Paul VI — Wikipédia
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Pour les articles homonymes, voir
Paul
VI
(homonymie)
Saint Paul
VI
Saint catholique
Paul
VI
en 1969.
Biographie
Nom de naissance
Giovanni Battista Enrico Antonio Maria Montini
Naissance
26
septembre
1897
Concesio
Italie
Père
Giorgio Montini
Ordination sacerdotale
29
mai
1920
Décès
août
1978
(à 80 ans)
Castel Gandolfo
Italie
Saint de l'Église catholique
Canonisation
14
octobre
2018
par
le
pape
François
Béatification
19
octobre
2014
par
le
pape
François
Pape de l'Église catholique
Élection au pontificat
21
juin
1963
(à 65 ans)
Intronisation
30
juin
1963
Fin du pontificat
août
1978
15 ans, 1 mois et 16 jours
Jean
XXIII
Jean-Paul
er
Cardinal de l'Église catholique
Créé
cardinal
15
décembre
1958
par le
pape
Jean
XXIII
Titre cardinalice
Cardinal-prêtre
de
Santi Silvestro e Martino ai Monti
Évêque de l'Église catholique
Ordination épiscopale
12
décembre
1954
par le
card.
Eugène Tisserant
Archevêque
de
Milan
12
décembre
1954
21
juin
1963
Alfredo Ildefonso Schuster
Giovanni Colombo
In nomine Domini
(« Au nom du Seigneur »)
(en)
Notice sur
catholic-hierarchy.org
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Giovanni Battista Montini
, né le
26 septembre 1897
Concesio
royaume d'Italie
) et mort le
6 août 1978
Castel Gandolfo
Italie
), est un
prélat
catholique
italien
et saint de l'
Église catholique
, élu
pape
le
21 juin 1963
sous le nom de
Paul
VI
(en
latin
Paulus
VI
, en
italien
Paolo
VI
). En qualité d'
évêque de Rome
et
chef d'État
du
Vatican
, il est le
262
pape
de l'Église catholique jusqu'à sa mort.
Comme souverain pontife il succède à
Jean XXIII
et s’attache à poursuivre et conclure le
concile Vatican II
, amorçant ainsi une profonde mise à jour (
aggiornamento
) de l’Église. Paul VI joue un rôle central dans la réforme de la
Curie romaine
, la création du
synode
des évêques, la modernisation de la
liturgie
(notamment l’introduction des langues nationales dans la messe), et la publication de plusieurs
encycliques
majeures comme
Ecclesiam Suam
(1964),
Populorum progressio
(1967) sur le développement des peuples, et
Humanæ vitæ
(1968) sur la régulation des naissances.
Premier pape à voyager hors d’
Europe
depuis 1870, il marque l’histoire par ses nombreux déplacements apostoliques sur tous les continents :
Terre sainte
Inde
ONU
New York
Fátima
Colombie
Ouganda
Extrême-Orient
, etc. Il s’engage aussi résolument dans le dialogue
œcuménique
, levant en 1965 l’
excommunication
mutuelle entre Rome et
Constantinople
datant du
schisme de 1054
, et rencontrant de nombreux chefs d’Églises chrétiennes.
Son pontificat, traversé par les bouleversements des années
1960
1970
, est marqué par le souci de l’ouverture au monde moderne, la défense de la doctrine catholique et la promotion du dialogue, mais aussi par des tensions internes, certains jugeant ses réformes trop timides, d’autres trop audacieuses.
Paul VI est
béatifié
par le pape
François
le 19 octobre 2014, puis
canonisé
le 14 octobre 2018. Sa fête liturgique est célébrée le 29 mai, date de son ordination sacerdotale.
Jeunesse et ascension
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Origines
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La maison natale de Giovanni Battista Montini à
Concesio
Issu d'une famille
catholique
d'origine montagnarde
, Giovanni Battista Enrico Antonio Maria Montini est le fils de Giorgio Montini (1860-1943), directeur du journal catholique
Il cittadino di Brescia
, plusieurs fois parlementaire, et de Giuditta Alghisi (1874-1943).
Après avoir achevé ses études de droit en 1882, Giorgio Montini prend la direction du journal catholique de la ville de
Brescia
Il Cittadino di Brescia
. Représentant dans sa province du Mouvement catholique (
Movimento cattolico
note 1
, il fonde des cuisines économiques, un dortoir Saint-Vincent pour accueillir les déshérités, et un « Secrétariat du peuple » destiné à donner des conseils juridiques et administratifs aux paysans et aux ouvriers
Giuditta Alghisi est originaire de
Verolavecchia
, un village situé au sud de
Brescia
. Ayant perdu ses parents très jeune, elle fut placée sous l'autorité d'un tuteur et envoyée dans un pensionnat religieux à
Milan
. Elle épouse Giorgio Montini le
er
août 1895
21 ans
, quinze jours à peine après sa majorité.
Giovanni Battista Montini naît le
26 septembre 1897
Concesio
. Il est
baptisé
à l'église de Pieve di Concesio le
30 septembre
de la même année
note 2
Il a deux frères : l'aîné, Lodovico (né le
8 mai 1896
, décédé en 1989)
, devient député puis sénateur de la
Démocratie chrétienne
, et le puîné, Francesco (décédé le
8 janvier 1971
, médecin.
Comme le veut la coutume pour les familles bourgeoises de
Brescia
, il est confié à une nourrice. C'est Clorinda Zanotti, une mère de quatre enfants vivant à
Sacca di Nave
(près de Concesio), qui s'occupe de lui pendant quatorze mois.
Giorgio Montini meurt en
janvier 1943
. Giuditta meurt en
mai 1943
, quelques mois après son mari.
Études (1902-1920)
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Scolarité
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La façade de l'église Santa Maria della Pace (Brescia).
En 1902, Giovanni Battista commence sa scolarité au collège Cesare-Arici de Brescia, tenu par des
jésuites
. Il y fait la connaissance d'Andrea Trebeschi, avec qui il entame ses premières grandes actions
[Lesquelles ?]
pendant la
Première Guerre mondiale
. Il fréquente également en parallèle la congrégation des
oratoriens
de Santa Maria della Pace, inspirée par
Philippe Néri
De santé fragile, il est handicapé par une croissance trop rapide et souffre de problèmes cardiaques
, ce qui le contraint à suspendre sa scolarité au bout de deux ans. Sa mère le fait alors étudier à la maison.
L'année suivante (en 1905), Montini reprend l'école. Ses études, quoique décousues, sont assez brillantes, si bien que ses camarades le surnomment « le bûcheur ». Il doit suspendre à nouveau ses études en 1910, toujours pour des raisons de santé. Ses parents décident alors de le retirer définitivement du collège et de lui faire donner des cours particuliers, afin qu'il puisse présenter l'examen de fin d'études secondaires en candidat libre.
Dès le collège, il rejoint l'association Manzoni, du nom de l'auteur italien
Alessandro Manzoni
, qui rassemble des élèves et des étudiants catholiques.
En 1913, il présente un examen d'études secondaires au lycée d'État de
Chiari
puis passe sa
maturità classica
, l'équivalent italien du baccalauréat français, en
juin 1916
. Il est admis au
séminaire
à la rentrée suivante.
Séminariste sans passer par le séminaire
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Naissance de sa vocation
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Giovanni Battista Montini n'ayant laissé aucun journal intime, on ne peut déterminer avec exactitude comment est née sa vocation. Plusieurs épisodes de sa jeunesse l'ont néanmoins marqué, ce qui a pu déclencher chez lui les premières interrogations.
En 1903, son père annonce la mort du pape
Léon
XIII
à son fils de
6 ans
Paul
VI
avouera plus tard qu'il en ressentit
« une grande émotion »
La famille Montini se rend à
Rome
en 1907 et est reçue par le pape
Pie
. La même année, Giovanni Battista Montini, qui a
10 ans
, fait sa première communion et reçoit quinze jours plus tard le sacrement de
confirmation
. Toujours la même année, les Montini emménagent au 17 via delle Grazie à Rome, à proximité de l'
église Santa Maria delle Grazie
. Ce sanctuaire marial est régulièrement fréquenté par la famille.
En 1910, une
communauté bénédictine
s'installe à
Chiari
. Giovanni Battista Montini,
13 ans
, contraint de rester chez lui pour étudier, assiste souvent aux
complies
et y fait quelques
retraites spirituelles
. Il restera toujours en contact avec les moines de cette
abbaye
: recevant en 1973 au
Vatican
des abbés bénédictins, il leur dit que c'est à Chiari qu'a germé sa vocation.
Enfin, après avoir quelque temps songé à la
vie religieuse
, il entre au
séminaire
en
septembre 1916
Déroulement du « séminaire »
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Vue de
Brescia
dans les années 1920.
C'est au séminaire Santangelo de
Brescia
que Giovanni Battista Montini entre en
septembre 1916
. Pourtant, il ne suit pas la même formation que ses confrères séminaristes : son état de santé demeurant fragile, le supérieur du séminaire et l'évêque de Brescia acceptent d'emblée que le jeune homme ne soit pas soumis à la vie d'
internat
. Assistant d'abord aux cours en habits civils, il ne peut rapidement plus venir au séminaire. S'ensuit alors une formation solitaire, à la maison, où quelques prêtres viennent l'assister.
Ces temps de solitude lui permettent de garder un lien fort avec la société qui l'entoure. Il prend tout d'abord la présidence de l'association Manzoni en 1917, grâce à laquelle il lance une « bibliothèque du soldat » destinée à envoyer aux soldats du front de bons livres leur permettant de se distraire et de nourrir leur
foi chrétienne
. Il fonde en parallèle la « Maison du soldat français »
[réf. nécessaire]
, où les militaires peuvent lire journaux et livres.
En
juin 1918
, Giovanni Battista Montini s'attelle à un autre grand projet : défendre la
liberté de l'enseignement
. Il lance avec des amis le magazine
La Fionda
, dans lequel il réclame notamment la création d'une
université
catholique.
Enfin, il prend position en faveur du
PPI
dont son père est député à trois reprises. Ce parti prône la liberté de l'enseignement, la défense de la famille et d'autres points plus administratifs.
Ces actions sociales entament nécessairement le temps de formation sacerdotale du jeune séminariste, dont les études sont alors parcellaires et discontinues. Hormis les quelques cours particuliers que certains prêtres viennent lui dispenser, il étudie des
compendiums
et lit des ouvrages éclectiques, religieux comme profanes. Ce sont des
« lectures variées et hétérogènes, vastes et désordonnées »
Le
21 novembre 1919
, il revêt enfin la
soutane
. Six mois plus tard, il est ordonné prêtre : entre les deux dates, il reçoit la
tonsure
le
30 novembre
, puis les
ordres sacrés
, notamment le
sous-diaconat
le
28 février 1920
qui le conduit à l'
ordination sacerdotale
Prêtre (1920-1954)
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Ordination
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Giovanni Battista Montini, le jour de son ordination sacerdotale.
Après une
retraite spirituelle
qu'il doit interrompre à cause de la chaleur, Montini est ordonné
prêtre
le
29 mai 1920
. Une dérogation a dû lui être accordée du fait de son âge, le
Code de droit canonique
disposant alors que le candidat doit avoir vingt-quatre ans révolus.
Il célèbre sa première messe le lendemain en l'église Santa Maria delle Grazie de Brescia ; la nappe d'autel a été taillée dans une robe de sa mère. Les images d'ordination qu'il a fait imprimer portent une citation de
Pie
« Accordez, ô mon Dieu, que tous les esprits s'unissent dans la Vérité et tous les cœurs dans la Charité »
Études romaines
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Arrivée à Rome
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La santé de don Battista Montini ne lui permettant pas de lui voir confier la charge d'une
paroisse
, son évêque Gaggia, qui a repéré ses qualités intellectuelles et spirituelles, décide de l'envoyer à
Rome
pour compléter ses études
La
Grégorienne
, une des universités de Rome où le père Montini poursuit ses études.
Don Battista Montini arrive à Rome le
10 novembre 1920
, demeurant au
séminaire pontifical lombard
. Il y étudie dans deux universités : à la
Grégorienne
(dirigée par les
Jésuites
) et à la
Sapienza
(université d'État, laïque). Cette double formation coïncide avec la ligne directrice qui orientera son pontificat : l'ouverture vers le monde
laïc
. Parallèlement à ses études, il continue de collaborer pour
La Fionda
et écrit des nouvelles.
Il aide en outre son père à mener sa campagne électorale pour la
XXVI
législature du royaume d'Italie
. Le
Parti populaire italien
n'y obtient que
107 sièges
. Pour la première fois,
35 fascistes
(dont
Mussolini
) y sont élus.
Admission à l'Académie des nobles ecclésiastiques
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Le
27 octobre 1921
, Montini se fait connaître des autorités
vaticanes
par l'intermédiaire d'un ami de son père, le député
Giovanni Maria Longinotti
(it)
note 3
. Il est reçu par
Giuseppe Pizzardo
, substitut à la secrétairerie d'État. Recommandé par Longinotti, Montini se voit proposer une inscription à l'
Académie des nobles ecclésiastiques
sise à Rome. Cette institution de haut niveau avait été fondée en
1701
par
Clément
XI
pour former les clercs destinés au service diplomatique du
Saint-Siège
Entrée de l'
Académie des nobles ecclésiastiques
Intégré à contre-cœur en novembre à l'Académie, Montini y étudie le latin, l'histoire ecclésiastique, la diplomatie et le droit. Il publie un opuscule commentant l'ouvrage de son maître spirituel le père
Giulio Bevilacqua
oratorien
de Brescia qu'il fera
cardinal
en
février 1965
10
),
La Lumière et les ténèbres
Après avoir voyagé en
Allemagne
et en
Autriche
durant l'été
1922
note 4
, le jeune prêtre passe son doctorat en
droit canon
le
9 décembre
suivant.
Attaché à la nonciature de Varsovie
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En mai
1923
, don Battista Montini apprend qu'il est affecté à la
nonciature
de
Varsovie
en tant qu'
attaché à la nonciature
. Sans attribution déterminée, il ne touche aucun traitement et vit de l'argent que ses parents lui envoient et des honoraires de messes. De la
Pologne
, il suit la politique italienne et dénonce dans ses lettres le rapprochement de certains membres du PPI avec le parti de
Mussolini
. Don Battista est admis à revenir à Rome en
octobre 1923
, grâce à Lauri, nonce de Varsovie, et à son père qui fait valoir que la santé de son fils supporterait très mal l'hiver polonais.
Aumônier du Cercle romain de la FUCI
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La
FUCI
Fédération des universitaires catholiques italiens
) est une branche de l'
Action catholique italienne
(ACI). Il s'agit d'une association composée de différents cercles en liens étroits avec la hiérarchie ecclésiastique, chaque cercle étant spirituellement dirigé par un aumônier.
Un an après son retour de
Pologne
, Montini est nommé fin
novembre 1923
aumônier du Cercle romain de la FUCI par son protecteur et ami Pizzardo. Son travail est de remettre de l'ordre dans ce cercle en y épurant ses activités politiques agitées pour y remettre un sang neuf de vie culturelle et religieuse, dans le but indirect de renforcer les liens entre la FUCI et l'ACI.
Don Battista n'abandonne pas pour autant son combat politique et milite pour l'indépendance du PPI face au fascisme pour les élections législatives de
1924
. Toutefois, le parti est divisé et n'obtient plus qu'une quarantaine de fauteuils à l'assemblée.
Durant l'été
1924
, Montini fait un séjour d'un mois en
France
: il prend des cours de français à l'
Alliance française
de
Paris
dispensés par
René Doumic
, et visite notamment le
musée du Louvre
ainsi que la ville de
Lisieux
et son
carmel
, où repose
sainte Thérèse
Secrétairerie d'État
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Alors qu'il n'a que vingt-sept ans, Montini reçoit une lettre de Pizzardo l'informant que le pape
Pie
XI
l'autorise à le faire entrer à la
secrétairerie d'État
. Il commence sa fonction le
24 octobre 1924
en tant que
préposé
, le poste le plus modeste.
Employé à la Curie
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Après plusieurs mois d'apprentissage, on le nomme
minutante
le
9 avril 1925
à la section des Affaires ordinaires. Il est chargé de rédiger, d'après les instructions reçues, les brouillons, instructions et circulaires envoyés par la section.
Montini continue en parallèle son apostolat auprès des jeunes, travaillant au
Vatican
le matin puis au Cercle romain de la FUCI l'après-midi. Son activité apostolique n'est pas de tout repos : il organise des conférences, donne des leçons sur la morale chrétienne et prêche des retraites. Pourtant, un incident survient au printemps
1925
: don Battista organise une semaine d'études sociales pour les jeunes où son frère Lodovico, alors enseignant en sciences économiques et sociales à
Milan
, fait une intervention. Le quotidien du PPI vante l'engagement politique des Montini dans lequel est inclus le jeune prêtre. Le cardinal
Pompilj
se plaint auprès de Pizzardo que le Cercle se « politise ».
Camérier secret et aumônier national de la FUCI
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Mais les événements internes à la
FUCI
incitent le pape
Pie
XI
à nommer Montini aumônier national de la
FUCI
en vue de « dépolitiser » la fédération, de la désolidariser du PPI et de contrôler les mouvements étudiants.
Pour renforcer l'autorité de l'aumônier,
Pie
XI
le nomme
camérier secret
, titre qui ne correspond plus à une fonction précise. Don Battista donne une ligne plus culturelle et religieuse à la fédération.
La direction spirituelle de la FUCI doit faire face aux multiples incidents qui naissent entre les étudiants catholiques et fascistes. Par exemple, à l'occasion de la réouverture de l'église Saint-Yves de Rome, un journal (
La Sapienza
) est édité, on y trouve des critiques contre le gouvernement et, indirectement, contre le pape lui-même, jugé inactif.
Pie
XI
convoque Montini pour avoir le nom de l'auteur de l'article provocateur. La tentative d'assassinat de
Mussolini
, le
31 octobre 1926
, envenime ces oppositions.
Montini adopte alors une nouvelle stratégie pour évangéliser le milieu étudiant sans risquer de heurts : le
combat culturel
, visant à former de l'intérieur le milieu étudiant en donnant un nouvel élan à la culture catholique. Il fonde la maison d'édition Studium et crée un bimensuel,
Azione fucina
. Tout en publiant des articles, il rédige aussi une importante étude sur la vie et l'enseignement du Christ d'après le Nouveau Testament. Ses écrits témoignent de l'influence qu'exercent sur lui l'abbé
Maurice Zundel
note 5
et le philosophe
Jacques Maritain
note 6
La montée du fascisme inquiète Montini, qui émet les plus grandes réserves lors de la conclusion des
accords du Latran
« La méfiance et la prudence ne doivent jamais cesser, voilà la conclusion, et seuls les superficiels et les irresponsables peuvent éprouver, d'une façon méprisable, une joie complète »
, écrit-il à ses parents une semaine après la signature des accords
11
. Il accepte toutefois d'y assister. Peu après, il exclut de la FUCI les étudiants qui refusent de quitter le Groupement universitaire fasciste. Malgré ses concessions, il est repéré à l'intérieur comme à l'extérieur de la curie comme un des tenants de la ligne d'opposition au fascisme. Il rencontre de futurs dirigeants de la Démocratie chrétienne, parmi lesquels
Aldo Moro
, avec lequel il entretient des rapports personnels d'amitié.
Primo Minutante
et démission forcée de la FUCI
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Un an après la signature des accords du Latran, le cardinal
Pietro Gasparri
abandonne sa charge de secrétaire d'État, poste rapidement pourvu par le cardinal Pacelli, futur
Pie
XII
. Ce changement de poste est précédé par un remaniement au sein de la congrégation, et Montini est nommé
primo minutante
en succession de
Domenico Tardini
, nommé sous-secrétaire.
Malgré son nouveau poste et l'accroissement de la charge de travail en découlant, Montini continue son apostolat auprès des étudiants de la FUCI.
Néanmoins, le mouvement essuie bientôt de grandes difficultés, et Montini se voit contraint d'en démissionner.
D'une part, la presse fasciste soupçonne la FUCI et autres mouvements catholiques d'être des
« organisations concurrentes des corporations fascistes »
, ce qui conduit
Mussolini
à interdire aux adhérents du Parti fasciste d'appartenir à tout mouvement d'action catholique
12
. Des accords sont signés le
2 septembre 1931
entre le Saint-Siège et le gouvernement, dans lesquels l'Église fait de nombreuses concessions, ce que désapprouve Montini.
D'autre part, Montini lui-même doit faire face à plusieurs accusations. Le nouvel aumônier du cercle romain de la FUCI, Ronca, dénonce la circulaire envoyée par Montini (aumônier national) pour
Pâques
1931, dans laquelle il critique notamment « l'inutile et malséante multiplicité de candélabres, palmes, fleurs, etc. » qui décore les autels des églises
13
, ce qui choque plusieurs aumôniers locaux du mouvement. Ensuite, son ouvrage
La Via di Cristo
La Voie du Christ
) n'obtient que difficilement le
nihil obstat
de l'évêque de
Brescia
. Enfin, des rivalités naissent entre la FUCI et les jésuites, qui enseignent à la
Grégorienne
, l'enseignement des deux mouvements étant en concurrence.
Le
12 mars 1933
, un article anonyme d'
Azione fucina
annonce la démission de Montini de sa charge d'aumônier national des associations universitaires catholiques. Beaucoup pensent qu'il s'agit là d'une démission forcée
14
Une fois démis de ses fonctions, Montini consacre son temps, parallèlement au léger travail qu'il exerce à la secrétairerie d'État, à l'enseignement et à l'écriture. Il poursuit en effet son enseignement d'histoire de la diplomatie pontificale à l'
université du Latran
et assure un cours d'introduction au dogme catholique dans la même université. Il publie en outre
La Vie du Christ
et une
Introduction à l'étude du Christ
, et réalise une traduction de
La Religion personnelle
du père
de Grandmaison
. L'été 1934 est pour lui l'occasion de voyager en
France
, en
Grande-Bretagne
et en
Irlande
. Il s'éloigne de Rome pendant toute l'année 1935 pour des raisons de santé, et se repose près de sa région natale de Brescia. À son retour, il retourne à son travail à la secrétairerie d'État, sans entrain et avec lassitude.
Substitut aux Affaires ordinaires
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Fonctions du substitut
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Le
palais apostolique
, nouveau lieu de résidence de Montini.
Lors du
consistoire
du
13 décembre 1937
, le pape
Pie
XI
crée cardinal Pizzardo. Ce dernier est remplacé aux Affaires extraordinaires par Tardini, lui-même remplacé à sa charge de
substitut aux Affaires ordinaires
par Montini.
Cette promotion importante, faisant connaître Montini au-delà du
Vatican
, s'accompagne d'autres promotions annexes : consulteur de la Congrégation consistoriale et consulteur de la Congrégation du Saint-Office. Montini quitte alors le
palais du Belvédère
pour loger au
palais apostolique
, sous les bureaux de la secrétairerie d'État. En tant que substitut aux Affaires ordinaires, Montini devient un proche collaborateur du pape et il est chargé des relations du Saint-Siège avec les grands organismes de l'Église ; il peut transmettre des recommandations et des directives de la part de l'autorité supérieure, en plus d'un rôle d'intermédiaire où il fait part notamment du point de vue du Saint-Siège à des personnalités venant le visiter. Sa journée-type commence par une étude des dossiers, puis une réception par le secrétaire d'État Pacelli, avant la réception de cardinaux, évêques ou diplomates lors des audiences qu'il accorde.
Seconde Guerre mondiale
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Cependant, la
Seconde Guerre mondiale
bouscule cette organisation. Montini, présent lors de la signature du
concordat du
20 juillet 1933
entre le Saint-Siège (représenté par Pacelli, le futur pape
Pie
XII
) et le
Troisième Reich
15
, est en effet un témoin privilégié de la guerre et de l'action du Saint-Siège face à celle-ci. Le
nazisme
, déjà condamné par
Pie
XI
dans l'
encyclique
Mit brennender Sorge
, continue d'inquiéter le Saint-Siège quand l'
Allemagne
annexe l'
Autriche
en
mars 1938
, lors de l'
Anschluss
Le
10 février 1939
, le pape
Pie
XI
meurt ; son successeur, le cardinal
Eugenio Pacelli
, est élu le
2 mars
suivant et prend le nom de
Pie
XII
. Pendant le temps du
conclave
, Montini veille à l'organisation matérielle des lieux où se réunissent les cardinaux. Une fois élu,
Pie
XII
nomme le cardinal
Luigi Maglione
secrétaire d'État, mais garde les deux substituts. Montini et le pape se voient tous les jours avant la guerre et pendant celle-ci, multipliant les audiences et les productions de documents. En
juillet
et
août 1939
, le
Manfred Kirschberg, de Paris, demande à Montini d'attribuer aux juifs d'Europe un territoire en
Angola
(territoire portugais) pour les préserver des persécutions, mais le projet n'aboutit pas
16
Dès le début de la guerre, Montini se voit confier la responsabilité du Bureau d'informations, organe de liaison entre les
prisonniers de guerre
ou internés civils et leurs familles, notamment en donnant à ces dernières des nouvelles des prisonniers par radio. En
janvier 1940
Pie
XII
demande à Montini de diffuser des messages via
Radio Vatican
pour dénoncer le sort réservé par les nazis au clergé et aux civils polonais. Après l'entrée des Allemands dans
Paris
le
14 juin 1940
, Montini adresse un message de soutien à l'abbé Martin, seul Français de son service
17
. Outre les activités prenantes du Bureau d'informations, le substitut accorde de nombreuses audiences aux diplomates en visite au Vatican, et participe à la distribution de secours, par l'intermédiaire de la
Croix-Rouge
, aux prisonniers et aux populations civiles.
Rapidement, Montini est au centre de deux incidents diplomatiques entre l'
Italie
fasciste et le Saint-Siège. D'une part, fin
avril 1941
, il est accusé par le ministre
Galeazzo Ciano
, gendre de Mussolini, d'avoir diffusé un
tract
antifasciste à des étudiants romains, mais aucun tract n'est retrouvé ; d'autre part, une note envoyée au Saint-Siège l'accuse d'avoir organisé une réunion antifasciste dans les appartements du Vatican, avec des diplomates étrangers : l'information est vite démentie par le secrétaire d'État.
En
novembre 1941
, le substitut préside la nouvelle « Commission pour les secours », chargée d'envoyer des aides financières et des médicaments aux prisonniers, alliés ou non. À partir de 1942, le Saint-Siège est informé du sort réservé aux Juifs d'Europe. Ceux de
Slovaquie
sont momentanément préservés de la déportation grâce à l'intervention de la secrétairerie d'État
18
mais, très vite, on informe le Saint-Siège des conséquences de ces interventions : le
24 juin 1942
, le
nonce apostolique
Berlin
Cesare Orsenigo
informe Montini que les démarches tentées en faveur des Juifs
« ne sont pas bien accueillies ; au contraire, elles finissent par indisposer les autorités »
19
. À partir de ce moment, le Saint-Siège, et en particulier le pape
Pie
XII
, réagissent discrètement face aux atrocités nazies, de peur des représailles
20
À partir de
septembre 1942
, Montini se trouve au cœur d'un complot visant à renverser
Mussolini
21
. La princesse de Piémont,
Marie-José de Belgique
, épouse du prince-héritier et belle-fille du roi
Victor-Emmanuel
III
, est reçue en audience le
3 septembre 1942
par Montini. Elle explique au substitut que le peuple italien est prêt à abandonner le régime fasciste, que des hommes sont prêts à assurer la relève et qu'une paix séparée peut être conclue avec les
Alliés
22
. Montini, à qui sa fonction permet de rencontrer les diplomates alliés, fait donc part de ce projet aux Alliés, qui font preuve de bonnes dispositions. Néanmoins, ils mettent en œuvre leur propre stratégie : ils commencent par
débarquer en Afrique du Nord
le
8 novembre 1942
, se rapprochant ainsi de l'Italie. À l'issue du bombardement de
Rome
par les Alliés le
19 juillet 1943
, Montini accompagne
Pie
XII
dans les rues de la ville afin de prier et de secourir les pauvres. L'approche des Alliés ébranle le gouvernement fasciste ; le
24 juillet 1943
, le
Grand Conseil du fascisme
vote les pleins pouvoirs au roi
Victor-Emmanuel
III
. Le
25 juillet
au matin, l'un des membres du Conseil qui a voté les pleins pouvoirs,
Alberto De Stefani
(it)
, demande à Montini que le Saint-Siège serve d'intermédiaire entre les Alliés et le nouveau gouvernement à venir
23
. Le lendemain, le roi demande au
maréchal Badoglio
de former un ministère et ce dernier fait arrêter Mussolini. Le
13 août 1943
, un nouveau bombardement allié survient sur Rome : Montini accompagne à nouveau le pape sur les lieux touchés afin de réconforter la population. Le lendemain, le gouvernement Badoglio proclame Rome «
ville ouverte
».
Jusqu'à la fin de la guerre, Montini est témoin des différents événements qui touchent Rome, notamment l'occupation de la ville par les Allemands à partir du
10 septembre 1943
, puis sa libération par les forces alliées le
4 juin 1944
. Cette guerre est aussi pour lui le temps des épreuves : ses parents meurent en 1943, et plusieurs de ses amis sont déportés dans des
camps de concentration
; enfin, son ami Longinotti (qui l'avait fait entrer à l'
Académie des nobles ecclésiastiques
), meurt dans un accident de voiture en 1944.
Après la guerre
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Le secrétaire d'État
Luigi Maglione
meurt d'une
crise cardiaque
le
22 août 1944
. Le pape
Pie
XII
ne le remplace pas et la fonction de secrétaire d'État reste vacante jusqu'à l'élection de
Jean
XXIII
Malgré cela, Montini a un rôle important dans les relations diplomatiques entre le
Saint-Siège
et les États sortant de la guerre. Bien qu'il n'ait pas pris place dans le dialogue entre
Pie
XII
et le gouvernement français pour remplacer quelques évêques « collaborateurs »
note 7
, il sert d'intermédiaire entre le pape et
Jacques Maritain
, nouvel ambassadeur de France près le Saint-Siège, au sujet de la responsabilité du peuple allemand.
Pie
XII
avait en effet estimé que le peuple allemand n'était pas collectivement coupable de la
Seconde Guerre mondiale
, ce à quoi le philosophe
Jacques Maritain
répondait que le peuple allemand était responsable comme peuple. L'ambassadeur français insiste aussi auprès de Montini pour que
Pie
XII
renouvelle son soutien au peuple juif en faisant une déclaration solennelle de compassion en faveur des victimes de la
Shoah
. Au sujet des pays d'
Europe de l'Est
soumis au régime soviétique, Montini adresse aux diplomates occidentaux plusieurs rapports sur la situation de ces pays. Il continue d'œuvrer au sein du Bureau d'informations en faveur des prisonniers libérés et des nouveaux prisonniers que l'épuration a créé. De plus, il se charge de la création d'un service d'assistance aux émigrés à la fin de l'année 1946, pour venir en aide aux populations italiennes, allemandes et polonaises contraintes de quitter leur territoire du fait des nouvelles frontières dessinées.
Parallèlement au devenir de l'Europe d'après-guerre, Montini a un rôle déterminant dans l'évolution politique de l'
Italie
, jusque dans les années 1950. Face à la
Démocratie chrétienne
dirigée par
Alcide De Gasperi
, d'autres partis dits chrétiens apparaissent, notamment à gauche. Montini refuse un tel pluralisme et Démocratie chrétienne se trouve seule à la tête du gouvernement italien, les autres partis ne recevant pas le soutien de l'Église. Lors de l'élaboration de la
Constitution de l'Italie
faisant suite au référendum du
2 juin 1946
, Montini insiste pour que les
accords du Latran
soient inscrits dans le texte constitutionnel. Lors de la signature du
traité de l'Atlantique nord
en 1949, il se prononce pour l'adhésion de l'Italie à l'
OTAN
, exprimant ainsi sa propre volonté et celle de
Pie
XII
. Concernant les syndicats, il inspire la création des
Associations chrétiennes des travailleurs italiens
(ACLI). Il promeut en même temps la création de syndicats indépendants de l'Église catholique.
Le bras droit de
Pie
XII
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Pie XII et Montini.
Le pape
Pie
XII
n'ayant pas pris de secrétaire d'État depuis la mort de
Luigi Maglione
, Montini devient donc le subalterne direct du Saint-Père aux affaires ordinaires. Partant, il rédige ou signe pour le pape un grand nombre de discours, messages ou allocutions à des organisations, personnalités ou pèlerins de passage au
Vatican
. En outre, il aide le souverain pontife dans la rédaction des
encycliques
et autres grands textes pontificaux. Par exemple, à
Frédéric Joliot-Curie
qui demande au pape d'intervenir pour inciter les pays à réduire leur armement, Montini répond que la véritable paix a sa source
« dans la doctrine enseignée par Notre-Seigneur Jésus-Christ »
24
. Autre exemple : quand l'archevêque orthodoxe d'
Athènes
Spyridon
er
demande au pape de venir à une célébration pour l'occasion du
XIX
centenaire de l'arrivée de
saint Paul
en
Grèce
, c'est encore Montini qui décline l'invitation.
Pour autant, ces décisions ne reflètent pas toujours la personnalité du substitut lui-même. Ce dernier est réputé pour être ouvert d'esprit, et les théologiens condamnés par le
Saint-Office
ou en passe de l'être viennent d'abord se référer à Montini avant d'aller voir le pape. Un adage se forme ainsi dans les milieux ecclésiastiques :
« Pourquoi aller à la
montagne
Pie
XII
) quand on peut passer par
Montini
? »
25
. Un exemple permet de mieux comprendre le rôle d'intermédiaire joué par le substitut : le père
Yves Congar
et le père Féret publient dans
La Maison-Dieu
un article critiquant la nouvelle traduction latine du
psautier
engagée par
Pie
XII
. Recevant le père Congar le
21 mai 1946
, Montini dialogue avec lui sur ces critiques puis sur les thèses d'avant-guerre du père relatives à l'
œcuménisme
, jugées suspectes par Rome
26
. Montini transmet aux
dicastères
compétents des dossiers, envoyés par le père Congar, sur l'œcuménisme. Montini apporte aussi son soutien au père
Henri de Lubac
, théologien controversé depuis son ouvrage
Surnaturel
. En 1948, il réussit à convaincre
Pie
XII
de recevoir en audience
Bruno de Solages
, recteur de l'
Institut catholique de Toulouse
, suspecté d'approuver les idées du père
Teilhard de Chardin
. Le
er
septembre
de la même année, il épargne de l’
Index
le livre de
Maxence Van der Meersch
La Petite Sainte Thérèse
. Puis, en
mars 1949
, il reçoit le frère
Roger Schutz
et
Max Thurian
, responsables de la
Communauté de Taizé
, pour entamer avec eux un dialogue œcuménique et préparer leur audience prochaine avec le pape.
En 1950,
Pie
XII
charge Montini de la préparation matérielle de l'
Année sainte
: calendrier des pèlerinages nationaux et des audiences publiques, et possibilités d'hébergement notamment. Quelques jours avant l'ouverture de cette Année sainte, il anime une conférence à
Rome
devant les autorités civiles et politiques de la capitale, visant à présenter ladite année. L'assistance admire le prélat et d'aucuns y voient déjà un futur pape
27
1950 est aussi l'année de la publication de l'encyclique
Humani Generis
, dans laquelle le pape dénonce notamment
« quelques opinions fausses qui menacent de ruiner les fondements de la doctrine catholique »
28
. Montini relativise la portée du texte en confiant à son ami
Jean Guitton
que le pape ne dénonce pas des
erreurs
mais seulement des
opinions
pouvant aboutir à des erreurs
29
Autre grand fait majeur pour l'Église en cette même année : la proclamation du
dogme
de l'
Assomption
le
er
novembre
. Les protestants s'insurgent contre cette proclamation car elle attribue un privilège supplémentaire à la
Vierge Marie
qui n'est pas attesté historiquement et, aussi, elle engage l'
infaillibilité
du pape, notion que les protestants refusent également. Recevant
Roger Schutz
et
Max Thurian
au Vatican, Montini leur fait part de son souhait d'une
« plus grande discipline et un texte qui précise la pureté de la doctrine »
30
Montini reçoit beaucoup de
prélats
et de
diplomates
au Vatican. Parmi ceux-ci, dom
Hélder Câmara
avec qui il évoque la création d'une conférence épiscopale pour le
Brésil
. Enfin, le substitut effectue un voyage au
Canada
et aux
États-Unis
en 1951, où il rencontre notamment
Francis Spellman
archevêque de New York
Pro-secrétaire d'État
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Refus présumé d'une promotion cardinalice
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En
novembre 1952
, Montini et
Tardini
obtiennent le titre de
pro-secrétaires d'État
, distinction purement honorifique. Lors du
consistoire
du
12 janvier
suivant,
Pie
XII
annonce aux nouveaux cardinaux qu'il les a nommés pro-secrétaires d'État car ils ont refusé la barrette de cardinal
31
Selon certains,
Pie
XII
lui aurait « suggéré » de renoncer à cette promotion, probablement parce qu'il ne voulait pas de lui comme successeur
32
. Quelques auteurs, dont
Jean Guitton
, l'ont en effet affirmé. Le philosophe et ami de Montini dira plusieurs décennies plus tard :
« Il y a des choses que je sais et qui sont difficiles à dire. Il est certain que ce fut dramatique. À un certain moment,
Pie
XII
a conçu pour Montini de la défiance. Il a compris que c'était son devoir d'empêcher Montini de devenir pape
33
. »
Plusieurs prises de position politiques lui sont en effet reprochées au sein même de la
secrétairerie d'État
, comme l'unité des catholiques dans la
Démocratie chrétienne
ou encore l'hostilité à la création d'un syndicat catholique. De plus, il adopte des positions différentes du
Saint-Siège
, quand il défend sans ambigüité le livre
Vraie et Fausse Réforme de l'Église
d'
Yves Congar
34
ou encore quand il dit à
Marcel Lefebvre
que l'Église ne doit pas condamner
Réarmement moral
35
, organisation pourtant critiquée par le Saint-Office en 1955. Enfin, quand
Alcide de Gasperi
était président du Conseil, Montini l'encouragea discrètement, en contradiction avec les instructions de
Pie
XII
, à se rapprocher du Parti Socialiste Italien, dirigé par
Pietro Nenni
, pour éloigner ce dernier des communistes. Le théologien jésuite
Alighiero Tondi
compromis dans une affaire d'espionnage soviétique au Vatican en 1953 fut le secrétaire de Montini
36
Malgré tout cela,
Tardini
, substitut aux Affaires extraordinaires, affirma plus tard que Montini et lui ont refusé la barrette rouge quand
Pie
XII
la leur proposa en
mai 1952
37
. Pourtant, ils l'accepteront tous les deux dès le premier
consistoire
de
Jean
XXIII
le
15 décembre 1958
L'affaire des prêtres-ouvriers
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Article détaillé :
Prêtre ouvrier
L'année 1953 est aussi pour l'Église l'occasion d'interdire progressivement l'apostolat des
prêtres-ouvriers
dans les usines, ceux-ci étant suspectés d'être trop politisés et de se situer dans une mouvance
marxiste
38
. En
juillet
, le cardinal
Giuseppe Pizzardo
(préfet de la
Congrégation des séminaires
) interdit aux séminaristes d'effectuer des stages dans des usines ; en
août
, interdiction est faite aux « religieux-ouvriers » de fréquenter les usines ; en
septembre
enfin, le nonce à Paris, Roncalli, (futur
Jean
XXIII
) demande aux évêques français d'interdire l'expérience des prêtres-ouvriers en France. Dans toutes ces condamnations, Montini approuve le
Saint-Siège
et justifie ses décisions. Néanmoins en 1965, devenu pape, il rétablira l'expérience des prêtres-ouvriers.
Archevêque de Milan (1954-1963)
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Une nomination mal ressentie
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Le
dôme de Milan
Le cardinal
Schuster
archevêque de Milan
depuis le
26 juin 1929
, meurt le
30 août 1954
. Peu de temps après,
Pie
XII
annonce à Montini qu'il songe à le nommer à cette fonction.
Bien que le siège archiépiscopal de Milan soit considéré comme illustre, Montini ressent cette nomination comme une sanction
39
. Il souffre qu'on l'éloigne ainsi de Rome. Plusieurs raisons ont été avancées pour tenter d'expliquer cette nomination :
Pie
XII
, ne voyant pas Montini devenir pape, souhaitait l'éloigner du Vatican ; Montini s'écarte de la tradition de l'
intransigeantisme
; Montini serait entré en contact, à l'insu du pape, avec les autorités soviétiques pour améliorer les
relations entre l'URSS et le Vatican
, ce qui aurait scandalisé
Pie
XII
et l'aurait incité à éloigner son pro-secrétaire d'État
40
Cependant, le siège de Milan est cardinalice, et même «
papable
» :
Pie
XI
venait de Milan. En lui donnant l'expérience pastorale du plus gros archevêché d'Italie,
Pie
XII
compense partiellement son refus de créer cardinal celui qui va devenir l'un des principaux candidats à sa succession, immédiate ou non.
Quoi qu'il en soit, le futur évêque se prépare à sa nouvelle charge, et reçoit dès le mois de
novembre 1954
l'évêque auxiliaire et le vicaire général de l'archidiocèse de Milan. Et le
6 novembre
, Montini fait ses adieux aux membres du corps diplomatique du
Saint-Siège
La consécration épiscopale a lieu le
12 décembre 1954
en la
basilique Saint-Pierre
Pie
XII
, malade, ne peut procéder lui-même au sacre. Le cardinal
Eugène Tisserant
est donc le principal consécrateur du nouvel évêque ; il est secondé par
Giacinto Tredici
(it)
et
Domenico Bernareggi
(en)
. Le pape a néanmoins enregistré un message qui est diffusé lors de la cérémonie, dans lequel il adresse sa bénédiction à son
« fidèle collaborateur, devenu aujourd'hui son frère dans l'ordre épiscopal »
41
Montini est amené à choisir son
blason
note 8
et sa devise épiscopale «
In nomine Domini
» (« Au nom du Seigneur »)
note 9
Arrivée dans le diocèse
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Montini part de
Rome
le
4 janvier 1955
pour son nouveau diocèse, après avoir dit la Messe à l'autel saint
Pie
dans la
basilique Saint-Pierre
. Il prend le train jusqu'à la ville de
Lodi
, où il est reçu par l'évêque du lieu et le vicaire général de Milan. Puis, se rendant à Milan en voiture, le nouvel archevêque descend du véhicule et embrasse le sol de son nouveau diocèse.
Le
6 janvier
suivant, jour de la solennité de l'
Épiphanie
, Montini fait son entrée officielle à Milan devant une foule nombreuse et les autorités civiles et religieuses de la ville. Debout dans une voiture précédant une file de véhicules officiels, l'archevêque bénit ses fidèles à travers les rues de la ville. Arrivé au
dôme de Milan
, il prononce un discours mêlant esprit de tradition (
« Notre catholicisme doit être intègre et fidèle »
) et esprit d'ouverture (il faut œuvrer à la
« pacification de la tradition catholique italienne avec le bon humanisme de la vie moderne »
).
Grands traits de l'épiscopat
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Tâches de l'archevêque
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Le nouvel évêque prend la charge du
diocèse de Milan
, le plus important d'
Italie
avec plus de trois millions d'habitants, la charge d'un diocèse difficile à gérer, lui qui n'a jamais eu à diriger de paroisse en tant que prêtre.
Montini se constitue progressivement un cercle restreint de clercs qui seront aussi ses conseillers, notamment le supérieur du séminaire de Milan qu'il reçoit tous les mercredis. Puis, très vite, le prélat s'implique totalement dans la vie politique et sociale de son diocèse : visite de la Foire internationale de Milan en
avril 1955
note 10
, visite des hôpitaux, des usines, des paroisses et des communautés religieuses de son archevêché.
L'archevêque s'implique aussi dans la construction de nouvelles églises : à son départ en 1963, il a fait construire soixante-douze églises, et mis une vingtaine en chantier. C'est pour lui l'occasion d'inviter les artistes contemporains à créer pour l'Église. Il reconfigure les paroisses, incitant les curés à y inclure des salles de spectacles et des équipements sportifs. Il crée des mouvements pastoraux comme un bureau d'études promouvant de nouvelles méthodes de
catéchèse
et éditant des manuels de liturgie ; un « Office pastoral social » pour insérer les immigrants dans les églises ; et enfin, un « Office d'assistance sociale » distribuant des secours aux nécessiteux.
L'intensité de ces activités fragilisant davantage sa santé, l'archevêque obtient la nomination de deux nouveaux
évêques auxiliaires
pour l'aider dans sa tâche
note 11
Sergio Pignedoli
et
Schiavini
Il continue à recevoir
Roger Schutz
Max Thurian
et des ecclésiastiques anglicans, ainsi que des évêques avec qui il jouera plus tard un grand rôle pendant le
Concile
, tels
Maurice Roy
archevêque de Québec
) ou encore
Léon-Joseph Suenens
(évêque auxiliaire de
Malines
). Politiquement, il prend position contre l'ouverture à gauche de la
Démocratie chrétienne
, dont le secrétaire élu en 1959 était
Aldo Moro
Selon son ami
Jean Guitton
, Montini était triste et
« souffrait le martyre »
, éloigné de
Rome
et des affaires du
Saint-Siège
où il avait travaillé pendant
30 ans
La mission de Milan (novembre 1957)
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Peu après son installation, l'archevêque émet l'idée d'une grande mission diocésaine lors d'une réunion avec des prêtres. Cette mission, limitée à la seule ville de
Milan
, a pour but d'aller vers tous ceux qui sont éloignés de l'Église, les
« égarés et les tourmentés, les perdus et les solitaires »
Le projet est annoncé officiellement au début de l'année 1956
note 12
, Pendant plusieurs mois, de multiples réunions sont organisées et des livres de chants et de prières pour la famille sont édités.
La mission se déroule durant vingt jours, du
au
24 novembre 1957
. L'événement est considérable : deux
cardinaux
Giuseppe Siri
et
Giacomo Lercaro
), vingt-quatre archevêques et évêques, plus d'un millier de prêtres et religieux
42
sont mobilisés pour prêcher dans les lieux de la ville. Églises, places publiques, magasins, usines, hôpitaux, écoles et administrations profitent des prédications toutes construites sur le thème
« Dieu le Père »
. Montini insiste pour que la mission n'offense personne et s'ouvre à tous les Milanais. Il utilise tous les moyens modernes (hélicoptère…).
Les fruits de la Mission seront pourtant médiocres car, après une courte ferveur, la situation religieuse et
morale
[pas clair]
de la ville va en se dégradant. Montini déclarera plus tard lors d'un synode diocésain :
« L'impulsion de ferveur religieuse suscitée par la mission citadine de 1957 n'a pas eu les suites positives auxquelles nous nous attendions. La situation religieuse de la ville est alarmante. »
Centenaire des apparitions de Lourdes
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Pour fêter les cent ans des
apparitions mariales de Lourdes
, le prélat organise un pèlerinage sur ce lieu avec 4 500 fidèles de son diocèse, du
26 juin
au
er
juillet 1958
. Ils rendent grâce ensemble pour les fruits de la Mission de Milan. Montini fait deux retraites le mois d'août suivant, dans l'
abbaye d'Einsiedeln
puis dans celle d'
Engelberg
en
Suisse
. Encore visite-t-il le sanctuaire de Lourdes les 3 et 4 octobre 1962, à l'occasion d'un pèlerinage organisé par le journal milanais
L'Italia
43
Cardinal
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Mort de
Pie
XII
et élection de
Jean
XXIII
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Le pape
Jean
XXIII
Le pape
Pie
XII
meurt le
9 octobre 1958
Castel Gandolfo
, à l'âge de
82 ans
, après trois jours d'agonie. Depuis son ordination épiscopale, Montini ne l'avait vu qu'à quelques audiences publiques mais jamais personnellement. En se recueillant devant la dépouille du pape le
10 octobre
, le prélat aurait murmuré
« Comme je lui voulais du bien. Et pourtant nous ne nous sommes pas compris »
44
Bien que Montini ne soit pas cardinal, certains envisagent quand même son élection au trône de
saint Pierre
, ce qui est canoniquement possible mais ne s'était pas produit depuis l'élection d'
Urbain
VI
en 1378. Certains cardinaux, dont
Giuseppe Siri
, s'y opposent néanmoins farouchement
45
Le
conclave de 1958
s'ouvre le
26 octobre
et, après deux jours et dix scrutins infructueux, le cardinal Angelo Giuseppe Roncalli est élu le
28
et prend le nom de
Jean
XXIII
. Le patriarche de Venise est un ancien diplomate du Vatican en Bulgarie, en Turquie et en France, qui avait été en contact direct avec Montini, dès le début de sa carrière, et qui en est proche.
Le consistoire du
15 décembre 1958
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Armoiries du cardinal Montini.
Peu de temps avant son couronnement du
4 novembre 1958
Jean
XXIII
écrit à Montini pour l'informer qu'il sera très bientôt créé cardinal, avec notamment
Domenico Tardini
(nouveau secrétaire d'État), pour réparer ce que l'archevêque ressent encore comme une injustice de la part de
Pie
XII
. L'annonce de la nomination de
23 nouveaux
cardinaux devient officielle le
17 novembre
suivant.
Montini est finalement nommé
cardinal-prêtre
au titre de
Santi Silvestro e Martino ai Monti
lors du
consistoire
du
15 décembre 1958
Début du concile
Vatican
II
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Article détaillé :
II
concile œcuménique du Vatican
Préparation du concile
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Le
25 janvier 1959
Jean
XXIII
annonce officiellement son intention de procéder à un
concile œcuménique
, afin de prolonger les travaux du
concile
Vatican
, interrompu en 1870. Le lendemain, Montini adresse un communiqué à ses diocésains en affirmant que ce concile est un
« événement historique de première grandeur […], grand pour l'Église entière et pour l'humanité »
Le
17 mai
de la même année est créée une commission antépréparatoire au concile, dirigée par le secrétaire d'État
Domenico Tardini
, afin tout d'abord de recueillir les vœux des évêques du monde entier sur les sujets à débattre au concile. Parmi toutes les réponses recueillies, reviennent régulièrement une proclamation d'un dogme de la médiation de la
Vierge Marie
, la condamnation du
communisme
et l'instauration de la
langue vernaculaire
dans la
liturgie
. Montini, interrogé en tant qu'archevêque de Milan, propose lui aussi l'instauration de la langue vernaculaire, mais ne souhaite aucune proclamation de dogme ni aucune condamnation de doctrines dangereuses. Il propose en outre, pour préparer le concile, des réunions contradictoires entre catholiques, protestants et orthodoxes.
Le
5 juin 1960
sont créées dix commissions préparatoires chargées de rédiger des
schémas
, textes qui seront soumis au vote des évêques lors des sessions du concile. Parmi ces dix commissions, la commission théologique, celle de la liturgie et celle des missions. Trois secrétariats y sont adjoints : secrétariat pour les questions concernant la presse, secrétariat technique et administratif, ainsi que secrétariat pour l'unité des chrétiens. C'est le pape qui préside la commission centrale, chargée de superviser l'ensemble des organismes.
Chaque commission est présidée par un cardinal, composée de plusieurs évêques, prêtres ou religieux compétents dans la matière concernée, et corroborée par des experts (« consulteurs ») à qui l'on pouvait faire appel pour divers conseils. Jusqu'en
juin 1962
, ces commissions tiennent des sessions puis soumettent leurs travaux à l'approbation de la commission centrale. Montini ne fait partie d'aucune de ces commissions mais des proches, dont son théologien privé don Carlo Colombo, en font partie et peuvent ainsi le tenir informé de l'évolution des travaux. Le cardinal organise néanmoins plusieurs sessions d'études dans son propre diocèse, où il montre un fervent optimisme, expliquant que ce concile,
« à la différence de beaucoup de ceux qui l'ont précédé, se réunit en un moment paisible et fervent de la vie de l'Église »
46
À la fin de l'année 1961,
Jean
XXIII
nomme le cardinal Montini membre de la commission centrale. L'archevêque y prend la parole une soixantaine de fois durant les cinq sessions qui se tiennent avant l'ouverture du concile, refusant la proclamation d'un dogme de la médiation de la Vierge Marie, ou encore se prononçant pour l'abolition de la censure
note 13
. De plus, il se prononce en faveur de la
liberté religieuse
définie comme un droit que l'homme a, par sa nature même. Recevant quelques membres de la commission préparatoire de la liturgie, le cardinal prend position pour l'emploi de la langue vernaculaire (tout en conservant le latin pour le canon de la Messe)
47
L'ouverture du concile est fixée au
11 octobre 1962
, trop tôt selon le cardinal Montini
48
; en effet, beaucoup de textes vont être proposés à la discussion des évêques, et aucun plan d'ensemble n'est prévu.
Première session
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Le concile
Vatican
II
photographié par
Lothar Wolleh
Le concile
Vatican
II
s'ouvre à
Rome
le
11 octobre 1962
; plus de 2 000 évêques et
supérieurs d'ordres religieux
du monde entier, ainsi qu'une trentaine d'observateurs non catholiques, se rassemblent pour l'occasion dans la
basilique Saint-Pierre
. Montini y est présent, et il a fait inviter son ami
Jean Guitton
parmi les observateurs.
Montini, que
Jean
XXIII
a pris soin de loger dans une maison attenante à la basilique, est resté très discret durant cette première session. Il ne prend en effet la parole qu'à deux reprises (en latin, comme l'exige le règlement). Le
11 novembre
d'une part, pour défendre le schéma sur la liturgie qui est proposé au vote, en rassurant les évêques que les dispositions du texte inquiètent. D'autre part, il intervient dans les débats le
5 décembre
: il y appuie la proposition du cardinal
Léon-Joseph Suenens
qui, deux jours auparavant, avait émis le souhait que la deuxième session ait pour thème l'Église. Il demande en outre au pape le
20 novembre
, en compagnie des cardinaux
Albert Meyer
et
Paul-Émile Léger
, de retirer le texte sur la
Révélation
car il estime que ce schéma offre trop peu d'ouverture à l'égard des non-catholiques.
De manière générale, Montini déplore que le concile ne suive pas de plan précis. Dans une lettre adressée au cardinal
Amleto Cicognani
49
, il propose que le concile suive trois sessions : la première aurait pour but de définir l'Église, la deuxième les fonctions de l'Église (liturgie, morale et missions), et la troisième les relations entre l'Église et le monde (
œcuménisme
, dialogue interreligieux et relation avec les États). Dans le journal catholique de
Milan
, l'archevêque publie des
Lettres du concile
dans lesquelles il résume les travaux conciliaires. À ce titre, il se plaint que les schémas proposés manquent de cohérence et que les pères conciliaires prennent trop souvent la parole.
Les
et
6 décembre
, la voix de Montini est écoutée :
Jean
XXIII
proclame la création d'une commission de coordination ayant pour but de relier les autres commissions entre elles ; elle est composée de cinq cardinaux :
Léon-Joseph Suenens
Paul-Émile Léger
Giacomo Lercaro
Julius Döpfner
et Giovanni Battista Montini. De plus, le pape réduit le nombre des schémas de 70 à 17.
Voyages et autres activités
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Le cardinal Montini.
Montini, outre ses activités au concile et à Milan, prend des positions publiques et fait des voyages qui en font un papabile de plus en plus vraisemblable après
Jean
XXIII
. Il donne ainsi une image de modernité ouverte sur le monde tout en maintenant une position morale stricte.
Voyages
en Amérique (
juin 1960
) : Montini accomplit un voyage de treize jours aux
États-Unis
et au
Brésil
à l'invitation de
Juscelino Kubitschek
, président de la République du Brésil, adressée à l'archevêque pour visiter le pays (Montini avait auparavant salué l'inauguration de la capitale
Brasilia
le
21 avril
précédent). Il quitte Milan le
3 juin
. Arrivé aux États-Unis, il passe une journée à
New York
en compagnie du cardinal
Francis Spellman
puis visite l'
université Notre-Dame
Indiana
). Il reçoit dans cette dernière un
doctorat
honoris causa
en même temps que le président
Eisenhower
, à qui il offre une statuette de bronze représentant un ange brisant une chaîne. Ensuite, le cardinal visite
Chicago
et
Boston
où il rencontre successivement le cardinal
Albert Meyer
et le cardinal
Richard James Cushing
. Puis, il se rend à
Philadelphie
Washington
puis New York à nouveau. Le
11 juin
, l'archevêque atterrit à
Brasilia
où il est reçu comme un chef d'État. Il visite la capitale en compagnie du président Kubitschek. Il parcourt ensuite les villes de
São Paulo
(où il rencontre le cardinal
Carlos Carmelo de Vasconcelos Motta
) et de
Rio de Janeiro
. Il reçoit dans cette dernière un nouveau doctorat
honoris causa
et il rencontre
Hélder Câmara
qui lui fait visiter une
favela
de la ville. Montini rentre à Milan le
16 juin
en Irlande (printemps 1961) : le cardinal Montini effectue un voyage privé en
Irlande
, où il revoit son ami
Antonio Riberi
(qu'il nomme cardinal en 1967) et
Amleto Cicognani
(qui devient secrétaire d'État en juillet suivant) ;
en Afrique (
19 juillet
au
10 août 1962
) : ayant lancé une mission en
Rhodésie
en 1961 et souhaitant revoir Hurley, archevêque de
Durban
, le cardinal Montini se rend en
Afrique
, devenant ainsi le premier cardinal européen à visiter le continent noir
50
. En Rhodésie, Montini visite la mission italienne et donne le
sacrement
de
confirmation
à des jeunes Africains. Puis, en
Afrique du Sud
, il bénit la première pierre d'une église mais ne rencontre pas les autorités politiques du pays (montrant ainsi son désaccord avec l'
apartheid
). Lors de l'étape suivante, au
Nigeria
, il visite les différents hôpitaux, écoles et missions de la région. Puis, au
Ghana
, il visite plusieurs sites et villes avant de rentrer à
Milan
Parmi ses prises de positions, on peut noter la condamnation assez ferme de
La dolce vita
de
Federico Fellini
, dans le cadre d'une polémique interne entre les jésuites et le conservateur
Siri
, polémique et interdiction qui aurait contribué paradoxalement au succès du film
51
Pape de l’Église catholique
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Conclave de 1963
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Article détaillé :
Conclave de 1963
Jean
XXIII
meurt le
3 juin 1963
, à l’âge de
81 ans
. Dans l'éloge funèbre qu'il prononce dans la cathédrale de
Milan
le
7 juin
suivant, Montini exprime son admiration face au pape disparu, attestant que
« sa tombe ne peut renfermer son héritage, ni la mort étouffer son esprit »
. Le
15 juin
, la veille de partir au conclave, Montini écrit au père Bevilacqua qu'il faut maintenant à l'Église
« un pape efficace et sage »
, mais précise de suite
« Non certes moi, comme l'habitude de désigner des papes préfabriqués peut l'insinuer »
52
Montini part pour le conclave le
16 juin
: il loge d'abord chez les sœurs de Marie-Enfant puis à
Castel Gandolfo
. Le
18 juin
, il célèbre la messe à l'
abbaye Sainte-Priscille
Première apparition de
Paul
VI
au balcon après l'
annonce
de son élection le
21 juin 1963
. La bannière comporte les armes de son prédécesseur.
Le conclave qui va élire le successeur de
Jean
XXIII
s'ouvre dans l'après-midi du
19 juin 1963
, dans la
chapelle Sixtine
. Avec
80 cardinaux
présents, c'est à l'époque le conclave qui réunit le plus grand nombre d'électeurs de l'histoire.
Le premier scrutin commence le lendemain,
20 juin
. Pour être élu, le futur pape doit recevoir au moins
54 voix
en sa faveur. Les favoris,
papables
, sont les cardinaux Montini,
Lercaro
et
Siri
Après cinq scrutins, le cardinal Montini est élu pape au sixième tour, le
21 juin
, avec quelque
60 voix
: il a
65 ans
. Il devance les cardinaux
Siri
Lercaro
Antoniutti
Agagianian
et
Suenens
. Il était pressenti favori par tous à tel point que le journal
La Croix
publia son édition spéciale sur sa nomination quelques minutes à peine après l'annonce officielle.
Au cardinal doyen (
Eugène Tisserant
) qui lui demande s'il accepte la lourde charge qui lui est confiée, Montini répond
Accepto in nomine domini
« J'accepte au nom du Seigneur »
), reprenant ainsi sa devise épiscopale. À la question portant sur le nom choisi, il répond
Vocabor Paulus
« Je m'appellerai Paul »
) : le nouveau pape se nomme donc
Paul
VI
, en hommage à
saint Paul
et
Paul
, pape qui avait mis en œuvre les décisions du
concile de Trente
et canonisa
Charles Borromée
Vers midi, le
cardinal Ottaviani
annonce l'élection du nouveau pape à la foule massée
place Saint-Pierre
. Selon la formule rituelle, il prononce ces mots :
Annuntio vobis gaudium magnum ; habemus Papam
53
Je vous annonce une grande joie, nous avons un pape
).
Quelques instants plus tard, le nouveau pape apparaît à la
loggia
de la
basilique Saint-Pierre
: il y donne sa première
bénédiction
Urbi et Orbi
, mais ne prend pas la parole.
Installation du nouveau pape
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La
tiare de
Paul
VI
, exposée à
Washington
depuis
1968
Après son apparition
place Saint-Pierre
, le nouveau pape retourne parmi les cardinaux et partage un banquet avec eux, en prenant la même place que pendant le conclave
54
Le lendemain, il prend possession des appartements pontificaux, aux deuxième et troisième étages du
palais du Vatican
. Dès les mois suivants, il y ordonne d'importants travaux (entre autres : remplacement des meubles dorés par un mobilier au design moderne ; mise en place d'œuvres d'
art contemporain
dans les
musées du Vatican
note 14
55
; rénovation de la
chapelle Pauline
; aménagement d'une terrasse sur le toit du palais pour sa promenade quotidienne, avec installation d'un ascenseur). Le premier soir où il loge dans ses appartements, il se plaint d'être gêné par le bruissement des fontaines de la place Saint-Pierre. Sous son pontificat, elles seront coupées tous les soirs à partir de
23
puis remises en fonction le matin.
Le
22 juin
, lendemain de son élection, le pape s'adresse aux cardinaux réunis dans la
chapelle Sixtine
dans un message retransmis par
Radio Vatican
. Il affirme les principaux objectifs de son pontificat : reprendre le
concile
Vatican
II
« La partie la plus importante de
notre
pontificat sera occupée par la continuation du deuxième concile œcuménique du Vatican, vers lequel sont tournés les yeux de tous les hommes de bonne volonté. »
), œuvrer à la paix entre les peuples et à l'
unité des chrétiens
Le
30 juin 1963
a lieu le couronnement de
Paul
VI
. Pour la première fois dans l'histoire de la papauté, la cérémonie se déroule à l'extérieur de la
basilique Saint-Pierre
, en raison de l'affluence prévue
note 15
. Une centaine d'États sont représentés par leur souverain ou chef d'État. Le pape arrive en
sedia gestatoria
. Au cours d'une longue cérémonie, l'
épître
et l'
évangile
sont chantés en latin puis en grec, puis
Paul
VI
fait une allocution au cours de laquelle il parle en neuf langues
56
. Il y déclare notamment :
Nous
défendrons la Sainte Église contre les erreurs de doctrine et de pratique qui tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Église menacent son intégrité et cachent sa beauté »
57
Après cette allocution, le cardinal
Ottaviani
, protodiacre, pose sur la tête du souverain pontife la
tiare
qui a été dessinée selon les indications du nouveau pape : simple et fuselée.
Paul
VI
aura été le dernier pape à porter la tiare, son successeur
Jean-Paul
er
la refusera.
Le pape du concile
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Reprise annoncée du concile
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Le
27 juin 1963
, le secrétaire d'État
Amleto Cicognani
annonce que le concile reprendra le
29 septembre
. Pour préparer cette reprise,
Paul
VI
réunit à deux reprises la commission de coordination, les
3 juillet
et le
31 août
. Il approuve l'idée d'organiser les sessions selon un plan précis, confirme le cardinal
Suenens
en tant que légat au sein du concile
note 16
, et émet le souhait d'unifier les tendances
traditionalistes
et
progressistes
. Lors du mois d'
août 1963
qu'il passe à
Castel Gandolfo
, le nouveau pape s'adonne aux derniers préparatifs de la reprise du concile : élargissement du conseil de présidence à douze membres (trois nouveaux membres nommés : les cardinaux
Albert Meyer
Giuseppe Siri
et
Stefan Wyszyński
) et nomination de quatre modérateurs chargés de diriger les travaux des congrégations générales (les cardinaux
Julius August Döpfner
Giacomo Lercaro
Léon-Joseph Suenens
et
Grégoire-Pierre
XV
Agagianian
).
Il précise ses intentions pour le
II
concile du Vatican
dans un discours du
6 septembre
« Aujourd'hui, ce mot glorieux
aggiornamento
constitue tout un programme. Le concile œcuménique, chacun le sait, l'a fait sien, polarisant en lui les objectifs de réforme et de renouveau. Il ne faut pas voir dans cet adjectif qui accompagne les manifestations les plus hautes et les plus caractéristiques de la vie ecclésiale un fléchissement inconscient, mais nocif, vers le pragmatisme et l'activisme de notre temps, au détriment de la vie intérieure et de la contemplation, lesquelles doivent avoir la première place dans l'échelle de nos valeurs religieuses. »
Enfin, le
21 septembre
, il s'adresse à la
Curie romaine
et lui annonce deux projets de réforme : création d'un conseil d'évêques du monde entier en qualité de membres dans les congrégations de la Curie romaine (futur
motu proprio
Pro comperto sane
du
6 août 1967
) et réforme générale de la Curie romaine (futur Règlement général de la Curie romaine du
22 février 1968
).
Suite et fin des sessions du concile
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Le pape
Paul
VI
lors du
concile
Vatican
II
, photographié par
Lothar Wolleh
La
deuxième session du concile
s'ouvre le
29 septembre 1963
. Encore peu d'évêques des pays
communistes
sont présents à cette session. En revanche, nombreux sont les observateurs non catholiques et laïcs. Parmi ces derniers, outre
Jean Guitton
déjà présent lors de la première session, assistent désormais douze autres laïcs du monde entier (dirigeants d'organisations catholiques internationales). Ces observateurs prennent part à la rédaction de certains textes. La presse est aussi plus largement informée des déroulements de la session, une conférence de presse étant organisée quotidiennement.
Dans le discours d'ouverture de cette deuxième session, le pape réaffirme la vérité de la foi catholique mais invite en même temps à reconnaître les
« richesses spirituelles »
qu'ont gardées les
« frères séparés »
; il affirme aussi que l'Église doit demander pardon pour les offenses qu'elle a commises dans le passé.
Plusieurs schémas y sont discutés, modifiés et renvoyés devant les commissions compétentes : le schéma sur l'Église, où a été âprement discutée la thèse de la primauté du pape ou à l'inverse celle de la
collégialité
des évêques ; le schéma sur la
Vierge Marie
, qui ne fut finalement qu'un chapitre à l'intérieur du schéma sur l'Église, et où la qualité de « Marie médiatrice de toutes grâces » ne fut pas adoptée. En outre, est discutée la question de la
collégialité des évêques
et les questions sur l'
œcuménisme
commencent à jaillir.
Lors de la clôture de cette session le
4 décembre 1963
Paul
VI
promulgue deux textes : le décret
Inter Mirifica
sur les moyens de communication sociale, et la constitution
Sacrosanctum Concilium
sur la
liturgie
. Enfin, le pape annonce solennellement qu'il accomplira son premier voyage à l'étranger en janvier suivant : un
pèlerinage en Terre sainte
. Cette annonce remarquable entraîna une salve d'applaudissements. C'est la première fois depuis
Pie
VII
qu'un pape quitte l'
Italie
Article détaillé :
Pèlerinage de
Paul
VI
en Terre sainte
Mise en œuvre du concile
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Selon
René Laurentin
, dès la fin du concile,
Paul
VI
prend en main personnellement la tâche très importante de mise en œuvre des réformes, en évitant toute interférence. Puis, inquiet de la crise de
1968
, de la contestation dans l'Église (lors du
synode des évêques
de
1969
) ainsi que du peu de fruits des grandes ouvertures aux idées neuves (liberté, pluralisme,
etc.
), il s'attacha de manière prédominante au souci de restaurer l'ordre et les bases de l'Église
58
En
1972
, il déclare dans une homélie une phrase devenue célèbre :
« Devant la situation de l'Église d'aujourd'hui, nous avons le sentiment que, par quelque fissure, la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. Nous voyons le doute, l'incertitude, la problématique, l'inquiétude, l'insatisfaction, l'affrontement »
59
Enfin,
Paul
VI
aurait trouvé une issue à son déchirement entre rénovation et remise en ordre, dans une dynamique intérieure de l'Esprit Saint, caractérisée par une série de textes évocateurs. C'est dans cet esprit qu'il lança l'
Année sainte
de
1975
, à partir de laquelle ses forces commencèrent à décliner et qu'il ralentit le rythme de ses réformes
58
Dialogue interreligieux
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Paul VI avec
Rangjung Rigpe Dorje
, le
16
karmapa, au Vatican le 17 janvier 1975.
Le dialogue avec les religions non chrétiennes, en particulier le
judaïsme
, se développe pendant le pontificat de
Paul
VI
, sous l'impulsion de la déclaration
Nostra Ætate
En dehors du monde chrétien, le pape rencontre en 1971
Kalou Rinpoché
lors de son premier voyage en Occident. Le
30 septembre 1973
Paul
VI
reçoit en audience
le
14
dalaï-lama,
Tenzin Gyatso
au Vatican
60
. Le
17 janvier 1975
, il reçoit en audience le
16
karmapa,
Rangjung Rigpe Dorje
61
. En octobre 1974, il rencontre des
oulémas
d'Arabie saoudite
62
Dialogue politique
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Article connexe :
Ostpolitik du Saint-Siège
Paul
VI
avec le
président américain
John F. Kennedy
, premier catholique à occuper cette fonction, le 2 juillet 1963, presque exactement un mois après la mort de
Jean
XXIII
Le pape
Paul
VI
avec le
président de la République française
Charles de Gaulle
, le
2 juin 1967
Paul
VI
reste fidèle aux traditions italiennes qui fait du pape un acteur important de la vie politique et un leader, de fait, de la
Démocratie chrétienne
. Au moment où il lance l'
Ostpolitik
du Vatican par le biais de
Casaroli
pour améliorer le sort des catholiques vivant dans les pays communistes,
Paul
VI
bloque toutes les tentatives du
PCI
et de son chef
Berlinguer
pour accéder au pouvoir en s'alliant à la Démocratie chrétienne. En effet,
Paul
VI
ne veut pas donner l'impression de négocier avec les Soviétiques en position de faiblesse ou pour des raisons de politique intérieure. Le PCI ne s'y trompe pas et tente d'amadouer le pape. Il se retrouve en effet au cœur de la tension entre ces deux tendances de la démocratie chrétienne (celle anticommuniste de
Giulio Andreotti
, et celle favorable à l'alliance de son ancien étudiant
Aldo Moro
).
Mariologie
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Paul
VI
devant la
statue
de
Notre-Dame de Fátima
le
13 mai 1967
Le
3 février 1964
Geraldo de Proença Sigaud
remet au pape un document, signé par
510 évêques
de
78 pays
, demandant de faire droit à une demande de
Notre-Dame de Fátima
: consacrer le monde au
Cœur immaculé de Marie
pour la conversion de la
Russie
Paul
VI
ne fait pas droit à cette demande mais concède d'accorder à la Vierge Marie le titre de « Mère de l'Église » lors de la troisième session du
concile
Célibat des prêtres
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Paul
VI
publie en 1967 une encyclique,
Sacerdotalis Cælibatus
, défendant le célibat des prêtres. Le
25 janvier 1970
, dans le cadre du « Concile pastoral de la province ecclésiastique des Pays-Bas », les évêques néerlandais se prononcent en faveur de l'ordination d'hommes mariés
63
. Après avoir exprimé « de graves réserves » dans une lettre du
2 février 1970
au
cardinal Villot
face à la suggestion de permettre l'ordination d'hommes mariés dans les cas de forte pénurie de prêtres
64
Paul
VI
décide de réunir, fin 1971, un
synode des évêques
sur ce thème.
107 pères
optent pour une formule extrêmement restrictive, 87 adoptent une position proche de la réforme envisagée dans la lettre au cardinal Villot, et il y a
2 abstentions
et
2 bulletins
nuls
65
. La réforme n'est pas adoptée. Pour Louis de Vaucelles, la procédure est responsable de cet échec : les dossiers préparés par les conférences épiscopales ont été sous-utilisés, il n'y a pas eu de débats, les échanges se réduisant à une série de monologues
66
, et la présidence (trois présidents nommés par le pape) a éludé des questions de manière arbitraire
67
. Ces difficultés ont été accrues par la diversité des mentalités et des situations pastorales
68
Le renouveau charismatique
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Paul
VI
encouragea le
renouveau charismatique
catholique, qu'il considérait comme une chance pour l'
Église
et pour le
monde
Il déclara lors de son
discours au
III
congrès international du renouveau charismatique catholique
, le
19 mai 1975
« Car Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ, dont l’Église est le
Corps mystique
, et c’est en elle que l’
Esprit
du Christ fut communiqué au jour de la
Pentecôte
, quand il descendit sur les Apôtres réunis dans « la chambre haute », « assidus à la prière », « autour de Marie, mère de Jésus » »
La profession de foi de
Paul
VI
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Publiée sous forme de
motu proprio
le
30 juin 1968
, à l'issue d'une « année de la foi »,
ce texte
a été rédigé principalement par
Jacques Maritain
et transmis à
Paul
VI
par le
cardinal Journet
69
Article détaillé :
Profession de foi de
Paul
VI
L'encyclique
Humanæ Vitæ
et la sexualité
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Article détaillé :
Humanae Vitae
Paul
VI
au Vatican le
29 juin 1968
Le 25 juillet 1968,
Paul
VI
publie l'encyclique
Humanae vitae
, qui proscrit la contraception, tandis que la déclaration
Persona Humana
70
, qu'il publie le 29 décembre 1975, prône la chasteté avant le mariage, sanctionne la masturbation et interdit l'homosexualité.
Préoccupations environnementales
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Le pape
Paul
VI
est le premier pape à avoir fait état de préoccupations écologiques.
Le lundi
16 novembre 1970
, à l'occasion du
25
anniversaire de la
FAO
, il déclare
71
« Mais la mise en œuvre de ces possibilités techniques à un rythme accéléré ne va pas sans retentir dangereusement sur l’équilibre de notre milieu naturel, et la détérioration progressive de ce qu’il est convenu d’appeler l’environnement risque, sous l’effet des retombées de la civilisation industrielle, de conduire à une véritable catastrophe écologique. Déjà nous voyons se vicier l’air que nous respirons, se dégrader l’eau que nous buvons, se polluer les rivières, les lacs, voire les océans, jusqu’à faire craindre une véritable « mort biologique » dans un avenir rapproché, si des mesures énergiques ne sont sans retard courageusement adoptées et sévèrement mises en œuvre. »
En
1971
, pour le
80
anniversaire de l’encyclique
Rerum novarum
, il identifie dans sa lettre apostolique
Octogesima adveniens
l'
environnement
comme l'une des thématiques sociales émergentes que l’Église doit désormais considérer sérieusement
72
« Brusquement l’homme en prend conscience : par une exploitation inconsidérée de la nature, il risque de la détruire et d’être à son tour la victime de cette dégradation. Non seulement l’environnement matériel devient une menace permanente : pollutions et déchets, nouvelles maladies, pouvoir destructeur absolu ; mais c’est le cadre humain que l’homme ne maîtrise plus, créant ainsi pour demain un environnement qui pourra lui être intolérable. Problème social d’envergure qui regarde la famille humaine tout entière. »
En juin
1972
, il envoie un message pour l'ouverture de la
conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm
73
« Mais comment ignorer les déséquilibres provoqués dans la biosphère par l’exploitation désordonnée des réserves physiques de la planète, même dans le but de produire de l’utile, comme le gaspillage des ressources naturelles non renouvelables ; les pollutions du sol, de l’eau, de l’air et de l’espace avec leurs atteintes à la vie végétale et animale ? Tout ceci contribue à appauvrir et à détériorer l’environnement de l’homme au point, déclare-t-on, de menacer sa propre survie. Il faut enfin relever avec force le défi lancé à notre génération de dépasser les objectifs partiels et immédiats pour aménager aux hommes de demain une terre qui leur soit hospitalière. »
Allégations d'homosexualité
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En
avril 1976
, un article de l'hebdomadaire
Tempo
relate les déclarations de l'ancien diplomate et écrivain français
Roger Peyrefitte
, qui dénonce la supposée hypocrisie de
Paul
VI
sur la question de l'homosexualité. L'écrivain dit tenir de personnes de la haute noblesse italienne des informations selon lesquelles lorsqu'il était archevêque de Milan,
Paul
VI
aurait eu une aventure homosexuelle avec un jeune acteur de cinéma, dont il dit connaître le nom
74
. Paul Hofmann, correspondant à Rome du
New York Times
, reprend ces affirmations et donne le nom de l'acteur italien
Paolo Carlini
75
. De son côté, Franco Bellegrandi, membre de la Garde noble pontificale, affirme que
Paul
VI
, alors archevêque de Milan, se serait fait interpeller par la police locale au cours d'une de ses visites nocturnes, que sous son pontificat des employés auraient été licenciés pour faire place à ses favoris, et réaffirme l'allégation selon laquelle l'acteur aurait eu libre accès aux appartements pontificaux
76
Tentative d'assassinat aux Philippines
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Le
27 novembre 1970
, à son arrivée à l'
aéroport international de Manille
Paul
VI
réchappe d'une tentative d'assassinat
77
perpétrée par
Benjamín Mendoza y Amor Flores
, artiste-peintre bolivien de trente-cinq ans originaire de
La Paz
78
. Déguisé en prêtre, crucifix en main, Mendoza parvient à approcher le pape avant de le frapper de deux coups de poignard dans le cou, portés de part et d'autre de la veine jugulaire. Le secrétaire particulier de
Paul
VI
Pasquale Macchi
, atténue la violence des coups en retenant le bras de l'agresseur
79
80
. Le col rigide que porte le pape pour le soulager de l'
arthrose cervicale
contribue à la légèreté des blessures dont l'existence n'est toutefois révélée qu'après sa mort en 1979.
Paul
VI
poursuit sa visite officielle selon le programme prévu. Mendoza, qui affirme lors de son procès
« vouloir sauver l'humanité de la superstition »
, est condamné pour tentative de meurtre. Après avoir purgé une peine de
38 mois
de prison aux Philippines, il est expulsé vers la Bolivie en 1974
81
Enlèvement et mort d'Aldo Moro
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Le 16 mars 1978, alors qu'il s'apprête à signer le
Compromis historique
entre la Démocratie chrétienne et le Parti communiste,
Aldo Moro
est enlevé par les
Brigades rouges
. Moro demande à négocier sa propre libération mais
Giulio Andreotti
et la Démocratie chrétienne refusent toute discussion avec les terroristes, appuyés en cela par le cardinal
Giuseppe Siri
qui déclare qu'Aldo Moro
« a eu ce qu'il méritait »
82
. Moro écrit à Paul VI, qu'il connaît personnellement depuis une quarantaine d'années, lorsqu’il était à la
FUCI
, dont le futur pape était aumônier, en lui demandant d’intercéder pour lui
83
. Le pape lance plusieurs appels aux Brigades rouges en les suppliant publiquement de libérer Moro sans condition
83
. Moro dans ses lettres se montre critique vis-à-vis de cette action, trop faible à son goût. La dernière phrase de sa dernière lettre à son épouse, Eleonora Moro, est : ”Le pape a fait bien peu ; peut-être en aura-t-il quelques scrupules"
84
. Après l'assassinat de Moro, qui l'affecte profondément, le pape fait une homélie marquante au cours de la messe de requiem
83
Maladie, mort et funérailles
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Dans les derniers mois de sa vie, Paul VI, déjà affaibli par une
arthrose
avancée, vit reclus et presque toujours alité dans sa résidence d’été de
Castel Gandolfo
. Malgré la fatigue et la fièvre, il continue de travailler autant que possible, recevant encore le président italien
Sandro Pertini
quelques jours avant sa mort et suivant de près les affaires de l’Église. Son entourage note qu’il a longuement médité sur la mort, qu’il souhaitait vivre dans la discrétion et l’offrir comme un « don d’amour à l’Église »
85
Le corps de Paul VI exposé dans la
basilique Saint-Pierre de Rome
, avant ses funérailles.
La nuit précédant sa mort, du 5 au
6 août 1978
, est particulièrement agitée. Le matin du 6 août, fête de la
Transfiguration
, son état s’est aggravé au point qu’il doit renoncer à célébrer la messe en public. Il assiste alors, depuis son lit, à la messe célébrée par son secrétaire, don
Pasquale Macchi
, recevant
l’onction des malades
et la communion. Dans l’après-midi, il est victime d’une
crise cardiaque
suivie d’un
œdème pulmonaire
. Entouré de ses proches collaborateurs, le pape Paul VI s’éteint paisiblement à
21
40
, à l’âge de
80 ans
, après quinze ans de pontificat. Ses dernières paroles, prononcées d’une voix faible, sont une prière pour l’Église et pour le monde
86
Les funérailles de Paul VI, célébrées le
12 août 1978
sur le parvis de la
basilique Saint-Pierre
, marquent une rupture avec la tradition : il avait expressément demandé des obsèques simples, sans le faste habituel, et que son corps ne soit pas exposé sur un
catafalque
élevé, mais placé à même le sol, recouvert d’un simple drap. La cérémonie, présidée par le cardinal
Jean-Marie Villot
secrétaire d'État
, réunit des milliers de fidèles, de cardinaux et de chefs d’État venus du monde entier. Après la messe solennelle, la dépouille du pape est inhumée dans les
grottes vaticanes
, sous la basilique Saint-Pierre, selon sa volonté de simplicité et d’humilité
87
Lors du
conclave d'août 1978
sera élu son successeur,
Jean-Paul
er
, qui meurt rapidement le
28 septembre
suivant après
33 jours
de pontificat. Le cardinal polonais Karol Wojtyła succède à ce dernier sous le nom de
Jean-Paul II
, au terme du
conclave d'octobre
de la même année.
Béatification et canonisation
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Béatification
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Article détaillé :
Béatification de
Paul
VI
Son procès en
béatification
a été ouvert en 1993 par l'
Église catholique
qui le reconnaît donc officiellement «
Serviteur de Dieu
». Le pape
Benoît
XVI
proclame l'héroïcité de ses vertus le
20 décembre 2012
Paul
VI
devient donc, jusqu'en 2014, le
vénérable
Paul
VI
88
. Le pape
Paul
VI
est béatifié le
19 octobre 2014
, l'annonce officielle en a été faite par le Vatican, le
10 mai 2014
Canonisation
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Canonisation de
Paul
VI
sur la
place Saint-Pierre
le
14 octobre 2018
Le
6 février 2018
, la
Congrégation pour les causes des saints
attribue une guérison miraculeuse
[Laquelle ?]
à l'intercession de
Paul
VI
. Le
pape François le canonise
le
14 octobre 2018
sur la
place Saint-Pierre
de
Rome
, durant le
synode des évêques pour les jeunes
89
. Il devient ainsi
Saint
Paul
VI
Pastorale
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Textes
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Encycliques
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Ecclesiam Suam
6 août 1964
) ;
Mense Maio
29 avril 1965
) ;
Mysterium Fidei
3 septembre 1965
), sur la doctrine et le culte de l'
eucharistie
Christi Matri
15 septembre 1966
) ;
Populorum Progressio
26 mars 1967
), sur le développement des peuples ;
Sacerdotalis Cælibatus
24 juin 1967
), sur le célibat sacerdotal ;
Humanæ Vitæ
25 juillet 1968
), sur le mariage et la régulation des naissances. Les réactions à cette encyclique furent très vives : elle apparaissait comme un acte d'autorité pontificale. En fait, le texte avait été préparé depuis 1965, date à laquelle
Paul
VI
avait suspendu certains passages de la constitution
Gaudium et spes
. En outre, le pape souhaitait confirmer l'enseignement de
Casti connubii
de
Pie
XI
, promulguée le
31 décembre 1930
Exhortations apostoliques
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Quarta Sessio
28 août 1965
) ;
Postrema Sessio
4 novembre 1965
) ;
Petrum et Paulum Apostolos
22 février 1967
) ;
Signum Magnum
13 mai 1967
) ;
Recurrens mensis october
7 octobre 1969
) ;
Quinque iam anni
8 décembre 1970
) ;
Evangelica Testificatio
29 juin 1971
) ;
Marialis Cultus
2 février 1974
) ;
Nobis in Animo
25 mars 1974
) ;
Paterna cum benevolentia
8 décembre 1974
) ;
Gaudete in Domino
9 mai 1975
) ;
Evangelii Nuntiandi
8 décembre 1975
).
Voyages
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Article détaillé :
Liste des visites pastorales du pape
Paul
VI
hors d'Italie
Carte des voyages de
Paul
VI
Le pèlerinage de
Paul
VI
au
mont Thabor
en 1964.
Paul
VI
fut le premier pape depuis
Pie
VII
à voyager hors d'Italie et à populariser la pratique de baiser la terre à son arrivée sur un sol étranger, pratique reprise par
Jean-Paul
II
90
Au cours de son pontificat, il prit part à onze voyages apostoliques, dont neuf hors d'
Italie
91
Pèlerinage en Terre sainte (du
au
6 janvier 1964
).
Article détaillé :
Pèlerinage de
Paul
VI
en Terre sainte
« Nous avons décidé, après mûre réflexion et non sans avoir beaucoup prié, de Nous faire pèlerin sur la terre de Jésus Notre Seigneur… Nous verrons ce sol béni, d'où partit Pierre et où nul de ses successeurs ne revint »
. C'est lors du discours de clôture de la deuxième session conciliaire de
Vatican
II
que
Paul
VI
annonça son intention de faire un premier voyage en Terre sainte. Jusqu'à la dernière minute, le projet de pèlerinage était demeuré secret.
À Jérusalem, il est submergé par la foule et manque d'être étouffé et piétiné. Il rencontre à cette occasion le patriarche œcuménique de Constantinople
Athénagoras
er
Paul
VI
déclara notamment :
« grande est notre émotion, profonde est notre joie, en cette heure vraiment historique où, après des siècles de silence et d'attente, l'Église catholique et le Patriarcat de Constantinople se retrouvent à nouveau… »
Après une déclaration commune, ils s'échangèrent des cadeaux (Athénagoras remit à
Paul
VI
une icône représentant deux
apôtres
Pierre
le «
coryphée
» et
André
, le premier à suivre
Jésus-Christ
) ;
Pèlerinage en Inde (du
au
5 décembre 1964
). Il se rendit à
Bombay
en Inde. Après son voyage œcuménique en Terre sainte,
Paul
VI
effectue ici un voyage sur le thème de la pauvreté. S'adressant au peuple de l'Inde, le pape s'adressait en fait au monde entier, en demandant :
« Puissent les nations cesser la course aux armements et consacrer en revanche leurs ressources et leurs énergies à l'assistance fraternelle aux pays en voie de développement. Puisse chaque nation… consacrer, fût-ce une partie de leurs dépenses militaires, à un grand fonds mondial pour la solution des nombreux problèmes qui se posent pour tant de déshérités… »
Congrès eucharistique national d'Italie (1965) ;
Visite à l'Organisation des Nations unies (du
au
4 octobre 1965
). Il part aux États-Unis où il prononce le
4 octobre 1965
un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York. Après avoir rappelé le propos de John Kennedy quatre ans plus tôt,
« l'Humanité devra mettre fin à la guerre ou c'est la guerre qui mettra fin à l'Humanité »
, il ajouta
« … jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! C'est la paix, la paix qui doit guider le destin des peuples et de toute l'Humanité ! »
Pèlerinage à Fátima (le
13 mai 1967
). Visite du pape au sanctuaire de
Notre-Dame de Fátima
au Portugal, pour le cinquantenaire des apparitions. Sœur Lucie, seul enfant encore vivant à avoir vu les apparitions de la Vierge Marie, est présente au côté du pape qui lui donne la communion ;
Visite en Turquie (
juillet 1967
).
Paul
VI
devient le premier pape à visiter la Turquie, où il rencontre le
25 juillet 1967
le patriarche
Athénagoras
er
à Istanbul, pour une nouvelle rencontre œcuménique (
Athénagoras
er
sera reçu par le pape à Rome, trois mois plus tard, du
26
au
28 octobre 1967
) ;
Pèlerinage apostolique à Bogotà (
août 1968
). Il est le premier pape à aller en
Amérique latine
, en allant en Colombie célébrer des messes à
Bogota
et
Medellín
. Plus d'un million de personnes se massent le long du parcours qu'emprunte le cortège de
Paul
VI
, de l'aéroport à la place Bolivar. Il va réunir pendant son séjour tous les évêques d'Amérique latine à une conférence épiscopale. Celle-ci va servir à redéfinir l'engagement de l'Église à l'endroit des pauvres et à donner naissance au concept de théologie de la libération ;
Visite à Genève (
10 juin 1969
).
Paul
VI
est reçu à Genève, en Suisse, il parla devant l'
Organisation internationale du travail
et devant le
Conseil œcuménique des Églises
Pèlerinage en Ouganda (
juillet 1969
). Premier pape à aller en
Afrique
, il va prêcher en Ouganda, pour honorer les martyrs de ce pays. Il voulut consacrer lui-même le maître-autel du
sanctuaire de Namugongo
, érigé sur le lieu où
Charles Lwanga
et ses compagnons subirent le martyre ;
Pèlerinage au sanctuaire marial de la
basilique Notre-Dame de Bonaria
à Cagliari (1970) ;
Pèlerinage en Asie orientale, Océanie et Australie (du
26 novembre
au
5 décembre 1970
).
Paul
VI
effectue une série de visites pastorales en Asie orientale et Océanie. Les
26
et
27 novembre
, il commence par Téhéran en Iran. Le
27 novembre
, il fait une halte à Dacca au Pakistan oriental (actuellement le Bangladesh), avant de séjourner du
27
au
30 novembre
à Manille aux Philippines, où il échappe à un attentat perpétré par
Benjamín Mendoza y Amor Flores
, un Bolivien. Le
30 novembre
, il fait une halte à Pago-Pago aux Samoa occidentales. Du
30 novembre
au
3 décembre
, il est à Sydney en Australie. Du
au
4 décembre
, il est à Jakarta en Indonésie. Il fait une halte le
4 décembre
à Hong Kong, avant d'aller à Colombo au Sri Lanka les
et
5 décembre
Audiences
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La première audience générale de
Paul
VI
a lieu le
13 juillet 1963
. Jusqu'à sa mort, il tiendra une audience hebdomadaire tous les mercredis, sauf les jours de fête et ceux où il y a un empêchement majeur (voyage, maladie, retraite de
carême
note 17
. Certaines de ces audiences ont lieu dans la
salle
Paul
VI
, inaugurée en 1971 et pouvant accueillir jusqu'à 12 000 personnes debout.
Succession apostolique
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Paul VI a ordonné les évêques suivants
92
Archevêque
Giuseppe Schiavini
(de)
(1955)
Évêque
Cesário Alexandre Minali
O.F.M.Cap.
(1955)
Évêque
Teofano Ubaldo Stella
(it)
O.C.D.
(1955)
Archevêque
Domenico Enrici
(1955)
Évêque
Aristide Pirovano
(it)
P.I.M.E.
(1955)
Évêque
Adolfo Luís Bossi
(de)
, O.F.M.Cap. (1958)
Évêque
Antonio Fustella
(en)
(1960)
Cardinal
Giovanni Colombo
(1960)
Évêque
Luigi Oldani
(de)
(1961)
Évêque
Francesco Rossi
(it)
(1963)
Archevêque
Paolino Limongi
(it)
(1963)
Archevêque
Joseph Khiamsun Nittayo
(vi)
(1963)
Archevêque
Igino Eugenio Cardinale
(it)
(1963)
Évêque
José García Villas
(de)
C.M.
(1963)
Évêque
Baptist Mudartha
(de)
(1963)
Évêque
Arnold Ralph Cotey
(de)
S.D.S.
(1963)
Évêque
Didier Pérouse de Montclos
M.Afr.
(1963)
Évêque
Étienne-Marie-Félix Courtois
, M.Afr. (1963)
Évêque
Franz Hoenen
(de)
S.V.D.
(1963)
Évêque
Felicissimus Alphonse Raeymaeckers
(ru)
, O.F.M.Cap. (1963)
Évêque
Franciscus Xaverius Eikichi Tanaka
(ru)
(1963)
Archevêque
Clement P. Chabukasansha
(no)
(1963)
Évêque
Albert Reuben Edward Thomas
(en)
(1963)
Archevêque
Victorinus Youn Kong-hi
(de)
(1963)
Archevêque
Angelo Palmas
(it)
(1964)
Cardinal
Johannes Gerardus Maria Willebrands
(1964)
Archevêque
Giovanni Fallani
(it)
(1964)
Évêque
Ernesto Camagni
(de)
(1964)
Évêque
Pierre François Jean-Baptiste Salmon
O.S.B.
(1964)
Évêque
Bernard Oguki-Atakpah
(1964)
Évêque
Alberto Zambrano Palacios
(de)
O.P.
(1964)
Évêque
Bernard Charles Ratsimamotoana
(de)
M.S.
(1964)
Évêque
Lawrence Patrick Moran
(de)
(1964)
Évêque
Marcel Evariste Van Rengen
(de)
C.I.
(1964)
Archevêque
Leobard D'Souza
(de)
(1964)
Cardinal
Giacomo Violardo
(1966)
Cardinal
Ferdinando Giuseppe Antonelli
O.F.M.
(1966)
Évêque
Oscar Zanera
(de)
(1966)
Archevêque
Dino Trabalzini
(it)
(1966)
Cardinal
Loris Francesco Capovilla
(1967)
Cardinal
Ernesto Civardi
(1967)
Archevêque
Antonio Mauro
(it)
(1967)
Cardinal
Agostino Casaroli
(1967)
Archevêque
Amelio Poggi
(en)
(1967)
Archevêque
Raymond Philip Etteldorf
(en)
(1969)
Archevêque
Antonio Maria Travia
(it)
(1969)
Évêque
Matthieu Kanyama
(de)
(1969)
Évêque
Sabás Magaña García
(de)
(1969)
Évêque
Abel Costas Montaño
(de)
(1969)
Archevêque
Eugène-Marie Ernoult
(1969)
Évêque
Adhemar Esquivel Kohenque
(1969)
Évêque
Thomas Benjamin Fulton
(de)
(1969)
Évêque
Bernard Joseph McLaughlin
(en)
(1969)
Évêque
André Bernard Michel Quélen
(1969)
Évêque
Andrea Bernardo Schierhoff
(en)
(1969)
Archevêque
Paul Casimir Marcinkus
(1969)
Évêque
Barnabas R. Halem 'Imana
(de)
(1969)
Évêque
John Baptist Kakubi
(en)
(1969)
Évêque
Albert Edward Baharagate Akiiki
(en)
(1969)
Évêque
Serapio Bwemi Magambo
(en)
(1969)
Archevêque
Emmanuel Milingo
(1969)
Archevêque
André Fernand Anguilé
(de)
(1969)
Archevêque
Raphael S. Ndingi Mwana a'Nzeki
(en)
(1969)
Évêque
Emile Njeru
(fi)
(1969)
Évêque
Anthony Saliu Sanusi
(de)
(1969)
Évêque
William Mahony
(de)
S.M.A.
(1969)
Évêque
Constantin Guirma
(1969)
Évêque
Jean-Marie-Joseph-Augustin Pasquier
(de)
O.M.I.
(1969)
Évêque
Louis Vangeke
(de)
M.S.C.
(1970)
Archevêque
Samineni Arulappa
(en)
(1972)
Archevêque
Edoardo Pecoraio
(en)
(1972)
Archevêque
Dermot Ryan
(en)
(1972)
Archevêque
Edward Louis Heston
(it)
C.S.C.
(1972)
Cardinal
Giuseppe Casoria
(1972)
Cardinal
Paul Augustin Mayer
, O.S.B. (1972)
Archevêque
Annibale Bugnini
, C.M. (1972)
Archevêque
Federico Limon
(de)
, S.V.D. (1972)
Évêque
Patelisio Punou-Ki-Hihifo Finau
(it)
S.M.
(1972)
Évêque
Efraím Basílio Krevey
(pt)
O.S.B.M.
(1972)
Évêque
Hernando Velásquez Lotero
(de)
(1972)
Archevêque
Carlos José Ruiseco Vieira
(de)
(1972)
Évêque
Antal Jakab
(ro)
(1972)
Archevêque
Charles Amarin Brand
(1972)
Archevêque
Joseph Powathil
(1972)
Évêque
Joannes Baptist Matthijs Gijsen
(1972)
Évêque
Desiderio Elso Collino
(fi)
(1972)
Archevêque
Cesare Pagani
(it)
(1972)
Archevêque
Edward O'Meara
(en)
(1972)
Archevêque
Mario Pio Gaspari
(en)
(1973)
Cardinal
Jean Jérôme Hamer
, O.P. (1973)
Évêque
Appasinghe Paul Perera
(fi)
(1973)
Évêque
François-Marie Morvan
C.S.Sp.
(1973)
Archevêque
Filippo Franceschi
(it)
(1973)
Évêque
Antonio Mazza
(it)
(1973)
Évêque
Francis Lodonu
(1973)
Évêque
José Maria Maimone
(pt)
S.A.C.
(1973)
Évêque
Enrico Bartolucci Panaroni
M.C.C.I.
(1973)
Évêque
Tadeusz Józef Zawistowski
(pl)
(1973)
Archevêque
Gabriel Montalvo Higuera
(1974)
Cardinal
Angelo Acerbi
(1974)
Archevêque
Nicola Rotunno
(it)
(1974)
Évêque
John Mackey
(en)
(1974)
Évêque
Dieudonné M'Sanda Tsinda-Hata
(de)
(1974)
Cardinal
Andrzej Maria Deskur
(1974)
Évêque
Thomas Nantha
(it)
(1974)
Décorations
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Ordres pontificaux
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Grand maître de l'
ordre du Christ
Grand maître de l'
ordre de l'Éperon d'or
Grand maître de l'
ordre de
Pie
IX
Grand maître de l'
ordre de Saint-Grégoire-le-Grand
Grand maître de l'
ordre de Saint-Sylvestre
Décorations étrangères
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Grand-croix de l'
ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne
Chevalier grand-croix de l'
ordre du Mérite de la République italienne
Médaille d'argent du mérite de la Croix-Rouge italienne
Grand-croix de l'
ordre de Charles III
(Espagne)
Notes et références
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Notes
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L'association avait pour but de défendre les convictions catholiques par le biais de l'action sociale, selon le mode encouragé par l'
encyclique
Rerum novarum
. Il faut rappeler que l'Italie était alors sous le coup d'un interdit :
Pie
IX
, après la perte des
États pontificaux
, avait défendu dans le décret
Non expedit
29 février 1868
) aux catholiques italiens d'être électeurs ou élus.
Jour où
Thérèse de Lisieux
mourut. L'anecdote mérite d'être soulignée car le futur pape aura une grande dévotion pour la sainte (
Chiron 1993
p.
16).
Membre du gouvernement et ami de Giorgio Montini.
Il passe aussi à
Budapest
avec son père et des amis parlementaires.
Il prêche la retraite de
Carême
de 1927 au Vatican, sur le thème « Quel homme et quel Dieu ? »
Montini préfaça la version italienne de l'ouvrage
Trois Réformateurs
lors de l'Épiphanie 1928.
Pie
XII
nomma à contrecœur un nouveau nonce apostolique en France, Roncalli (futur
Jean
XXIII
), le précédent (Valeri) ayant continué sa mission diplomatique à Vichy ; cependant,
Pie
XII
refusa de changer les évêques soupçonnés de collaboration, ayant juste accepté la démission de six d'entre eux.
Cf.
Chiron 1993
p.
112-114.
Les armes de sa famille représentent trois fleurs de lys au-dessus de six monts superposés.
Et non
Cum ipso in monte
(« avec Lui à la Montagne »), comme il avait souhaité dans un premier temps.
Montini est ainsi le premier archevêque à visiter les stands de ladite foire ; il invitera peu de temps après les exposants à une messe au Duomo. Ces visites et ces messes seront renouvelées tous les ans.
Domenico Bernareggi
(en)
, l'un de ses consécrateurs, était déjà à ce poste, ce qui augmente le nombre d'évêques auxiliaires à trois.
Dans la nuit du
au
5 janvier
, une bombe explosa sous les fenêtres de l'archevêché, n'occasionnant que des dégâts matériels. Il s'agit d'un acte isolé et non d'une contestation de la politique ecclésiale du prélat.
Le fameux
Index
ou
Index librorum prohibitorum
qu'il abrogera en 1966.
Par exemple des œuvres de
Georges Rouault
Salvador Dalí
Francis Bacon
Giorgio De Chirico
Lucio Fontana
Alberto Burri
ou encore
Marc Chagall
Jusqu'en date de 2009, les papes suivants ont tous été couronnés à cet endroit.
C'est le représentant personnel du pape au concile, chose que
Paul
VI
avait annoncée au cardinal dès le
23 juin 1963
Cette tradition des audiences hebdomadaires existe encore au
XXI
siècle.
Références
modifier
modifier le code
Chiron 1993
p.
13.
Chiron 1993
p.
14-15.
Voir sur base de Roglo
Avec postérité -
7 enfants
Marié, père de deux filles (voir Base de Roglo).
Chiron 1993
p.
18.
Cité par
Chiron 1993
p.
21.
G. Romanato-F. Molinari, « Le Letture del giovani Montini », dans
la Scuola cattolica
p.
43.
(en)
Alden Hatch,
Pope
Paul
VI
Random House
1966
p.
27
Le rôle de G.B. Montini-
Paul
VI
dans la réforme liturgique
, Istituto
Paolo
VI
1987
p.
Cité par
Chiron 1993
p.
62.
Chiron 1993
p.
68.
(it)
G.GN Montini, scritti fucini
»,
Notiziario
21,‎
juin 1991
p.
82
« Il semble évident qu'un certain nombre de prélats, de religieux, le jugeant suspect, demandèrent qu'il soit démis de ses fonctions. »
Chiron 1993
p.
74).
Montini apparaît sur cette
photo
, debout au fond à droite.
Chiron 1993
p.
91.
« Cher et Révérend ami, le temps m'a manqué aujourd'hui pour vous voir et parler avec vous de la très dure épreuve à laquelle est soumis en ce moment votre grand pays. J'aurais voulu vous dire combien je vous suis proche, et combien je prie pour que le Seigneur change en bénédictions les amères souffrances de votre patrie, pour elle-même, pour l'Église, pour le monde. Je souhaite et j'espère qu'il en sera ainsi, et je vous le dis de tout cœur, pour que vous sachiez aussi l'amitié de votre J.-B. Montini »
(Cardinal Jacques Martin, extrait du « Journal » publié dans
l'Osservatore romano
le
24 septembre 1991
).
Actes et Documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale » (ADSS)
t.
8,
Libreria Editrice Vaticana
, 1965-1981,
p.
475
Actes et Documents du Saint-Siège relatifs à la Seconde Guerre mondiale » (ADSS)
t.
8,
Libreria Editrice Vaticana
, 1965-1981,
p.
570
Père Paolo Dezza, «
Le silence de
Pie
XII
»,
La Documentation catholique
,‎
juillet 1964
col.
1033-1034
Entretien accordé par
Marie-José de Belgique
au journal
La Repùblica
le
7 septembre 1983
Chiron 1993
p.
103.
Chiron 1993
p.
105.
M.-D. Chenu,
Un théologien en liberté
p.
162-163
Chiron 1993
p.
129.
Yves Congar,
Journal d'un théologien (1946-1956)
, éd. Cerf,
2000
p.
155
« J'ai entendu plusieurs personnes dire entre elles, à la sortie : « Nous avons entendu un futur pape. » Souhaitons-le à l'Église. »
(rapport de
Wladimir d'Ormesson
Robert Schuman
en date du
27 mai 1949
Archives historiques du ministère des Relations extérieures
, Europe/Saint-Siège, 540, f. 190).
Texte de l'encyclique sur le site du Vatican
. Consulté le
3 août 2009
« Le Saint-Siège vise à condamner non des erreurs proprement dites, mais des modes de pensée qui pourraient amener des erreurs, mais qui en eux-mêmes demeurent respectables. »
(Jean Guitton,
Dialogues avec
Paul
VI
p.
27-28
).
Max Thurian,
Paul
VI
et les observateurs au concile
, Rome, Edizioni Studium,
1989
p.
252
« Notre intention avait été de faire entrer dans le Sacré Collège les deux prélats distingués préposés à chacune des sections de la secrétairerie d'État, et leurs noms étaient les deux premiers inscrits sur la liste des cardinaux à désigner que Nous avions préparée. Mais ces deux prélats, par un insigne témoignage de vertu, Nous supplièrent si instamment de leur permettre de décliner cette très haute charge, que Nous crûmes devoir accéder à leurs prières et à leurs vœux répétés. Ce faisant, Nous avons voulu cependant récompenser en quelque manière leur vertu et Nous les avons promus, comme vous le savez, à un poste d'honneur plus élevé. »
(discours de
Pie
XII
aux cardinaux lors du consistoire du
12 janvier 1953
).
J. d'Hospital,
Trois papes au tournant de l'histoire
1969
Entretien avec
Yves Chiron
le
11 mai 1991
Chiron 1993
p.
142-143.
En 1952, le
Saint-Office
demande au père Congar de soumettre tous ses écrits futurs au maître général des Dominicains, ce que Montini considère auprès de
Wladimir d'Ormesson
comme une
« erreur commise »
Chiron 1993
p.
145).
Lefebvre, alors délégué apostolique pour l'
Afrique francophone
, alla voir Montini pour qu'une condamnation officielle soit portée par le Saint-Office contre le mouvement. Montini lui répondit
« Il ne faut pas toujours condamner. L'Église va apparaître comme une marâtre »
(conférence de Lefebvre du
20 août 1976
).
Pierre de Villemarest,
L’Espionnage soviétique en France
, 1944, 1969
p.
171, 172.
Cardinal Tardini,
Pie
XII
, Fleurus, 1961,
p.
138.
Montini affirma :
« Plusieurs de ces prêtres-ouvriers en sont venus à méconnaître chaque jour davantage l'esprit même du christianisme pour se situer en propres termes sur le plan marxiste. »
(François Leprieur,
Quand Rome condamne. Dominicains et prêtres ouvriers
, Plon/Cerf, 1969,
p.
294).
« C'était pour lui un drame dans tous les sens du mot, et même dans le sens affectif […] ; à ce moment-là je l'ai vu les larmes aux yeux. »
Giorgio Montini, «
Mon oncle le pape
»,
La Documentation catholique
,‎
17 janvier 1971
).
Benny
Lai
Les Secrets du Vatican
, Hachette,
1983
p.
103-104
Cité par
Chiron 1993
p.
156.
Charles Journet
, le père Bevilacqua et don
Primo Mazzolari
récemment
[C'est-à-dire ?]
condamné par le
Saint-Office
, font aussi partie de la mission.
Paul Lesourd et Jean-Marie Benjamin,
Paul VI : 1897 - 1978
1978
p.
10
Chiron 1993
p.
169.
Lai 1983
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59-60.
Chiron 1993
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avril 1985
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Publiée dans le périodique
Notiziario
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Simonetta Greggio,
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2010
Lettre du
16 juin 1963
publiée dans
Notiziario
3, mai 1981,
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Journal radiodiffusé du 21 juin 1963
de France Inter (archive INA).
Les détails concernant les premiers jours du pontificat sont principalement tirés du livre
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Cité par
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René
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Paul
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et l'après-Concile : le Synode des évêques
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Publications de l'École Française de Rome
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1984
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569-601
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12 octobre 2018
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Discours du pape
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Paul
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Octagesima adveniens
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p.
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Pope Paul VI
», sur
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Dialogues avec
Paul
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Paul
VI
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Xenio Toscani (
trad.
Florence Leroy et Sylvie Garoche),
Paul
VI
: La biographie
, Salvator,
2015
, 700
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ISBN
978-2-7067-1277-7
Michel Cool
Paul
VI
Prophète : Dix gestes qui ont marqué l'histoire
, éditions Salvator,
2018
, 186
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ISBN
978-2-7067-1704-8
Michaël Darmon
Le Pape et la Matriarche. Histoire secrète des relations entre Israël et le Vatican
, Passés/Composés,
2024
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Grégoire
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Pascal
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Serge
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Nicolas
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Adrien
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Formose
Boniface
VI
Étienne
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Théodore
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Jean
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IV
Léon
Serge
III
Anastase
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Landon
Jean
Léon
VI
Étienne
VII
Jean
XI
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VII
Étienne
VIII
Marin
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II
Jean
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Léon
VIII
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XIII
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VI
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VII
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XIV
Jean
XV
Grégoire
Sylvestre
II
Jean
XVII
Jean
XVIII
Serge
IV
Benoît
VIII
Jean
XIX
Benoît
IX
Sylvestre
III
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II
Damase
II
Léon
IX
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II
Étienne
IX
Nicolas
II
Alexandre
II
Grégoire
VII
Victor
III
Urbain
II
Pascal
II
Gélase
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Calixte
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II
Eugène
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IV
Alexandre
III
Lucius
III
Urbain
III
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VIII
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III
Célestin
III
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XVI
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Grégoire
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Célestin
IV
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IV
Alexandre
IV
Urbain
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IV
Grégoire
Innocent
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XXI
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Honorius
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Nicolas
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XII
Martin
Eugène
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XI
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XII
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XIII
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XIV
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XV
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