madagascar est avec 46 000 hommes l'une des colonies françaises à mobiliser le plus de soldats par rapport à sa population durant la
Première Guerre mondiale
81
La période coloniale est toutefois accompagnée de mouvements de lutte pour l'indépendance : les Menalamba, les
Vy Vato Sakelika
, le
Mouvement démocratique de la rénovation malgache
(MDRM). En 1927, d'importantes manifestations sont organisées à
Antananarivo
, notamment à l'initiative du militant communiste
François Vittori
, emprisonné à la suite de cette action
82
. Les
années 1930
voient le mouvement anti-colonial malgache gagner encore en dynamisme. Le syndicalisme malgache commence à apparaître dans la clandestinité et le Parti communiste de la région de Madagascar se constitue. Mais dès 1939, toutes les organisations sont dissoutes par l'administration de la colonie, qui opte pour le
régime de Vichy
. Le MDRM est lui accusé par le régime colonial d'être à l'origine de l'
insurrection de 1947
et sera poursuivi par de violentes répressions
74
La répression menée contre la résistance des malgaches à la colonisation aurait fait entre 1897 et 1947 plus de cent mille morts pour une population de trois millions d'habitants à l'époque
83
Seconde Guerre mondiale
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Pendant la
Seconde Guerre mondiale
, un projet
nazi
est resté dans les cartons : c'est le «
plan Madagascar
» visant à déporter quatre millions de
Juifs
d'
Allemagne
, de ses pays alliés et de ses territoires conquis, à Madagascar, alors colonie française du
régime de Vichy
Joueurs de
valiha
des Philippines et de Madagascar.
À partir de mai 1942, craignant que le gouvernement de
Philippe Pétain
n'ouvre les ports malgaches aux
sous-marins allemands
ou à la
marine impériale japonaise
, l'
Empire britannique
mène l'
opération
Ironclad
et prend progressivement possession des points stratégiques de l'île. Lorsque les
Français libres
arrivent en janvier 1943, le contrôle de ces points devient l'objet de tensions entre le
général de Gaulle
et le gouvernement britannique.
Après-guerre
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Le retour des combattants malgaches enrôlés durant la
Seconde Guerre mondiale
, les discriminations du régime de l'
indigénat
et les conditions de vie misérables des autochtones favorisent le militantisme des mouvements anti-colonialistes aspirant à l'indépendance et créent les conditions d'une insurrection.
L'
insurrection malgache
débute en mars 1947, entraînant une répression sanglante par l'armée française, qui fait plusieurs dizaines de milliers de morts, les chiffres oscillant, selon les sources, entre une dizaine de milliers et 89 000 d'après Jacques Tronchon
84
. La répression s'accompagne d'exécutions sommaires, de tortures, de regroupements forcés et d'incendies de villages. L'armée française expérimente la « guerre psychologique » : des suspects sont jetés, vivants, depuis des avions afin de terroriser les villageois dans les régions d'opération
74
Territoire d'outre-mer
de 1946 à 1958,
Madagascar
obtient un premier niveau d'autonomie le
10 octobre 1958
, en tant que
République autonome malgache
au sein de la
Communauté
. Le 14 octobre,
Philibert Tsiranana
devient président du Conseil de gouvernement avant d'être élu premier président de la République le
er
mai 1959
Indépendance et Première République (1960-1975)
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Articles détaillés :
Indépendance de Madagascar
et
Première République (Madagascar)
L'île accède à l'
indépendance
le
26 juin 1960
mais la Première République malgache reste très étroitement liée à la France par les accords de coopération. Le
président Tsiranana
, critiqué par la population pour son soutien aux intérêts français, fait face à une contestation grandissante, en particulier la grève des étudiants menée de la capitale vers les provinces, et quitte le pouvoir en 1972.
Philibert Tsiranana, premier président malgache.
Il donne les pleins pouvoirs au général
Gabriel Ramanantsoa
qui décide d'organiser un référendum afin d'officialiser son pouvoir pour une période transitoire. Le référendum l'ayant plébiscité, il crée un gouvernement d'union nationale, qu'il dirige jusqu'en 1975, avant de passer le flambeau au populaire colonel de gendarmerie
Richard Ratsimandrava
. Ce dernier est assassiné au bout d'une semaine, le 11 février 1975 à 20 heures. Après l'assassinat du général Ratsimandrava, Madagascar est dirigé par un
Comité national de direction militaire
présidé par le général Andriamahazo.
Le 14 juin 1975,
Didier Ratsiraka
est nommé chef de l'État et du gouvernement. Le
Comité national de direction militaire
est alors remplacé par un
Comité national de la révolution
État socialiste et Deuxième République (1975-1991)
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Article détaillé :
République démocratique malgache
Didier Ratsiraka
La deuxième république malgache est apparentée à un
État communiste
, même si la propriété privée n'y est pas abolie, et que la religion n'y est pas persécutée. Comme le régime
cubain
, elle contrôle tous les échanges avec l'extérieur, se dote en mars 1976 d'un
parti unique
, l'« Avant-Garde de la révolution malgache » (AREMA), et s'appuie sur le
bloc de l'Est
pour subsister. Pour commencer, le capitaine de frégate
Didier Ratsiraka
organise le 21 décembre 1975 un référendum pour approuver la Charte de la révolution socialiste et la nouvelle constitution. Le 30 décembre 1975, Didier Ratsiraka proclame la
République démocratique malgache
. Par la suite, il devient l'un des militants actifs du
non-alignement
. En 1976, le gouvernement achève l'expulsion de l'armée française et ferme les ambassades et consulats. Ratsiraka instaure le
franc malgache
(FMG) et délaisse le
franc CFA
. Dix ans plus tard, vers la fin des années 1980, on parle d'« échec de l'expérience
socialiste
» car le régime de Didier Ratsiraka ne parvient pas à améliorer les conditions de vie et l'opposition s'amplifie. Au début des années 1990, la fin du soutien du bloc de l'Est oblige le régime à autoriser des investisseurs privés à opérer dans le pays. Les
disettes
provoquent des manifestations populaires qui sont réprimées par l'armée au prix de nombreuses victimes
Note 3
Après-socialisme et Troisième République (1991-2010)
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Article détaillé :
Troisième République (Madagascar)
Albert Zafy
1991-1996 : présidence Albert Zafy
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Article détaillé :
Mouvement de 1990-1992 à Madagascar
La Convention du
31 octobre 1991
est adoptée pour mettre fin aux émeutes dans le pays. Elle officialise une transition démocratique et libérale conduite par
Albert Zafy
, lequel dirige la Haute Autorité de l'État, tandis que
Didier Ratsiraka
demeure symboliquement président de la République. Après une brève période transitoire, une nouvelle
Constitution
est adoptée par référendum et Albert Zafy, candidat de l'opposition, est élu à la présidence en 1993. C'est le début d'un
libéralisme
économique et politique sans précédent, mais la croissance promise et tant attendue n'est pas plus au rendez-vous. Le président fait appel le
17 septembre 1995
à un référendum constitutionnel afin de donner le pouvoir au président de la République de nommer le Premier ministre et ainsi de destituer
Francisque Ravony
, soutenu par les députés de la majorité. C'est le début d'une guerre ouverte entre le président et les députés, laquelle se soldera par le vote en
juin 1996
de la destitution du président. Le Premier ministre
Norbert Ratsirahonana
devient chef de l'État par intérim en attendant les nouvelles élections.
1997-2001 : présidence Didier Ratsiraka
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L'amiral Didier Ratsiraka, rentré quelques mois plus tôt de son exil en France, est réélu au
tour de l'élection présidentielle face à Zafy
85
. Madagascar connaît une période de stabilité économique jusqu'en 2001 avec 4,3 % de croissance annuelle moyenne.
2002-2009 : présidence Marc Ravalomanana
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2001
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Le maire de la capitale,
Marc Ravalomanana
, arrive en tête de l'élection présidentielle de
décembre 2001
. Un second tour est prévu mais celui-ci revendique la victoire dès le premier tour sur la base des résultats publiés par son propre quartier général à Ankorondrano (quartier de
Tananarive
). Ravalomanana dénonce une fraude électorale massive et décide d'acculer ainsi le gouvernement Ratsiraka. Le président Didier Ratsiraka tente de reprendre la main en modifiant les membres de la Haute Cour Constitutionnelle, chargée de proclamer les résultats électoraux à Madagascar. Le candidat Ravalomanana réclame la confrontation des procès-verbaux en sa possession et les procès-verbaux officiels. Le gouvernement refuse une telle méthode jugée « illégale » mais exhorte les opposants à participer au second tour.
2002
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Article détaillé :
Crise politique de 2002 à Madagascar
Marc Ravalomanana est élu président de la République et nomme plus tard Jacques Sylla, Premier ministre. La capitale étant acquise à la cause de l'ancien maire, Didier Ratsiraka décide de délocaliser le siège du gouvernement à
Toamasina
, son fief et principal port de l'île situé dans l'est. Le gouvernement érige des barrages routiers pour paralyser et asphyxier la capitale, ce qui finit par paralyser tout le pays.
À l'invitation de l'
Union africaine
et du président du
Sénégal
Abdoulaye Wade
, les deux parties protagonistes se réunissent à
Dakar
et signent des accords en
avril 2002
qui prévoient notamment un nouveau décompte des voix, l'organisation d'un référendum (à la place d'un second tour) si la majorité absolue n'était pas obtenue et l'instauration d'un gouvernement d'union nationale dirigé par M. Ravalomanana. Ces accords ne seront pas respectés par les deux parties qui camperont sur leur position, une fois rentrées au pays. Ravalomanana ne relâche pas la pression et finit par obtenir l'annulation de la nomination de la nouvelle Haute Cour constitutionnelle en raison d'un vice de forme, la cour précédente, reconduite dans ses fonctions, se charge de procéder à la publication des résultats des élections.
En
mai 2002
, Marc Ravalomanana est déclaré vainqueur dès le premier tour avec plus de 51 % des voix. Il est investi dans ses fonctions de président de la République une semaine plus tard. Il confirme Jacques Sylla au poste de Premier ministre. Il décide de faire appel aux réservistes de l'armée pour lancer des expéditions contre les troupes fidèles à Didier Ratsiraka et pour « libérer » les provinces des barrages. Les deux camps s'affrontent désormais militairement. En
juillet 2002
, Toamasina, la dernière province où le camp Ratsiraka s'est retranché est tombée entre les mains de Ravalomanana. Didier Ratsiraka prend la fuite avec ses fidèles à bord d'un avion à destination de la France. Les pays occidentaux, les États-Unis en tête, et la France en dernier, reconnaissent la victoire de Ravalomanana. Cependant, l'
Union africaine
, l'
ONU
et les bailleurs de fonds ne reconnaissent le gouvernement de Marc Ravalomanana qu'en
janvier 2003
, à la suite des élections législatives remportées par son parti.
À la fin de son premier mandat, le président Marc Ravalomanana élabore sa vision « Madagascar Naturellement » et met en œuvre le
Madagascar Action Plan
(MAP), un nouveau programme de développement pour
5 ans
86
2006
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En
décembre
, le président Marc Ravalomanana est réélu dès le premier tour avec 56 % des voix pour un second mandat de
5 ans
, avec comme principal objectif la réalisation du MAP
87
88
2007
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En
avril 2007
, Marc Ravalomanana fait modifier par
voie référendaire
la Constitution dans un sens qui renforce les pouvoirs présidentiels en permettant les
ordonnances
« en cas d'urgence et de catastrophe ». Cette révision introduit en outre l'
anglais
comme troisième
langue officielle
, modifie la structure administrative en remplaçant les six provinces autonomes par 22 régions et supprime le caractère
laïc
de l'État malgache
89
L'opposition voit dans cette révision des risques de dérive autocratique tandis que l'
Église catholique
malgache critique sévèrement l'organisation du référendum, et pointe « le pouvoir exorbitant » accordé au président. Les autorités épiscopales catholiques craignent que le président Ravalomanana, qui est vice-président de la puissante
Église réformée de Madagascar
90
, interfère directement dans les activités religieuses
89
2008
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Marc Ravalomanana
Au fil des années, les partis d'opposition accusent le gouvernement de paralyser les entreprises locales comme la Savonnerie tropicale
Note 4
Note 5
, la société le Quartz
91
. Le gouvernement ne serait pas neutre vis-à-vis des diverses concurrences entre entreprises, qui devraient ne compter que sur elles-mêmes pour assurer leur gestion.
Marc Ravalomanana
est également pointé du doigt par l'opposition pour avoir « éliminé » les entrepreneurs malgaches
performants
, accaparé leurs affaires pour se placer lui-même dans tous les secteurs économiques bénéficiaires
Note 6
Le problème principal est que des luttes intestines incessantes conjuguées à l'âge de la majorité des élites négligeant leur succession ont creusé un vide politique et amené un cruel défaut d'émulation.
Le processus électoral est également fortement décrié par les opposants, qui voudraient lui apporter de fortes améliorations afin d'éviter les troubles lors de chaque élection présidentielle
92
En août 2008, le gouvernement Ravalomanana mène un bras de fer intense avec la commune urbaine d'
Antananarivo
dirigée par le maire révolté de la capitale
Andry Rajoelina
. Depuis l'accession de ce dernier à ce poste, se sont succédé la confiscation des recettes de la commune par le Trésor
93
, le retrait à la commune de la gestion de la gare routière d'Ampasapito, le retrait de la gestion de l'assainissement de la capitale
94
; on a constaté d'autre part l'absence de travaux sérieux de la part de la mairie et la dégradation flagrante de la ville.
En
juillet 2008
, le président malgache cède une licence d'exploitation de 1,3 million d'hectares de terres — la moitié des
terres arables
malgaches — pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans à la multinationale
sud-coréenne
Daewoo Logistics
dans le but d'approvisionner la Corée du Sud notamment en maïs
95
. L'information est dévoilée en novembre à la suite de sa publication dans le
Financial Times
96
relayé par d'autres médias du monde et sème la panique du peuple dans la capitale, ainsi que la colère et la peur de « l'envahisseur », contribuant à porter au pouvoir
Andry Rajoelina
qui dénonce l'accord comme anticonstitutionnel en
mars 2009
97
En décembre 2008, le ministre de la Communication de
Marc Ravalomanana
ferme la chaîne de télévision Viva du maire de
Tananarive
– ce dernier, Andry Rajoelina, ayant diffusé un reportage sur l'ancien président Ratsiraka (acte interdit par les lois sur les médias et n'ayant pas eu l'autorisation du ministère de la Télécommunication)
98
. S'ensuivent protestations et manifestations.
Crise politique de 2009
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Article détaillé :
Crise politique de 2009 à Madagascar
Andry Rajoelina
À la suite de la fermeture de la chaîne de télévision Viva de l'opposant
Andry Rajoelina
, de violentes manifestations et émeutes secouent la capitale. Le
7 février
, lors de l'assaut du palais d'État d'Ambohitsorohitra par la foule, la garde présidentielle ouvre le feu, tuant
28 manifestants
et en blessant
212 autres
99
. Le
16 mars 2009
, des militaires mutins soutiens d'Andry Rajoelina parviennent à prendre de force le palais. Marc Ravalomanana se voit contraint à la démission de son poste de président de la République, à transférer le pouvoir à un conseil militaire, et doit fuir en
Afrique du Sud
100
. Ces changements sont considérés par l'ensemble de la communauté internationale comme un putsch que la France est la première à condamner
101
. S'ensuit une période de bras de fer politique et militaire entre les prétendants, soutenus par les armées, régulière pour l'un, mutine pour l'autre.
Marc Ravalomanana
Andry Rajoelina
Didier Ratsiraka
et
Albert Zafy
se rencontrent finalement en
août 2009
, en présence des représentants de l'Union africaine (UA), des Nations unies (ONU), de l'Organisation internationale de la Francophonie et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), pour des pourparlers qui conduisent aux accords de
Maputo
, nom de la capitale du
Mozambique
. Le
18 décembre 2009
, Andry Rajoelina dénonce ces accords de Maputo, change de Premier ministre et décide de faire précéder les élections législatives à venir d'un référendum sur une nouvelle constitution. Le référendum a lieu finalement en
novembre 2010
102
Quatrième République (depuis 2010)
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Par référendum du
17 novembre 2010
au
suffrage universel direct
, la population se positionne par oui ou non sur le changement de la constitution
102
. Cette nouvelle constitution est proclamée le
11 décembre
de la même année, et fait entrer le pays dans sa
IV
république.
Le régime semi-présidentiel de la constitution de la Troisième République révisée en 2007
103
est remplacé par un régime semi-parlementaire, selon la
constitution 2010
102
: «
Art.
54
: Le président de la République nomme le Premier ministre, présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaire à l'Assemblée nationale ».
En
décembre 2013
, furent organisées conjointement l'élection présidentielle et l'élection législative à Madagascar.
Hery Rajaonarimampianina
est élu premier président de la Quatrième République, en éliminant son adversaire au second tour
Jean-Louis Robinson
. Il est investi et prête serment à Mahamasina le
25 janvier 2014
Jean-Omer Beriziky
est encore le chef du gouvernement jusqu'au
16 avril 2014
, ou il est remplacé par le gouvernement
Roger Kolo
. Nouveau changement le
17 janvier 2015
, où
Jean Ravelonarivo
devient chef du gouvernement.
Olivier Mahafaly Solonandrasana
le remplace le
10 avril 2016
, mais pour calmer le pays en proie aux émeutes, il est contraint à la démission et remplacé par
Christian Ntsay
le
4 juin 2018
104
. Les élections de
décembre 2018
portent au pouvoir pour
5 ans
Andry Rajoelina
105
. Son parti remporte également les
élections législatives de
mai 2019
et obtient la majorité absolue à l'Assemblée nationale
106
Malgré un scandale autour de son acquisition de la
nationalité française
le rendant ainsi inéligible
107
, ce dernier est
réélu dès le premier tour
le 1er décembre 2023, lors d'une élection largement contesté et boycotté par l'opposition
108
Manifestations de 2025
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Article détaillé :
Manifestations de 2025 à Madagascar
Fin septembre 2025, des
manifestations pacifiques
éclatent à Antananarivo afin de protester contre les coupures récurrentes d'électricité et d'eau dans la capitale ainsi que pour une amélioration des conditions de vie. Violemment réprimé par les forces de l'ordre
109
, le mouvement de contestation prend de l'ampleur, se repend dans le reste du pays
110
, et la lutte contre la corruption et la démission du président Rajoelina sont alors demandées
111
Le
29 septembre 2025
, après quatre jours de manifestations, le président Rajoelina limoge son Premier ministre
Christian Ntsay
et l'ensemble de
son gouvernement
112
. Le samedi 11 octobre, le contingent militaire du CAPSAT (Corps d'administration des personnes et des services de l'Armée de terre) refuse de réprimer les manifestants et entre en
mutinerie en rejoignant les manifestants
et en les aidant à gagner la place du 13 mai que ceux-ci essayaient d'atteindre depuis le début des manifestations
113
. Le lendemain, dimanche 12 octobre, le CAPSAT annonce prendre le contrôle de l'armée tandis que le président fuit le pays à bord d'un avion de l'
armée de l'air française
. Le 14 octobre, en réaction à l'annonce de sa dissolution par le président en fuite, l'assemblée nationale vote sa destitution, ce qui engendre la prise de pouvoir de l'armée. Le colonel
Michaël Randrianirina
, du CAPSAT, est nommé chef d'État par la Haute cour constitutionnelle. Un
conseil de défense national de transition
114
est mis en place pour accompagner le nouveau président et le gouvernement transitoire
115
. Le colonel doit assurer les prérogatives présidentielles sur une durée maximum de 2 ans et a assuré la tenue d'élections dans les 18 à 24 mois maximum. Il annonce le jour même la dissolution du Sénat et de la Haute cour constitutionnelle
116
L'Union africaine suspend Madagascar
114
et le secrétaire général de l'ONU condamne la prise de pouvoir inconstitutionnelle
117
Le 17 octobre,
Michaël Randrianirina
est officiellement investi et prête serment devant la haute cour constitutionnelle
115
Politique et administration
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Institutions
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Article détaillé :
Politique à Madagascar
Madagascar est une
république
à régime semi-présidentiel
multipartite
, où le
président
est le
chef d'État
et le
Premier ministre
le
chef du gouvernement
. Le
pouvoir exécutif
est aux mains du gouvernement
118
tandis que le
pouvoir législatif
est partagé entre le gouvernement et les deux chambres du Parlement : l'
Assemblée nationale
et le
Sénat
. Le
pouvoir judiciaire
est indépendant des deux premiers.
Andry Rajoelina
a été élu président de la République, au
suffrage universel direct
le
19 décembre 2018
, pour un mandat de
5 ans
reconductible une fois
102
. Il devient le deuxième président élu de la
IV
république de Madagascar et succède à l'intérim du Premier ministre
Christian Ntsay
qui est reconduit dans sa fonction par le nouveau président
119
. La passation de pouvoir a eu lieu le
19 janvier 2019
105
. Le
14 octobre 2025
, à la suite d'un mouvement de contestation, l'armée annonce prendre le pouvoir juste après un vote par l'Assemblée nationale qui a destitué le chef de l'État
120
Subdivisions
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Article détaillé :
Subdivisions de Madagascar
Six
provinces
sont créées en 1959, au moment de l'indépendance du pays, et nommées en fonction de leur capitale. Elles sont scindées en 22
régions
en 2004
121
puis en
23 régions
en 2021
122
et 24 régions en 2023
123
. La révision 2007 de la constitution de 1992 supprime l'autonomie de ces provinces
121
. L'article 143 de la
constitution de 2010
institue que
« Les collectivités territoriales décentralisées de la République sont les communes, les régions et les provinces »
124
Les nouveaux découpages régionaux et les anciennes provinces
Nouvelles régions en 2021
Anciennes provinces
Diana
(1),
Sava
(2)
Antsiranana
(Diégo-Suarez)
Itasy
(3),
Analamanga
(4),
Vakinankaratra
(5),
Bongolava
(6)
Antananarivo
(Tananarive)
Sofia
(7),
Boeny
(8),
Betsiboka
(9),
Melaky
(10)
Majunga
(Mahajanga)
Alaotra-Mangoro
(11),
Atsinanana
(12),
Analanjirofo
(13)
Tamatave
(Toamasina)
Amoron'i Mania
(14),
Haute Matsiatra
(15),
Vatovavy
(16),
Fitovinany
(17),
Atsimo-Atsinanana
(18),
Ihorombe
(19)
Fianarantsoa
Menabe
(20),
Atsimo-Andrefana
(21),
Androy
(22),
Anôsy
(23)
Toliara
(Tuléar)
Carte des régions de Madagascar en 2021.
Population et société
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Démographie
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Article détaillé :
Démographie de Madagascar
En 2024, la population de Madagascar était estimée à 32 millions d'habitants, contre 2,2 millions en 1900. Le taux de croissance démographique annuel à Madagascar était d'environ 2,4 % en 2024
125
. Environ 60% de la population est rurale en 2024
126
Environ 39,3 % de la population a moins de 15 ans, tandis que 57,3 % ont entre 15 et 64 ans. Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 3,4 % de la population totale
125
. Seuls deux recensements généraux, en 1975 et 1993, ont été effectués depuis l'indépendance. Les régions les plus densément peuplées de l'île sont les hauts plateaux de l'est et la côte est, contrastant fortement avec les plaines occidentales peu peuplées.
Groupes ethniques
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Article détaillé :
Malgaches
Les
malgaches
représente plus de 90 % de la population de Madagascar et se divise généralement en 18 groupes ethniques. Des recherches génétiques récentes ont révélé que le patrimoine génétique du Malgache moyen est constitué d'un mélange à peu près égal de gènes d'
Asie du Sud-Est
(en particulier du sud de Bornéo) et d'
Afrique de l'Est
127
128
129
, bien que la génétique de certaines communautés montre une prédominance d'origines d'
Asie du Sud-Est
ou d'
Afrique de l'Est
, ou encore une ascendance
arabe
indienne
ou
européenne
Les traits d'asiatique sont les plus marqués chez les
Mérinas
des hauts plateaux du centre de l'île, qui constituent le plus grand sous-groupe ethnique malgache avec environ 26 % de la population, tandis que certaines communautés parmi les populations côtières de l'ouest (appelées collectivement les
côtiers
ou
ambaniandro
) présentent des traits d'africains relativement plus prononcés. Les plus grands sous-groupes ethniques côtiers sont les
Betsimisarakas
(14,9 %) et les
Tsimihety
et
Sakalava
(6 % chacun).
Les différents groupes ethniques malgaches et leur localisation.
Berceaux provinciaux des ethnies
Ethnies
Berceau provincial
Antakarana
Betsimisaraka
Sakalava
Antsiranana
Sakalava
Vezo
Tsimihety
Mahajanga
Betsimisaraka
Sihanaka
Bezanozanos
Toamasina
Merina
Antananarivo
Betsileo
Antaifasy
Antambahoaka
Antemoro
Antaisaka
Tanala
Fianarantsoa
Sakalava
Mahafaly
Antandroy
Antanosy
Bara
Vezo
Toliara
Outre les
18 ethnies
, certaines communautés d'origines diverses issues d'une immigration récente (à partir des
années 1900
) se sont installées sur l'île. Il s'agit notamment :
des
Comoriens
, vivant principalement dans les provinces d'Antsiranana et Majunga ;
de la communauté européenne («
Vazaha
»), descendants de colons ou expatriés installés sur l'île depuis l'indépendance ;
de la communauté chinoise d'origine cantonaise («
Sinoa
»), pour la plupart commerçants de détail et alimentaire ;
de la communauté indo-pakistanaise («
Karana
»), propriétaires de magasins particuliers et de bijouteries.
Émigration et diaspora
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Article détaillé :
Diaspora malgache en France
Des années 1880 aux années 1970, l'émigration reste faible. Elle est liée, dans le contexte colonial, à des études poursuivies par des enfants de la bourgeoisie malgache - qui choisissent souvent de revenir au pays où les attendent de belles situations - ou à des carrières militaires. Elle se développe ensuite à partir de l'arrivée au pouvoir de
Didier Ratsiraka
en 1975, la dégradation des conditions d'enseignement et de l'économie du pays conduisant les étudiants à quitter le pays plus nombreux et surtout à se fixer durablement en France
130
Depuis le début des années 1990, les flux migratoires croissent régulièrement. On estimait le nombre de migrants malgaches dans le monde à en 1990 à 58 000 personnes et en 2015 à 170 000 personnes
131
Les Malgaches migrent majoritairement vers l'Europe. Environ neuf migrants sur dix vivent en Europe et 85 % en France
131
La diaspora malgache est en lien fort avec Madagascar. Elle est regroupée en plus de
240 associations
rien qu'en France, et elle transfère chaque année quelque
86 millions
d'euros vers Madagascar
132
Langues
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Article détaillé :
Langues à Madagascar
Le
malgache
est la langue nationale de Madagascar mais chaque région a aussi sa propre langue maternelle. Le
est la deuxième langue officielle, parlée par environ 26,5 % de la population, soit 7,7 millions de personnes sur 29,1 millions d'habitants en 2022
133
. Selon les statistiques de l'
académie malgache
, dans tout Madagascar en 2012, 0,57 % du peuple malgache parlait uniquement le français, 15,87 % le pratiquait occasionnellement et 83,61 % ne comprenait que le malgache
134
. L'anglais aussi fut langue officielle de 2007 à 2010
103
89
. Cependant, la nouvelle Constitution de novembre 2010 ne mentionne que le malgache (langue nationale) et le français comme langues officielles, l'anglais ayant disparu du texte
135
Le
malgache
est une langue d'origine
malayo-polynésienne
, parlée sur toute l'île. Ses nombreux dialectes, généralement mutuellement intelligibles, peuvent être regroupés en trois sous-groupes : le malgache centre-oriental, le malgache septentrional et le malgache méridional
136
Le malgache fait partie des
langues barito orientales
, le
ma'anyan
étant sa plus proche parente. Il a intégré de nombreux emprunts au
malais
et au
javanais
137
Le
est devenu langue officielle durant la période coloniale, lorsque Madagascar était sous domination française. La première Constitution nationale, adoptée en 1958, a désigné le malgache et le français comme langues officielles de la République malgache. Madagascar est aussi membre de l'
Organisation internationale de la francophonie
, le français y est principalement parlé comme langue seconde par la population instruite et utilisé pour la communication internationale. Dans les classes aisées des grandes villes, il est même parlé comme langue maternelle
138
Religion
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Articles détaillés :
Religion à Madagascar
Christianisme à Madagascar
Église catholique à Madagascar
et
Islam à Madagascar
Cathédrale de l'Immaculée-Conception
Antananarivo
Selon le
Pew Research Center
, 85 % de la population se déclarait
chrétienne
, tandis que seulement 4,5 % pratiquaient exclusivement des
religions traditionnelles
; les
protestants
représentaient la majorité des chrétiens, suivis des
catholiques
139
. En revanche, une étude menée en 2020 par l’
Association des archives de données religieuses
a révélé que 58,1 % de la population était chrétienne, 2,1 %
musulmane
, 39,2 % pratiquait des religions traditionnelles et 0,6 % était
sans religion
ou adhérait à d’autres confessions
140
. Cette hétérogénéité des données religieuses reflète la pratique courante d’alterner entre différentes identités religieuses ou de syncrétiser diverses traditions. Les chrétiens intègrent et combinent leurs croyances religieuses avec la pratique profondément ancrée du
culte des ancêtres
. Par exemple, ils peuvent faire bénir leurs défunts à l’église avant de procéder aux rites funéraires traditionnels ou inviter un ministre du culte chrétien à consacrer une réinhumation selon le rite du
famadihana
141
Le
protestantisme
et le
catholicisme
sont les principales confessions chrétiennes du pays. Le Conseil malgache des Églises regroupe les quatre confessions chrétiennes les plus anciennes et les plus importantes (catholique,
FJKM
luthérienne
et
anglicane
) et a exercé une influence considérable sur la vie politique malgache
142
L'islam est implanté depuis des siècles sur le territoire de l'actuelle Madagascar et les musulmans représentent aujourd'hui entre 2 et 5 % de la population totale
140
143
. La grande majorité des musulmans de Madagascar pratiquent l'
islam sunnite
de l'école de jurisprudence
chaféite
, avec d'importantes communautés
chiites
144
Éducation
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En 2013 environ 35 % de la population adulte est analphabète
145
. Le taux d'alphabétisation des jeunes hommes est très légèrement supérieur à celui des jeunes femmes
145
. Les investissements publics pour l'éducation correspondent à 10,7 % des dépenses gouvernementales dans la période de 2009-2016
146
. La part réservée à l'enseignement supérieur dans le budget public de l'éducation a dégringolé de 32 % au début des années 1990 à environ 13 % en 2000
147
« Un assistant débutant touche
300 euros
et un professeur titulaire en fin de carrière environ 440 », explique Émile Rakotomahanina Ralaisoa, ancien recteur de l'université d'
Antananarivo
[réf. nécessaire]
Même si c'est largement au-dessus du
SMIC
local, qui est de 250 000 ariary par mois
148
(soit plus de
52 euros
), la profession reste sous-payée. Les dépenses courantes pour l'enseignement primaire sont d'environ
57 dollars
américains (parité de pouvoir d'achat) par élève
146
Système éducatif malgache
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Article détaillé :
Système éducatif à Madagascar
Depuis 1972, l'enseignement national à Madagascar se dissocie du programme de la France d'où la distinction entre statuts national et international. Deux classes d'écoles apparaissent : les écoles malgaches « d'État » et les écoles françaises « diplomatiques ».
Le malgache devient la langue officielle dans toutes les écoles et les administrations. Le français devient la première langue enseignée et l'anglais la deuxième. Cette révolution intellectuelle n'a pu bénéficier d'aucune année préparatoire. Aucun programme de création du vivier professoral n'a été prévu.
Des bacheliers sont recrutés par différents corps de l'armée, avec « discipline et patrie », avant de devenir des professeurs contractuels durant une année scolaire maximum.
Au début des
années 1990
, des écoles primaires privées fleurissent ici et là, revendiquant le modèle français d'enseignement. Cela constitue un espoir de se projeter vers l'Europe, pour des parents prêts à se sacrifier dans le paiement de
droits de scolarité
(écolage) exorbitants pour la majorité des ménages. En 2008, ces écoles se sont multipliées dans beaucoup de villes.
Centres universitaires nationaux et écoles internationales
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Article détaillé :
Enseignement supérieur à Madagascar
Chacune des capitales des six provinces dispose de son université : l'
université d'Antananarivo
, l'
université d'Antsiranana
, l'
université de Fianarantsoa
, l'
université de Mahajanga
, l'
université de Toamasina
et l'
université de Toliara
Il existe aussi d'autres écoles d'enseignement supérieur :
à Antananarivo : l'
Institut national des sciences comptables et de l'administration d'entreprises
149
, et l'Institut supérieur de technologie
150
à Antsiranana : l'
Institut supérieur de technologie
(spécialités : télécommunication et réseaux, commerce, finance, froid et climatisation, électrotechnique).
On trouve également diverses écoles internationales, dont des établissements financés par l'
Agence pour l'enseignement français à l'étranger
(AEFE) dépendant du
ministère français de l'Éducation nationale
. L'AEFE compte une vingtaine d'établissements homologués dans le pays
151
En 2025, Madagascar est classé en
120
position pour l'
indice mondial de l'innovation
152
Santé
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Famine et paludisme, deux menaces en suspens
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Consultation gratuite auprès d'un médecin itinérant.
Famines, épidémies : les grands fléaux qui déciment certaines autres régions d'Afrique ne frappent pas Madagascar avec la même fréquence ni la même ampleur catastrophiques. Mais l'équilibre y reste précaire. Si la pluie tant attendue au début de l'été ne tombe pas, les maigres réserves sont vite épuisées. Le sud est toujours la région la plus menacée par la sécheresse, qui y est appelée
kéré
. La zone critique se situe aux environs d'
Ambovombe
(région
Androy
).
Autre mal endémique : le
paludisme
. On parle d'une recrudescence alarmante de la maladie et on en attribue la cause à une résistance des
plasmodiums
à la
chloroquine
, ce qui ferait échec à la prise classique de
quinine
ou de
nivaquine
[réf. nécessaire]
Sida
: le taux de
prévalence
du
VIH
est relativement bas à Madagascar ; cependant, entre 2003 et 2013, l'épidémie est passée de « naissante » à « concentrée » au niveau de certains groupes de la population (principalement les hommes ayant des rapports homosexuels, les professionnelles du sexe et les utilisateurs de drogues injectables)
153
Syphilis
: forte prévalence des
infections sexuellement transmissibles
classiques :
1 femme
enceinte
sur 20
et
1 professionnelle
du sexe
sur 7
sont positives à la syphilis
153
Peste
: maladie endémique, le pays abrite quelques foyers de peste qui apparaissent chaque année autour de la saison des pluies. Madagascar est l'un des pays les plus touchés par cette maladie dans le monde
154
Cysticercose
: prévalence de la cysticercose active pouvait estimée en 2003 à environ 10 %, qui plaçait donc Madagascar parmi les pays les plus touchés dans le monde
155
[réf. non conforme]
Lèpre
: elle a touché longtemps une grande partie de la population (la
Fondation Raoul-Follereau
a été impliqué dans son éradication) ; Madagascar est l'un des cinq pays d'Afrique les plus touchés
Pauvreté
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Selon la
Banque mondiale
, 75 % de la population vivait toujours sous le seuil international de pauvreté à 1,90 dollar par jour en 2019 — un taux nettement supérieur à la moyenne régionale de 41 %
156
Le pays occupe la quatrième place mondiale en termes de malnutrition chronique. Près d'un enfant de moins de
5 ans
sur deux souffre d'un retard de croissance. En outre, Madagascar compte parmi les cinq pays où l'accès à l'eau est le plus difficile pour la population. Douze millions de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, selon l'
ONG
WaterAid
157
En ce sens, l'ONG La Source Jeune
158
permet de venir en aide aux Malgaches en leur permettant de construire des puits et d'en faire bénéficier les populations locales. Les forages ont lieu dans les zones les plus reculées où l'accès à l'eau potable est l'un des problèmes majeurs.
Plus d'un million de personnes se trouvent en 2021 en situation d'
insécurité alimentaire
aiguë dans le sud de Madagascar
159
Économie
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Article détaillé :
Économie de Madagascar
Évolution du PIB réel par habitant de Madagascar.
Le PIB de Madagascar en 2024 était estimé à 17,42 milliards de
dollars américains
, avec un PIB par habitant de 545 dollars
160
. Selon le
Programme des Nations Unies pour le développement
(PNUD), en 2021, 68,4 % de la population malgache vivait dans une situation de
pauvreté multidimensionnelle
161
. Entre 2011 et 2015, le taux de croissance moyen était de 2,6 %, mais il aurait dû atteindre 4,1 % en 2016 grâce aux programmes de travaux publics et à la croissance du secteur des services. L'agriculture représentait 29 % du PIB malgache en 2011, tandis que le secteur manufacturier en représentait 15 %. Les autres moteurs de croissance de Madagascar sont le tourisme, l'agriculture et les industries extractives
162
. Le secteur de la pêche représente 800 millions de dollars américains, soit 6 % du PIB, et emploie 200 000 personnes directement
163
164
En
mai 2003
, l'
ariary
remplace le franc malgache (FMG) comme monnaie à Madagascar. À partir de cette date, un double étiquetage est appliqué dans les commerces et sur les marchés jusqu'au basculement officiel, le
er
janvier 2005
. Depuis cette date, seul l'ariary a cours officiel dans le pays (
1 ariary
= 5 FMG).
La corruption est élevée dans les administrations du pays. Le Centre de recherches et de publications sur les relations entre le tiers-monde et l'Europe (Cetim) dénonce ainsi le « pillage » des ressources naturelles malgaches, notamment par les concessions minières et les trafiquants de bois précieux. Les
zones franches
sont également sources d'immenses profits pour les entreprises, aux dépens des salariés, souvent privés de tout droit
157
Depuis des décennies, Madagascar fait face à une croissance insuffisante et une pauvreté persistante, en grande partie à cause de faiblesses de la gouvernance, d'un développement inadéquat du capital humain et physique, et d'une transformation structurelle lente. La situation est exacerbée par l'augmentation des crises climatiques et la vulnérabilité accrue aux chocs extérieurs. En outre, la faible croissance économique combinée à une croissance démographique rapide a fait de Madagascar l'un des pays où le taux de pauvreté est parmi les plus élevés au monde, atteignant 75 % en 2022 si l'on se réfère au seuil de pauvreté national.
Bien que la croissance économique se soit ralentie, passant de 5,7 % en 2021 à 3,8 % en 2022, en grande partie à cause des retombées de la
guerre en Ukraine
et des chocs climatiques, elle s'est progressivement redressée. La croissance devrait poursuivre son redressement et se stabiliser à 4 % en 2023, avant de s'accélérer pour atteindre environ 4,7 % en 2024-25. Les pressions inflationnistes se sont intensifiées, l'inflation globale passant de 6,9 % en juin 2022 à 11,3 % en juin 2023. L'inflation devrait se maintenir à 10,5 % en 2023, avant de se modérer pour atteindre environ 8,5 % en 2024-25.
Le déficit des comptes courants s'est creusé, passant de 5 % du PIB en 2021 à 5,6 % en 2022. Toutefois, une baisse des prix mondiaux du pétrole devrait contribuer à une nouvelle réduction du déficit des comptes courants à 4,5 % du PIB en 2023-25, la baisse des importations étant supérieure au ralentissement des exportations. Le rebond des exportations pourrait toutefois se heurter à des difficultés, car les politiques d'importation restrictives - telles que l'abaissement des niveaux de nicotine autorisés dans les produits alimentaires importés - des principaux partenaires commerciaux de Madagascar dans le secteur de la vanille sont susceptibles d'entraver les progrès.
Le déficit budgétaire global s'est creusé, passant de 2,8 % du PIB en 2021 à 6,4 % en 2022, et la dette publique totale a augmenté pour atteindre 56,9 % du PIB en 2022. Cette détérioration du solde budgétaire résulte en grande partie du report des paiements des droits pétroliers par les distributeurs de pétrole. Le règlement de ces dettes croisées devrait ramener le déficit budgétaire à 3,8 % du PIB en 2023, les recettes fiscales passant de 9,6 % du PIB en 2022 à 12,8 % en 2023. En outre, l'augmentation progressive prévue des dépenses en capital de 5,1 % du PIB en 2021 à 8,7 % en 2025 reflète l'amélioration de l'exécution du budget et la mise en œuvre des projets prioritaires du gouvernement
13
Ressources naturelles et commerces
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Madagascar est le premier producteur mondial de
vanille Bourbon
Usine de raffinerie des minerais en provenances d'
Ambatovy
, près de
Toamasina
Les
ressources naturelles
de Madagascar comprennent une variété de produits agricoles et minéraux. L'agriculture (notamment la culture du
raphia
), l'
exploitation minière
, la
pêche
et la
sylviculture
constituent les piliers de son économie. En 2017, les principales exportations étaient la
vanille
(894 millions de dollars US), le
nickel
(414 millions de dollars US), le
clou de girofle
(288 millions de dollars US), les
pulls en maille
(184 millions de dollars US) et le
cobalt
(143 millions de dollars US)
165
Madagascar est le premier fournisseur mondial de vanille, de clous de girofle et d'
ylang-ylang
166
. L'île fournit 80 % de la vanille naturelle mondiale
167
. Parmi les autres ressources agricoles importantes figurent le
café
, les
litchis
et les
crevettes
. Ses principales ressources minérales comprennent divers types de pierres précieuses et semi-précieuses. L'île fournit actuellement la moitié de l'approvisionnement mondial en
saphirs
, découverts près d'
Ilakaka
à la fin des années 1990.
Madagascar possède l'une des plus importantes réserves mondiales d'
ilménite
(minerai de
titane
), ainsi que d'importantes réserves de
chromite
, de
charbon
, de
fer
, de
cobalt
, de
cuivre
et de
nickel
. Plusieurs grands projets sont en cours dans les secteurs minier, pétrolier et gazier, parmi ceux-ci figurent l'exploitation de l'ilménite et du zircon à la mine de Mandena par
Rio Tinto
près de
Tôlanaro
168
, l'extraction de nickel à la mine d'
Ambatovy
près de
Moramanga
et son traitement dans la banlieue sud de
Toamasina
par
Sherritt International
169
, et le développement des gisements géants de pétrole lourd terrestres de
Tsimiroro
et de
Bemolanga
par
Madagascar Oil
170
Les exportations représentaient 28 % du PIB en 2009. La majeure partie des recettes d'exportation du pays provient de l'
industrie textile
, du
poisson et des fruits de mer
, de la vanille, des clous de girofle et d'autres produits alimentaires. La
France
est le principal partenaire commercial du pays, bien que les États-Unis, le Japon et l'Allemagne entretiennent également des liens économiques étroits. Les cultures de rente à forte valeur ajoutée destinées à l'exportation, telles que les
litchis
, constituent des secteurs de croissance plus récents : 18 000 tonnes ont été vendues à l'étranger en 2023, dont 16 000 tonnes à destination de l'Europe
171
Le Conseil commercial Madagascar-États-Unis a été créé en mai 2003, fruit d'une collaboration entre l'
USAID
et des artisans malgaches, afin de soutenir l'exportation de l'artisanat local vers les marchés étrangers
172
. Les importations de produits tels que les denrées alimentaires, les carburants, les biens d'équipement, les véhicules, les biens de consommation et les produits électroniques représentent environ 52 % du PIB. Les principaux fournisseurs de Madagascar sont la
Chine
173
, la
France
, l'
Iran
, l'
île Maurice
et
Hong Kong
Transports
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Articles détaillés :
Transport à Madagascar
Liste des routes nationales à Madagascar
Liste de ports à Madagascar
et
Transport ferroviaire à Madagascar
Madagascar dispose de 836
km
de voies ferrées et d'environ 49 250
km
de routes dont 1 724
km
goudronnées.
Elle possède
11 aéroports
à liaisons commerciales régulières (
Antananarivo-Ivato
Nosy Be Fascène
Toamasina
Tolagnaro
Toliara
Mahajanga Amborovy
Antsiranana Arrachart
Maorantsetra
Morondava
Sambava
et
Sainte-Marie
).
80 % du trafic maritime de marchandises à l'international est assuré par le
port de Toamasina
Énergie
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En 2019, seuls 15 % des habitants disposent de l'électricité. Ce taux n'a pas évolué depuis huit ans. La plupart des personnes s'éclairent à la bougie ou à la lampe à pétrole
174
En 2011, la production d'électricité du pays atteint 1 328
GWh
et est issue à
175
52 % de l'
énergie hydroélectrique
, soit 690
GWh
48 % d'énergies fossiles, soit 638
GWh
En 2001, les énergies renouvelables représentaient 63 % de la production totale d'électricité. Le potentiel de développement de l'hydroélectricité est par ailleurs élevé, le pays n'en exploitant que 132
MW
alors que la ressource totale est estimée à 7 800
MW
175
. L'
énergie solaire photovoltaïque
représente aussi un fort potentiel en raison du bon ensoleillement disponible et de la possibilité de construire des petites unités de production non connectées au réseau électrique
176
Économie informelle
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L'
économie informelle
échappe à l'évaluation nationale du
PIB
. Cette classification vient du fait que les revenus financiers produits en
monnaies fiduciaires
, sont friables et sans traçabilité. Pourtant ce sont des devises monnayables à l'international mais de sources non vérifiables, donc non comptabilisée comme indice de croissance du pays, en l'absence de contrôle imposé par l'État
Note 7
. Cette manne fait vivre un peu plus de 30 % de la population mais la valeur de la monnaie nationale s'en retrouve lourdement affectée auprès des organisations de valorisation économique, comme le
FMI
Tourisme
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Article détaillé :
Tourisme à Madagascar
Formations rocheuses tsingy dans le
Tsingy de Bemaraha
, Madagascar.
En 1984, le gouvernement malgache a décidé d'élargir l'ouverture du pays au tourisme. Madagascar possède des potentialités très importantes pour le développement du tourisme, mais ce secteur est encore en lente progression. Les parcs nationaux, comme ceux du
Tsingy de Bemaraha
, d'
Andasibe-Mantadia
, d'
Isalo
, de
Ranomafana
ou d'
Ankarana
constituent des destinations prisées pour les visiteurs internationaux qui veulent découvrir la faune et la flore unique de l'île. Le nombre de touristes internationaux fluctue en fonction des conjonctures ; ainsi, après la crise politique de 2009, il a fortement chuté. Le record annuel d'entrée de touristes à avoir visité le pays est de un peu moins de 300 000 personnes en 2016, ce qui a généré l'entrée de
702 millions
de
dollars
en devise
177
En
mars 2020
, la fermeture des frontières à suite de la
pandémie de Covid-19
a également fortement affecté le secteur touristique malgache durant les deux années qui ont suivi
178
. Depuis la levée des restrictions en
avril 2022
, on observe une timide reprise de l'activité : entre janvier et novembre de cette même année 106 000 personnes ont visité l'île
179
Malgré son haut potentiel touristique, le tourisme à Madagascar est sous-développé. Les attractions touristiques malgaches incluent ses plages et sa biodiversité
180
. Pendant les
années 1990
, le tourisme était le deuxième revenu d'exportation du pays et lui rapporta près de
50 millions
de
dollars
. Le nombre de touristes visitant le pays ne cesse d'augmenter depuis les
années 1990
, malgré des baisses ponctuelles dues aux instabilités politiques, et devrait atteindre 500 000 visiteurs en 2018
181
. La grande majorité des touristes sont
; cela s'explique par les liens historiques et linguistiques qu'ont les deux pays.
Marché local
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Vente de primeurs.
Privée de comptabilité officielle, la production rurale écoulée ne laisse aucun indice économique. Ce secteur englobe l'élevage bovin, la culture du riz, la pêche artisanale,
etc.
Des
ONG
achètent des productions artisanales pour les vendre en France et réinvestir les gains dans l'éducation et l'économie malgaches
182
Main-d'œuvre locale
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Le salaire moyen mensuel par habitant à Madagascar compte parmi les plus bas du monde. En 2022, il était estimé à environ
44
euros
par mois
183
. Le
er
mai 2022
, le gouvernement et le patronat malgache ont fixés le salaire minimum mensuel à 250 000
ariary
soit environ
52 euros
184
Accaparement des terres
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Madagascar occupe le premier rang dans le classement des pays africains par rapport à la superficie des terres cédées aux investisseurs étrangers avec 3,7 millions d'hectares de terres agricoles cédées
185
. L'engouement pour les terres se poursuit dans le cadre d'autres projets agricoles ou miniers, et la transparence fait parfois défaut
186
Daewoo
, entreprise coréenne, avait obtenu un bail pour l'exploitation de plus d'un million d'hectares de surfaces agricoles en 2009
186
, en échange de la promesse d'
infrastructures
et d'emplois
187
. Cette zone était aussi grande que la moitié des biens arables du pays. Ce bail est arrêté après le
coup d'état de 2009
, qui conduit au départ forcé du président
Marc Ravalomanana
188
465 000
hectares de terres à Madagascar avaient été loués à une société indienne,
Varun International
, pour cultiver du riz pour la consommation en
Inde
189
Cela a été annulé par le nouveau gouvernement
189
L'achat des terres agricoles par de nouveaux investisseurs non occidentaux en pays tropicaux est habituellement présenté comme un accaparement inédit des terres paysannes.
La situation est souvent celle-ci : les investisseurs arrivés de longue date dans ces pays contrôlent la production, les filières et la commercialisation des denrées, sans avoir besoin d'endosser de nombreux aspects du « mic-mac » de la gestion des exploitations et la responsabilité éthique des revenus de misère de la main d'œuvre.
La terre reste nominalement propriété des paysans locaux mais la production et les valeurs ajoutées sont la propriété de fait des investisseurs étrangers et de quelques cooptés locaux. Ces derniers sont tenus par une
corruption
de longue date à laquelle aucun nouvel arrivant ne peut se soustraire. Il s'agit de situations acquises durant la
période coloniale
et consolidées pendant les cinquante années qui ont suivi.
Les investisseurs des
pays émergents
n'ont pas ces avantages d'antériorité de présence. Ils doivent payer au prix fort la terre, prendre en charge les investissements de terrain, gérer les aléas des facteurs de production, faire face directement aux conflits sociaux éventuels, payer plus cher la main d'œuvre et faire sur-enchère sur des décideurs déjà corrompus.
Les aspects de la contre-attaque des premiers arrivants sont multiformes : pression directe sur les États producteurs et indirecte par des institutions internationales pour annuler des contrats, faux semblants humanistes souvent repris sincèrement par les citoyens des pays développés, manipulation de la société civile organisée urbaine des pays sous-développés (presse locale et
ONG
locales corrompues,
etc.
).
Parfois aussi, des efforts sous forme d'opportunités immédiates mais aux bénéfices incertains à long terme, sont consentis à la paysannerie locale. À titre d'exemple, la flambée multifactorielle des prix de la vanille a introduit une concurrence qui a rapidement amélioré les revenus paysans des Malgaches mais également fragilisé la position monopolistique des importateurs traditionnels. Le fonds
Danone
, le Suisse
Firmenich
et l'Américain
Mars
ont mis
120 millions
d'euros sur la table en 2018 pour différents pays producteurs. À Madagascar, ils aideront 3 000 producteurs en contrepartie de l'asservissement de leur production à leur filière pendant
10 ans
190
Commerce en ligne
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Depuis l'amélioration significative des offres de connexion à
Internet
, le
commerce en ligne
a connu un développement timide mais constant. En 2017, un internaute malgache sur dix déclare avoir déjà effectué un achat en ligne. Les produits les plus achetés sur Internet concernent la
haute technologie
et le prêt-à-porter, ces deux catégories rassemblant à elles seules près de 50 % des ventes en ligne. Les freins majeurs au développement du commerce en ligne à Madagascar sont le manque de confiance dans l'
économie numérique
et les problèmes de
paiement en ligne
. C'est ainsi que la majorité des achats en ligne sont payés en
espèces
à la livraison. Malgré tout, plus d'un non-consommateur sur deux affirme être prêt à acheter sur Internet
191
Culture et patrimoine
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Article détaillé :
Culture de Madagascar
Arts
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Articles détaillés :
Culture de Madagascar
Liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité à Madagascar
et
Littérature malgache
Une littérature orale et écrite d'une grande richesse s'est développée à Madagascar. L'une des traditions artistiques les plus importantes de l'île est son art oratoire, qui s'exprime à travers le
hainteny
(poésie), le
kabary
(discours public) et l'ohabolana (proverbes)
192
. L'
Ibonia
, poème épique emblématique de ces traditions, s'est transmise au fil des siècles sous différentes formes à travers l'île et offre un aperçu des mythologies et croyances diverses des communautés malgaches traditionnelles
193
. Cette tradition s'est perpétuée au
XXe siècle
grâce à des artistes tels que
Jean-Joseph Rabearivelo
, considéré comme le premier poète moderne d'Afrique,
Jacques Rabemananjara
, poète, militant indépendantiste et lauréat du
Grand prix de la francophonie
en
1988
et
Elie Rajaonarison
, figure emblématique du renouveau de la poésie malgache.
Musique
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Artiste malgache utilisant le
valiha
Article détaillé :
musique malgache
La musique malgache est riche d'influences proches et lointaines dans le temps et l'espace. En effet, elle a su conserver son
patrimoine
ancien
austronésien
de l'
Asie du Sud-Est
, mais aussi de la proche
Afrique
et
Océanie
, celle de l'Arabie tout en amalgamant de nouveaux
genres
dus aux contacts avec l'
Europe
et les
États-Unis
La musique malgache est très
mélodique
et se distingue de nombreuses traditions de l'
Afrique
par la prédominance des instruments à cordes par rapport aux instruments à percussion
194
. Madagascar possède un riche patrimoine musical, incarné par des dizaines de genres musicaux régionaux, comme le
salegy
côtier ou l'
hira gasy
des hauts plateaux centraux. L'instrument le plus emblématique de Madagascar, la
valiha
, est une
cithare
tubulaire en bambou très semblable à celles utilisées traditionnellement en
Indonésie
et aux
Philippines
. La valiha est considérée comme l'instrument national de Madagascar
195
196
Sports
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Le
moraingy
, sport de combat malgache.
De nombreux passe-temps traditionnels ont vu le jour à Madagascar. Le
moraingy
, un type de combat au corps à corps, est un sport populaire auprès des spectateurs dans les régions côtières. La lutte contre les zébus, appelée
savika
ou
tolon-omby
, est également pratiquée dans de nombreuses régions. Outre les sports, une grande variété de jeux sont pratiqués. Parmi les plus emblématiques figure le
fanorona
, un
jeu de plateau
répandu dans les Hautes Terres. Selon une légende, la succession du roi
Andrianjaka
après son père
Ralambo
serait en partie due à l'obsession que le frère aîné d'Andrianjaka aurait eue pour le fanorona, au détriment de ses autres responsabilités
197
Les activités récréatives occidentales ont été introduites à Madagascar au cours des deux derniers siècles. Le
rugby à XV
est considéré comme le sport national de Madagascar
198
. Le
football
est également populaire. La
pétanque
est aussi très pratiqué dans les zones urbaines et sur les Hautes Terres
199
. Les programmes sportifs scolaires comprennent généralement le
football
, l'
athlétisme
, le
judo
, la
boxe
, le
basket-ball féminin
et le
tennis féminin
. Madagascar a envoyé ses premiers athlètes aux
Jeux olympiques
en
1964
et a également participé plusieurs fois aux
Jeux africains
Coutumes
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Le
famadihana
(sur les hauts plateaux centraux)
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famadihana
Vieille tradition austronésienne que l'on retrouve encore dans certaines îles d'Indonésie (
Bornéo
et
Bangka
notamment), le
famadihana
est un rituel d'exhumation des morts propre surtout aux peuples des
hauts plateaux
, notamment les
mérinas
200
, et qui se raréfie du fait de la christianisation. Quand le devin en donne le signal, le clan familial décide de commencer la cérémonie dite du
Famadihana
(« retournement des morts »). Exhumé quelques années après le décès, le défunt est d'abord porté en procession avec un cortège de musiciens, puis les ossements, après une toilette rituelle, sont enveloppés dans des
lambas
traditionnellement en soie naturelle (
lambamena
). La fête marque le retour définitif des ancêtres (les
razana
) parmi leurs descendants dont ils deviendront les protecteurs. Il s'agit bien d'une fête : la liesse est de règle, les pleurs et les lamentations sont proscrites. Le repas traditionnel à cette fête est le
vary be menaka
, du riz avec de la viande grasse (avec beaucoup de graisse, parfois on ajoute de la viande de porc à la viande de zébu). La famille organisatrice peut même préparer des tenues spéciales pour bien marquer la fête. Cette coutume n'est propre qu'à certaines tribus de Madagascar et est aussi une occasion de rassembler la grande famille et une occasion de voir qui sont les personnes qui préservent leur relation avec cette grande famille (ayant répondu à l'invitation et apporté une contribution habituellement financière).
Les
fady
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La vie en société est régie par les
fady
(interdits instaurés par les ancêtres).
À Madagascar, les
fady
peuvent concerner une région entière, des lieux particuliers, des familles ou une personne
201
Quelques exemples de
fady
il est interdit de pointer du doigt les baleines
202
ne pas tuer, ni manger de dauphins
ne jamais donner de coups de pied au mur au risque d'entraîner la mort de sa grand-mère maternelle ou paternelle
ne pas travailler la terre le jour du mardi
etc.
Les
fady
sont des moyens utilisés par les aînés pour apprendre aux plus jeunes le savoir-vivre et l'art de se comporter en société
203
. Et ils ont aussi des vertus dans la protection de l'environnement.
Fêtes et jours fériés
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Fêtes et jours fériés
Date
Nom français
Nom local
Remarques
er
janvier
Jour de l'an
Taom-baovao
Le premier jour de la nouvelle année est férié à Madagascar.
Lundi suivant Pâques
Lundi
de
Pâques
Alatsinain'ny Paska
Pâques est le premier dimanche qui suit la première pleine lune après le
21 mars
29 mars
Commémoration des martyrs de l'
insurrection de 1947
Martioran'ny tolona tamin'ny 1947
Commémoration des martyrs de l'insurrection qui a débuté le
27 mars 1947
et noyée dans le sang par l'armée coloniale française : 90 000 morts selon le commandant des troupes françaises de l'époque (
Général Garbay
).
er
mai
Fête du Travail
Fetin'ny asa
Traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques à Madagascar.
er
chawal
Fête de la rupture du jeûne ou la petite fête
Aïd el-Fitr
Marque la fin du ramadan.
Jeudi,
40 jours
après
Pâques
Ascension
Andro niakarana
Jésus
, ayant rassemblé ses disciples, rejoint son Père aux cieux.
Lundi suivant le septième dimanche après
Pâques
Lundi de
Pentecôte
Alatsinain'ny Pentekosta
Descente du
Saint-Esprit
parmi les
apôtres
26 juin
Fête nationale
Fetim-pirenena
Commémoration de la signature de l'acte d'Indépendance de l'île, de la colonisation française, le
26 juin 1960
10
dhou al-hijja
La grande fête ou fête du sacrifice
Aïd al-Adha
Commémore le sacrifice du prophète Abraham.
15 août
Assomption
Asompsiona
Transport au ciel de la
Vierge Marie
er
novembre
Toussaint
Fetin'ny olo-masina
Fête de tous les
saints
25 décembre
Noël
Krismasy / Noely
Naissance de
Jésus-Christ
Données statistiques
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Capitale :
Antananarivo
Population : 29 178 075 habitants (en 2022)
Superficie : 587 040
km
Densité : 43,5
hab.
/km
Frontières terrestres : 0
km
Littoral : 4 828
km
Extrémités d'altitude : 0
> + 2 876
Espérance de vie des hommes : 68,2 ans (en 2022)
Espérance de vie des femmes :
67 ans
(en 2009)
Taux d'accroissement naturel : 2,7 % (en 2022)
Taux de natalité : 36,2
(en 2010)
Taux de mortalité : 6,8
(en 2010)
Taux de mortalité infantile : 41
(en 2011)
Taux de fécondité : 4,6
enfants/femme
(en 2009)
Age médian : 19,6 ans (en 2022)
Taux d'électrification des foyers : 15 % (en 2019)
204
Lignes de téléphone : 172 181 (en 2009)
Téléphones portables : 8 600 000 (en 2012)
Postes de radio : 3,05 millions (en 1997)
Postes de télévision : 2 700 000 (en 2008)
Utilisateurs d'Internet : 5 000 000 (en 2020)
205
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 5 (en 2007)
Routes : 50 000
km
(dont 5 000 bitumées)
Voies ferrées : 893
km
(écartement métrique)
Nombre d'aéroports : 130 (dont 29 avec des pistes bitumées)
Migration
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Nombres de passeports à l'émigration par année :
Ville
2007
2008
2009
2010
Antsiranana
200
NC
NC
NC
Mahajanga
190
NC
NC
NC
Toamasina
234
NC
NC
NC
Antananarivo
3 000
NC
NC
NC
Toliara
20
NC
NC
NC
Fianarantsoa
NC
NC
NC
NC
Association internationale et partenaire local
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Année
Pays
Nom Association
Partenaire local
Financement cumulé moyenne
5 ans
(€
. 1
Intérêts
Zone d'actions
1976
1962
ONU
États-Unis
UNICEF
USAID
Gouvernement
Communauté
250 000 (2010/02)
206
2 962 970 (2010/03)
207
Hôpitaux-Pharmacies
Écoles-Produits alimentaires
Habitats-Nature
tout le pays
1991
France
Aide et Action
208
896 000
Écoles-Produits alimentaires
tout le pays
1996
France
Partage
209
[réf. non conforme]
ASA
210
NC
Écoles
Terres agricoles
autour d'Antananarivo
1863
Suisse
Croix-Rouge
Croix-Rouge Malagasy
211
[réf. non conforme]
100 000 (2010/02)
206
250 000 (2009/07)
70 000 (2009/12)
. 2
Hôpitaux-Pharmacies
Urgences humanitaires
tout le pays
et l'océan Indien
France
Français du Monde - ADFE
212
Ambassade France
Autres écoles privées
malgaches
Ecolages scolaires annuels
. 3
Variant de 900 à 1 800
+ Subvention État français
Écoles françaises
. 4
homologuées France
gestion et création
tout le pays
1984
France
CIRAD
213
Ambassade France
Ministère agriculture Malgache
Industrialisation
Commercialisation
Biologique
autour d'Antananarivo
2008
France
SIF - Secours Islamique France
214
[réf. non conforme]
ONU - ONG locales
NC
Sécurité alimentaire
Eau-assainissement
Enfance
Antananarivo et Androy
2010
Suisse
Puits en Madagascar
215
NC
Construction de Puits
Tout le pays
1976
Italie
PAM
Gouvernement
300 000 (2010/02)
Programme alimentaire
Antananarivo/Toliara/Toamasina/Fianarantsoa
206
France
GRET
216
[réf. non conforme]
GRET-ONG
217
[réf. non conforme]
280 000 (2010/02)
206
Terres agricoles
Centre et Sud du Pays
2007
France
Grandir Ailleurs
OSCAPE
Éducation, économie
Antsirabe
Association locale et ressource extérieure
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Les Organisations paysannes faitières : RESEAU SOA, CPM, KOLOHARENA, FIFATA, FEKRITAMA, FENAM (Filière Apiculture) en collaboration avec le Tranoben'ny Tantsaha (chambre d'Agriculture à Madagascar). Source FIDA.
Création
Association
Financier extérieur
Nature de l'aide
intérêts
Siège
1974
SAF-
FJKM
218
[réf. non conforme]
Alliance ICCO
219
[réf. non conforme]
UNDP
UNAIDS
Global Funds
APPEL
UNICEF
UE
WATER AID
Money For Madagascar
Église presbytérienne des États-Unis
Développement humain
Antananarivo
1989
Association Akamasoa
du
Père Pedro Opeka
220
Union européenne
France
Aide d'urgence
Lutte contre la pauvreté
Éducation
Santé
Antananarivo (Andralanitra)
1999
ZOMARÉ
221
Armor Cuisine (Paris-Bobigny)
Frame Acime
222
[réf. non conforme]
Conseil général du Finistère
Produits alimentaires
Fiduciaire
École de Musique
Antsiranana (Diego-Suarez)
Notes et références
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Notes
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~ 2 400
ariarys malgaches
~ 13 000 francs malgaches.
Don de l'ambassade de France au resto du cœur Madagascar à Antananarivo.
par élève à statut externe du primaire au lycée,
Archive.org
Wikiwix
Google
Que faire ?
(consulté le
6 mai 2013
à caractère consulaire et coopération gouvernement république française et malgache de 1972 à 1988 avec uniquement des professeurs de l'
éducation nationale française
nommés au
journal officiel
Pour l'historien Edouard Ralaimihoatra, ces Autronésiens qu'il appelle de manière globale les
Vazimba
— sans faire le distinguo entre ceux des côtes, les Vezo, et ceux de la forêt de l'intérieur, les Vazimba — ont « apporté dans l'île le fond de la langue malgache et des techniques d'origine indonésienne, pirogues à balanciers, rizières inondées, cases en bois équarris ou en branchage construites sur pilotis, villages édifiés sur les hauteurs entourés de fossés,
etc.
Ce fond a reçu des apports résultant d'échanges humains entre l'
Afrique
et Madagascar, grâce à la navigation arabe entre les côtes de l'
Arabie
, de l'
Afrique de l'Est
et de la Grande Île (Ralaimihoatra E., « Les Primitifs malgaches ou Vazimba », in
Histoire de Madagascar
).
Rafandrana, un des ancêtres de la dynastie royale
merina
, par exemple, est connu pour avoir été un Vazimba (Callet, 1908). Les deux reines fondatrices de la royauté Merina,
Rafohy
et
Rangita
, étaient désignées comme Vazimbas. Comme la plupart des
Austronésiens
, les chefs Ntaolo (Vazimbas et Vezos) de Madagascar avaient pour coutume de placer les corps de leurs défunts dans des pirogues et de les enfouir dans des lacs artificiels (Vazimbas de l'intérieur) ou dans la mer (Vezos des côtes)
En 1991,
Albert Zafy
, à la tête des partisans du changement, engage une marche massive sur chaque ministère d'État de la capitale. Les manifestants destituent le ministre en place de son siège et installent le leur. Mais, arrivés à la résidence du président Ratsiraka, ils se heurtent à trois barrages militaires de la garde. Au franchissement du troisième barrage, la garde « spéciale » présidentielle ouvre le feu sur la foule. Dans la panique, survolés par des hélicoptères, des manifestants périssent sous les balles. D'autres sont victimes des mines préventives installées dans les rizières alentour.
La Savonnerie tropicale est une entreprise alimentant pour beaucoup les mouvements politiques - Article de Madagascar Tribune - Édition du
21 juin 2008
- Citron Plus contre Savonnerie Tropicale / CONECS.
« Si nous avons encore pu tenir jusqu'à maintenant, c'est grâce à notre capacité de management. Malgré l'appel que nous avons lancé à plusieurs reprises, et les crises que nous avons endurées, le gouvernement n'a jamais levé le petit doigt pour nous appuyer »
, André Ramaroson,
PDG
de Savonnerie tropicale sur l'
Express de Madagascar
, édition du
21 novembre 2008
« Dès qu'il a été réélu, en
décembre 2006
, Marc Ravalomanana a ajusté la Constitution malgache pour pouvoir, à coups d'ordonnances, diriger Madagascar aussi bien que sa propre entreprise. Cette entreprise, vouée à l'origine à la transformation de produits laitiers, est devenue un empire présent dans pratiquement tous les secteurs économiques qui marchent. Il n'y aurait rien à redire si ce n'est sa manière d'avoir éliminé certains opérateurs économiques malgaches performants (mais corrompus) pour accaparer leurs affaires existantes depuis des décennies »
, Jeannot Ramambazafy – Journaliste -
madagate.com
Auparavant, avant 1994 toute devise étrangère devait être déclarée à l'entrée sur le territoire malgache avant de pouvoir être utilisée, avec obligation d'échange dans une banque malgache avec justificatif. Les devises non échangées en ressortent avec le justificatif initial et celui de la banque.
Références
modifier
modifier le code
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{{ lien brisé | url = http://example.com | titre = Un exemple }}
(syntaxe de base)
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est obligatoire,
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est compatible avec
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territoire d'outre-mer
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Madère
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UMA
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Tunisie
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Burkina Faso
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Côte d'Ivoire
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Guinée
Guinée-Bissau
Liberia
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Niger
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Sénégal
Sierra Leone
Togo
Zone
franc CFA
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Bénin
Burkina Faso
Côte d'Ivoire
Guinée-Bissau
Mali
Niger
Sénégal
Togo
CEMAC
16 mars 1994
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Cameroun
République centrafricaine
Guinée équatoriale
Gabon
République du Congo
ZMOA
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Ghana
Guinée
Liberia
Nigeria
Sierra Leone
CEEAC
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Tchad
Cameroun
République centrafricaine
Guinée équatoriale
Gabon
République du Congo
Sao Tomé-et-Principe
Rwanda
Burundi
République démocratique du Congo
Angola
CEPGL
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Burundi
République démocratique du Congo
IGAD
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Éthiopie
Kenya
Ouganda
Somalie
Soudan
Soudan du Sud
EAC
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6 États membres :
Burundi
Kenya
Ouganda
Rwanda
Soudan du Sud
Tanzanie
SADC
17 août 1992
16 États membres :
Afrique du Sud
Angola
Botswana
Comores
Eswatini
Lesotho
Madagascar
Malawi
Maurice
Mozambique
Namibie
République démocratique du Congo
Seychelles
Tanzanie
Zambie
Zimbabwe
SACU
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